‹ Étude Sur Les Divers Systèmes De La Représentation Distincte Des Intérêts AgricolesChapitre 18 sur 64 · AE LANCE · texte numérisé non relu

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duire € dans toutes les parties qui pourraient intéresser cette industrie », voilà quel serait le rôle du nouveau bureau.

Bien que Roland se fut évertué à chanter les paysans et à célébrer les laboureurs, et que son rapport eut pris la forme charmeuse d'une riante bucolique, s’égarant « sur des tapis toujours émaillés de fleurs, dans l’ombrage des forêts, dans des vergés chargés de fruits, des champs couverts de moissons, chez ces heureux habitants des campagnes, pour lesquels chaque saison prépare de nouvelles jouissances et qui parviennent aux portes du trépas, ayant réuni par des fleurs les deux extrémités de la vie », l'assemblée n'accorda.pas les crédits nécessaires à la création de cette utile institution. Des laboureurs aussi heureux ne pouvaient guère éveiller d’inquiètes sollicitudes et réclamer d’aide secourable.

Au contraire des précédents, d'autres amis de l'agriculture s’inquiétaient moins de créer à Paris ou à Versailles des bureaux où se centraliseraient les renseignements ; ils se préoccupaient davantage de perfectionner les moyens d'obtenir les renseignements des intéressés eux-mêmes. En 1875, M. de Sutières-Sarcey déposait sur le bureau de l'administration de l’agriculture un mémoire dans lequel il proposait la nomination d’un certain nombre d’agronomes ambulants. Ces agents nouveaux, dirigés par un inspecteur général de l’agriculture, auraient reçu la mission spéciale d'aller par les campagnes et d'éclairer l'administration sur les besoins des cultivateurs ; en même temps, ils auraient parmi les paysans répandu des connaissances utiles.

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C’est à ce désir d'interroger les laboureurs eux-mêmes et de connaître d’eux plus directement les réformes souhaitables qu’obéissait Lavoisier en 1787, lorsqu'il proposait de convoquer aux réunions de l'administration de l’agriculture des délégués des départements. « Ce serait dans ces séances, écrivait-il, que les grands intérêts de l’agriculture nationale pourraient être discutés contradictoirement avec ceux des finances et du commerce et que l’administration, après avoir éclairei les questions par une discussion approfondie et avoir entendu les diverses parties intéressées, pourrait prendre des décisions en connaissance de cause, arrêter des projets de lois et les rapporter ensuite au conseil du roi, qui deviendrait alors un conseil d'agriculture, de finances et de commerce ». N’était-ce pas là l'embryon d’une vraie représentation avec ses organes nécessaires ?

Plus tard, François de Neufchateau, ministre de l’intérieur, pour recevoir les mêmes avis et les mêmes renseignements, ne devait pas créer une organisation nouvelle, mais utiliser les services des sociétés libres. Il les chargea de communiquer avec son département et de lui dresser un juste tableau de l’état de l’agriculture et luimême leur fit tracer un plan de travaux et d’études.

Mais les projets de Gournai valaient peut-être encore mieux que tous ceux-là. Dès 1755, Gournai, qui devait l’année suivante présider à la constitution de la première société d'agriculture à Rennes, avait eu le dessein de donner aux campagnes une vraie représentation. Dès cette époque, 1l en avait eu la conception nette et com-

plète. À la base, il désirait des représentants éclairés,

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dont le gouvernement aurait des renseignements exacts sur la situation et les besoins de l’industrie ‘agricole et qui tiendraient eux-mêmes les cultivateurs au courant des découvertes de la science.

Mais en haut, il voulait à Paris instituer, pour l’agriculture spécialement, une assemblée économique, centrale, analogue au conseil de commerce fondé par Colbert et réorganisé par Chamillart et Desmarets. Il y eut réuni les plus intelligents des cultivateurs et les savants de la France entière. Une mort trop prompte l’empêcha de réaliser cette grande œuvre ; s’il eut vécu plus longtemps, peut-être l’agriculture eut-elle bénéficié, dès cette époque, d’une représentation, à laquelle il n'eut manqué pour être parfaite que de reposer sur l'élection et d’émaner des libres suffrages des laboureurs consultés.

Comme bien on pense, les théoriciens et les ministres n'étaient pas seuls à se préoccuper de ces questions, et le monde des campagnes, qu’elles intéressaient directement, n'avaient garde de les négliger. Les laboureurs devait, les premiers, chercher à sortir de leur isolement et songer à organiser la défense de leurs intérêts compromis. La grande consultation nationale, qui précéda les Etats généraux de 1789; allait leur fournir lPoccasion de manifester leurs sentiments, d'exprimer teurs vœux, de révéler leurs besoins, d'exposer leurs revendications.

Comme autrefois, un certain nombre se contentèrent d’énumérer leurs maux et de proposer les remèdes néces-

saires à quelques abus spéciaux. En Anjou (1) comme

1. La situation des campagnes angevines et leurs besoins tien-

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en Artois (1) ou dans la sénéchaussée de Draguignan (2) nous voyons le Tiers proposer des réformes d'ordre divers réclamées par les laboureurs ; il demande l’organisation de l'assistance médicale dans les campagnes, la réforme des fermages, l'extension des baux, la substitution à Ja bataille en argent d’une imposition en nature, la réforme générale des impôts.

Mais certains appels ont été plus pressants que d’ordinaire, certaines convocations aux assemblées, dans lesquelles devaient s’élaborer les cahiers des villages, ont paru remplies d’une sympathie plus vive, d’une sollicitude plus émue : « Portion chérie de la nation ! Vous, dont les soins utiles font fleurir nos campagnes et dont les moissons alimentent nos villes, éclairez-nous sur toutes les ressources qui manquent pour le bien de l’agriculture ; indiquez-nous les moyens de vous favo-

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nentune place considérable dans les vœux adressés par les trois ordres de la sénéchaussée d'Anjou aux Etats Généraux de 1789. L'agriculture était l’objet des vœux spéciaux du Tiers Etat, qui demandait notamment la suppression des impôts-génants et l’assistance médicale. Anjou. Baudrillart : Populations agricoles de la France.

1. Deux documents nous renseignent sur l’Artois, l’une antérieur aux Etats Généraux & Avis aux députés des trois ordres de la province d'Artois, pétition en faveur des laboureurs artésiens » ; l’autre est un résumé des vœux consignés dans les cahiers du Tiers.

2. Cahiers des doléances des communautés de la Sénéchaussée de Draguignan en 1789. Les communes d'Aups, Bargème, Draguignan, Lorgues, Le Luc, Ramatuelle, Verignon, Taradeau, Villecroze sollicitent des réformes,

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