HISTORIQUE
Avant le XVIIIe siècle
Pendant longtemps, le peuple des campagnes n’eut aucun moyen régulier de faire connaître ses besoins, de
formuler des vœux, de parler au nom de ses intérêts.
Dans la Gaule, les gros propriétaires fonciers étaient
encore appelés, concurremment avec lés représentants des collèges d’arts et métiers et les fonctionnaires émérites « honores », à siéger dans des assemblées restreintes et à rédiger des plaintes, des vœux et dés réclamations « querelæ, desideria, postulata ».Le gouverneur ou le préfet du prétoire, souvent des légats en transmettaient le texte à l’empereur (1).
Au moyen âge, c'est à la lyre des poètes seulement que les paysans peuvent confier leurs griefs ; leur douleur se berce au chant des trouvères. Robert Wace, dans son roman du Rou, nous dira les soupirs de la Normandie du xr° siècle, comme plus tard, au xive siècle, la complainte d'Alain Chartier nous traduira les souffrances, les rancœurs et les menaces du « povre commun et de povres laboureurs », lorsque les Normands découragés