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dansleur influence et dans leur autorité par ces nouvelles Assemblées, qui, dans chaque département, en face d’eux, allaient se constituer. Ils réclamèrent et, pour satisfaire leurs protestations, le ministre écrivit aux préfets une nouvelle instruction, en date du 24 octobre, leur demandant de faire autant que possible représenter dans chaque commission, un canton rural par un conseiller général, si ce dernier avait là sa résidence ou ses intérêts agricoles.
Ces commissions furent accueillies sans grand enthousiasme, si nous en jugeons par les lignes que leur consacre le Journal des Economistes de cette époque : « Si nous ne nous trompons, écrivait-il alors, les préfets sont incapables de remplir cette mission économico-scientifique et les commissions départementales ne répondront que fort mal ou pas du tout aux nombreuses questions que leur adresse M. le ministre dans son rapport » (x).
Mais à ce moment même, on expérimentait en Algérie l'organisation de conseils plus utiles. Le ministre de la guerre avait créé là des Chambres consultatives de l’agriculture « sur des bases tout à fait rationnelles ». Les membres en devaient être choisis par tous les cultivateurs, sans exception de religion et de nationalité, et Von pensait qu’ils pourraient exprimer fidèlement les idées et les besoins des colons, qu'on avait tant de fois fait parler sans les entendre.
Un rapport du ministre de la guerre au président énu-
mérait les résultats obtenus et les déclarait satisfaisants.
1. Journal des Economistes, août à novembre 1850, tome XXVII, page 302.
Aussi voyait-on dans cette innovation « l'annonce d’un projet de loi portant création de Chambres semblables en en France, où le congrès agricole les avait mises en honneur ». Les commissions étaient à peine formées et elles n'avaient pas encore été réunies, lorsque l’Assemblée nationale se mit, en février et en mars, à discuter les propositions de loi qui lui étaient soumises. On aboutit enfin à la loi du 20 mars 1851.
Elle établissait dans chaque arrondissement un ou plusieurs comices, qui, chargés spécialement des progrès de la pratique agricole, devenaientles électeurs et les correspondants des chambres d’agriculture. Celles-ci, instituées dans tous les chefs-lieux de département, comprenaient un nombre de membres égal à celui des cantons du département.
Elles devaient tenir une session annuelle de huit jours, mais le préfet et leur président pouvaient les réunir extraordinairement.
Elles avaient le droit de présenter des vues au gouvernement sur les sujets d'intérêt agricole ; on pouvait prendre leur avis sur certains changements de législation et sur certaines questions, elles devaient être nécessairement consultées. Pour le reste, la loi reproduisait à peu près les dispositions du décret du 23 Juillet 1850.
Cette institution était complétée par celle d’un conseil général d'agriculture, dont chaque chambre élisait un membre, et qui pouvait émettre des vœux, donner des avis et connaître des questions générales soumises aux chambres. L'agriculture avait enfin sa représentation.
+ # , ’ S 4 . , à Pour permettre au conseil général de se réunir l’année
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même, un décret fut pris le 9 avril édictant que désormais les conseils généraux des manufactures et du commerce en seraient séparés et l’on fit voter un crédit de 33.000 francs par l'assemblée.
Mais le 10 avril, le gouvernement passait en d’autres mains. Le 13 août suivant, M. Buffet, le nouveau ministre, interprétait dans une instruction aux préfets les dispositions de la nouvelle loi. Puis en novembre, à la suite d’une circulaire du 4, les membres des chambres consultatives étaient élus et le 22, une instruction venait. réglementer la tenue des sessions et porter à la connaissance des chambres les questions que leur soumettait l'administration.
Les commissions départementales étaient en même temps dissoutes, sans avoir jamais été réunies. Enfin l’agriculture allait avoir ses assises et le jour approchait, où officiellement consultés, ses représentants allaient pouvoir discuter ensemble de ses intérêts.
Mais encore une fois au moment où ilscroyaient avoir obtenu la réforme si longtemps attendue, les événements politiques. allaient encore contrarier la satisfaction de leurs impatients désirs. Les Chambres étaient sur le point dese réunir, mais une instruction du 9 décembre vint ajourner la session, sous le prétexte de laisser aux membres le moyen de voter le plébiscite du 20. « On voulait en réalité d’abord empêcher dans chaque département la réunion d’une assemblée influente, qui pouvait, si elle était mal disposéé, peser sur le scrutin du 20. D’autre part, on était décidé à modifier l’organisation
des chambres consultatives ».