VI. Belgique
Des comices, des sociétés provinciales, un conseil supérieur d'agriculture ; voilà ce qui constitue la représentation agricole actuelle en Belgique. On mit quelque temps avant d’arriver à cette organisation. L'évolution fut lente. Malgré des améliorations successives, malgré l'importance croissante, acquise par les véritables intéressés des campagnes dans ces corps chargés de les défendre, on pourrait dire qu’elle n’est pas achevée. Les modifications proposées à l’état de choses établi se multiplient.
Le conseil supérieur remonte aux premières années de la Belgique indépendante. Dans la séance du 22 février 1834, M. de Smet, représentant d'Alost, attirait l’attention du gouvernement sur la haute utilité que présenterait pour l'agriculture nationale l'institution de ce conseil (1). Le vœu exprimé par M. de Smet ne tarda pas
à être réalisé.
1. € Nous avons, disait-il, une Commission supérieure de manufacture et de commerce, établie près le Gouvernement et dont les fonctions sont de solliciter des lois favorables à ces deux genres d'industrie ou de fournir au ministre des éclaircissements et des observations sur celles qu’il propose.
« Mais il est remarquable que le premier des arts, la plus importante de toutes les professions, l’agriculture, qui est l'occupation, je puis dire entière de la nombreuse population de la Belgique, qui est la source de toutes ses richesses et de sa puissance n'ait auprès du Gouvernement aucun représentant pour défendre ses intérêts. Il serait donc très utile d'instituer près du Gouverne-
gp
Le 23 mars 1834, un arrêté royal créait le conseil supérieur. À considérer la première composition de ce conseil, il semble que le gouvernement de l’époque ait eu moins en vue la représentation des intérêts agricoles que la constitution d’une espèce de commission parlementaire de l’agriculture. Des neuf membres nommés par le gouvernement, quatre appartenaient au Sénat et cinq à la Chambre des Représentants.
Les débuts du nouvel organisme ne furent guère remarquables etson activité ne dut pas provoquer de grandes espérances dans le monde agricole. De 1838 à 1845, en effet, le Conseil ne se réunit qu'une seule fois. Depuis une convocation faite en 1841, il pouvait même être considéré comme dissous. Il fut. rappelé à la vie par l'arrêté du 31 mars 1845, présenté au roi par M. le ministre Nothomb. De profondes modifications suggérées par l'expérience, furent apportées à son fonctionnement.
Si nous ne constatons pas encore la désignation des délégués au conseil directement par les associations agricoles, nous pourrons cependant remarquer un acheminement vers cette réforme. Le Roi nomme bien les neuf représentants des commissions provinciales au conseil, mais il les prend dans une liste triple de candidats présentée par ces commissions mêmes, Neuf membres du conseil sont comme précédemment nommés par le roi, mais les fonctions de membre et de secrétaire du
conseil, sont incompatibles avec celles de membre des
ment, une Commission supérieure d'agriculture qui correspondrait avec les sociétés provinciales et, d'accord avec elles, prendrait tous les moyens de faire progresser notre agriculture ».