V. — Italie
C’est en 1556 qu'on paraît s’être pour la première fois en Italie, préoccupé de pourvoir à la défense des intérêts agricoles. À cette époque, la République de Venise forma sous le nom de « Bent inculti » une institution revêtant à la fois les caractères d’une union professionnelle, d’un société scientifique et d’un conseil administratif.
[I n'y eut là qu'une tentative isolée d’intervention officielle, mais avec le xvure siècle, les cultivateurs commencèrent à s’unir et bientôt les sociétés agricoles se multiplièrent et partout s’'épanouirent nombreuses. Le Piémont surtout se couvrit d'associations nouvelles.
C’est pourtant en 1860 seulement qu’une loi vint créer un ministère spécial de l’agriculture. Un décret royal du 26 décembre 1877 du reste le supprima pour raison d'économie. Mais l'utilité de ce département n’étant vraiment comprise qu'après sa disparition, dès l’année suivante, devant les réclamations des campagnes formulées nettement dans la grande enquête d’alors, le cabinet Cairioli réorganisa le département trop vite sacrifié par M. Depretis.
Pour seconder dans sa tâche le nouveau ministère reconstitué, le décret du 8 décembre 1878 rétablit auprès
de lui l’ancien conseil supérieur de l’agriculture. Le
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gouvernement gardait en outre pour s’instrure des besoins des campagnes, le droit de recourir à des enquêtes où de nommer des commissions d’études.
En 1871, on avait déjà vu douze commissaires, convoqués pour « faire l’unité agricole de l'Italie » recueillir sur placeles renseignements nécessaires, dresser des rapports et proposer les mesures rendues indispensables par les maux de l’agriculture. En 1878, une autre commission d'enquête avait exactement reçu la même mission. Comme une crise sévissait sur la culture, elle avait été chargée d’en rechercher les causes et d’en indiquer les remèdes. Elle fit alors un tableau complet de toutes les réformes attendues et désirées.
Mais il n'y avait là qu'un mode d'information coûteux et indirect, auquel on ne pouvait avoir recours qu'à de rares intervalles.
.Pour faire parvenir au pouvoir leurs doléances, les laboureurs ont heureusement un intermédiaire plus stable et plus direct dans les comices agricoles. C’est là le seul organe imparfait encore de leur représentation professionnelle.
Ils ne furent pas créés par une loi spéciale, c’est un simple décret royal du 23 décembre 1866, sous le ministère Cordova, qui les institua. Leur but fut clairement fixé ; s'ils recevaient la mission de «vulgariser les bonnes méthodes », ils étaient surtout chargés de « recueillir sur les lieux les informations les plus détaillées sur l’état de l’agriculture et de proposer au gouvernement les mesures générales ou locales les plus avantageuses ».
En 1870 déjà nous voyons que M. Cantoni, chargé par
le ministère d'étudier leur œuvre, consigne en un long rapport maintes propositions émanées d'eux et peut énumérer plusieurs de leurs réponses aux «interpellations ministérielles ». On les voit par exemple demander la diminution de certains impôts, insister pour l’amélioration des routes et réclamer le développement de l’instruction professionnelle.
Deux décrets du 22 juin 1879 et du 3 avril 1884 sont venus modifier celui de 1866. Dans chaque chef-lieu de circonscription, un comice est établi. Tous les hommes qui s’adonnent à l’agriculture ou s'intéressent à ses travaux sont appelés à en faire partie. Pour augmenter leur importance et leur autorité, maintenant on leur permet de se syndiquer par province ou par groupe d’arrondissements et délire le conseil de direction auquel est confiée leur administration générale (1).
Ils forment des institutions libres que le gouvernement se contente de surveiller et auxquelles il accorde, sinon des subsides fixes, du moins des subventions spéciales, chaque fois qu'elles se proposent d'atteindre un but d’uné utilité reconnue.
Les comices ont donc un rôle consultatif ; ils ont en outre le droit de proposer spontanément des réformes ; ils constituent ainsi des sources précieuses d’informa-
tion « sur les besoins de leurs circonscriptions respec-
1. Il existe des comices dans 69 chefs-lieux de province, 128 chefs-lieux de département {circonscription), et 89 chefs-lieux de district. — Capiluoghi di Provincia, di Circondario, di Distretti ove debbono aver sede à Comizi agrari in conformita del Decreto Reale 23 décembre 1866.