Bibl. Nat.ms. fr. 1279, fol
Mais quel était à un moment donné du xiv* siècle Téquivalent en sel de ces 33 sous parisis? Dans le tarif annexé à l'ordonnance du 15 octobre 1359 sur la gabelle, le muid de Paris était estimé 40 écus et celui de Mantes 30'. Ce dernier représentait donc les 3/4 de celui de Paris. Mais dans l'état de 1453, déjà cité, il y a un passage ainsi conçu : « Déclaration des noms des personnes du temps « passé qui prennent à Mantes sur chacun tronc de sel « cinq sextiers de sel ancienne mesure dont les quinze et « demy font le muy. » Ce muid est celui de Paris ; car la personne qui dresse Tétat est un agent royal. Elle rapporte les différentes mesures à celle de Paris, et l'ancienne mesure dont il est question est celle de Mantes. Le muid de Mantes représenterait par conséquent les 24/31 de celui de Paris, et d'une façon moins exacte, mais plus facile à saisir, les 4/5. Nous voilà donc en face de deux évaluations différentes; je suivrai celle de 1359, comme ayant été faite à l'époque que j'ai en vue. D'ailleurs en adoptant l'évaluation de 1359, les bateaux ont moins à payer, puisqu'ils n'ont alors qu à donner trois setiers trois minots, mesure de Paris, au lieu que dans l'autre cas ils auraient à fournir, suivant la même mesure, 3 setiers 3 minots 2 boisseaux, c'est-à-dire 1/40 de plus, ce qui, après tout, ne fait pas une grande différence.
Que représentent les 30 écus auxquels est évalué le muid de Mantes ? La dernière émission de deniers d'or à l'écu avant 1359 et 1364 est du 24 août 1358, et suivant les tables dressées par M. de Wailly, ces écus valaient intrinsèquement 1 1 fr. 7088, ce qui met le muid de Mantes à 351 fr. 26 c. et le setier à 29 fr. 27 centimes.
Mais quelle était la capacité de ce muid de sel ? Au xviii* siècle celui de Paris valait à peu près 24 hectolitres et demi, exactement 2,455 litres, et s'il y a eu des variations, elles ont dû être très faibles. Le muid de Mantes aurait donc