‹ Étude sur les droits de navigation de la Seine de Paris à la Roche-Guyon duChapitre 87 sur 104 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

quefois en nature, et dans ce dernier cas sur les objets les plus courants. Les révolutions monétaires qui ont duré jusque sous Louis XV, et qui ont eu pour résultat d'affaiblir de plus en plus la livre, portèrent un coup sensible aux péages où les droits se prenaient en argent, et il est à croire que si certains droits ne s'étaient pas perçus en nature, beaucoup de péages seraient tombés d'eux-mêmes. Cela est si vrai que l'édit de 1546, qui convertissait les droits en nature sur le sel en droits en argent fut constamment attaqué par les péagers puissants, et certains obtinrent sa nonexécution à leur égard.

Je n'ai pas besoin de relever les faveurs dont plusieurs personnes, et surtout les corps religieux, étaient gratifiées et qui se traduisaient presque exclusivement par des exemptions ou partielles ou totales; elles confirment bien ce fait saillant de l'ancien régime, l'inégalité.

Quant aux questions plus particulières à notre sujet, plusieurs malheureusement sont restées sans solution ou n'ont reçu qu'une vsolution incomplète. A Saint-Denis par exemple, il nous a été impossible de trouver des renseignements certains sur l'origine du péage de l'abbé. Sans doute les actes que j'ai cités et qui étaient invoqués devant la commission des péages indiquent bien que des droits étaient perçus à Saint-Denis, mais ce n'est qu'à partir du xvi" siècle qu'il est question de l'abbé d'une façon particulière.

Nous n'avons pas pu davantage affirmer d'une façon absolue que le péage d'Epinay était un démembrement de celui de Saint-Denis, bien que cela nous ait paru résulter de certains faits particuliers. A Maisons également, malgré des textes assez nombreux, nous n'avons pu constater l'importance du péage, non plus que d'une façon certaine la nature des droits des chanoines d'Abbecourt. A Conflans, on aura pu remarquer des distinctions curieuses à l'égard des droits sur le vin. Quant à Mantes, c'est sans contredit la localité qui offre le plus d'intérêt.

En résumé, je n'ai guère pu que grouper certains faits

sur une matière qui certainement offrira toujours des obscuritéSy mais qui, dans bien des cas, peut être éclaircie à l'aide de documents paraissant ne pas s'y rapporter. Je souhaite que ce travail puisse donner à quelque érudit ridée de faire une étude complète des péages de la Seine depuis la domination romaine jusqu'à la Révolution. Un pareil travail serait certainement une des pages intéressantes de l'histoire du commerce de notre pays.

1186. Guy de la Roche-Guy on fait don aux moines de Gournay de 40 sous de renie annuelle, sur le péage de Manies, dont ceuxci prétendaient avoir la dîme,

Arch. Nat., Cariulaire de Gournay-sur- Marne ^ LL 1397, fol. 32 vo.

Notum sit universis, tam presentibus quam futuris, quod ego Guido de Rupe, pro décima redditus mei, quam hàbeo apud Meduntam, quam monachi de Gornaio suam esse contendebant, XL solidos, in eodem redditu, per manum illius qui eum coUiget, sive ad firmam sive non, de primis nummis qui post primas XX libras inde provenient, singulis annis eis percipiendos hereditario jure concedo, itaquoda predicta décima me et heredes mecs prefati monachi pro illis XL soiidis penitus quitant et absolvunt. Et ut in posterum ratum habeatur et stabile, presens scriptum sigilli mei munio robore. Testibus hiis: Willelmo, priore de Rupe, Hugone de Rupe, Roberto de Bellomonte, Herberto de Alta Insula, Thoma de Insula , Petro de Felicort.

Actum anno ab Incamatione Domini MGLXXXVL

1216, juin. Cession à l'abbaye de Saint-Denis, moyennstni une rente annuelle de 15 sous parisis, de droits levés sur les bateaux qui abordent près de la borne de « Baiart, »

1216, juin. Cession du même genre faite par Guillaume de

« Torneello ».

Arch. Nat., Cartulaire Blanc de Saint-Denis, LL 1159, fol. 66.

P Galterius, dominus Nemosii, universis présentes litteras inspecturis salutem in Domino. Universitati yestrenotiun facio quod ego omnes consuetudines, quas pro marescaicia habebam, in omnibus navibus, que applicabant a fine Crotaldi usque ad metam de Baiart, ecclesie Beati Dyonisii, quamdiu marescalciam tenuero, habendas concessi pro XV solidis par. mihi singulis annis reddendis in festo B. Jobannis Baptiste in junio.

Actum anno Domini MCCXVI, mense junio.

2° Guillelmus de Torneello miles, universis présentes litteras inspecturis salutem in Domino. Universitati vestre notum facio, quod ego omnes consuetudines, quas pro marescaicia habebam, in omnibus navibus, que applicabant a fine Crotaldi usque ad metam de Baiart, ecclesie Beati Dyonisii, quamdiu vixero, habendas concessi pro XV solidis par. mihi singulis annis reddendis in festo Johannis Baptiste in junio.

Actum anno Domini MCCXVI, mense junio.

1242, novembre. Guillaume de Trie vend au chapitre de Notre Dame de Paris les deux deniers parisis qu'il percevait sur chaque bateau chargé passant à Andrezy,

Arch. Nat. , L 452, liasse 1 de la justice, pièce 7.

Universis présentes litteras inspecturis, officîalis curie Parisiensis, salutem in Domino. Notum facimus quod, in jiostra presentia constitutus , Guillelmus de Trie , civis Bel-

vacensis, asseruit quod habebat et percipiebat duos denarios parisienses de redditu de qualibet nave onerata ascendente

vel descendente per foramen de Andresiaco in Secana

(^suit une énumération des objets vendus après laquelle on lit:) Supradicta vendidit idem Guillelmus coram nobis ecclesie Béate Marie Parisiensis ad opus mandati ejusdem ec-

clesie pro centum libris parisiensium

Actum anno Domini millesimo ducentesimo quadragesimo secundo, mense novembri.

1267, juin. Antoine Boucel et Pernelle sa sœur vendent à l'office des Charités de V abbaye de Saint-Denis la poitevine qu'ils percevaient à Saint-Denis sur chaque tonneau de vin des bateaux remontant ou descendant la Seine.

Arch. Nat., Cartulaire Blanc de Saint-Denis, LL 1159.

Universis présentes litteras inspecturis, offlcialis curie Parisiensis salutem in Domino sempiternam. Noveritis quod, in nostra presentia personnaliter constituti et in jure, Anthouius fllius Anthonii dicti Boucel et Petronilla soror sua, de voluntate et assensu Symonis mariti sui, recognoverunt se vendidisse et nomine venditionis concessisse religiosis viris abbati et conventui ecclesie B. Dyonisii in Francia, ad opus Caritatum dicte ecclesie, unam pictavinam annui redditus quam ipsi habebant jure hereditario, ut dicebant, de quolibet dolio vini descendente per fluvium Secane, ante portum B. Dyonisii, moventem de feodo religiosi viri abattis S. Dyonisii, ut dicitur, et quicquid habebant et habere poterant, in dicta aqua Secane, ratione dicte pictavine sive rationibus quîbuscumque, pro quadringenta et quinquaginta libris parisiensium, etc. . . .

Datum anno Domini millesimo CCLX'"^ septimo, mense junii.

XIV" siècle. Tarif du péage du sel de Rouen à Paris, Bibl. Nat., ms. fr. 1279, fol. 83.

C'est ce que la nef ou batel chargé de sel doit entre Rouen et Paris.

1. Premièrement à la vicomte à Rouen, III deniers la poise, quel cel que ce soit.

2. Item, à la malletote, la poise de sel Engloiz, II sous VI deniers tournois, et du gros sel, XX deniers tournois.

3. Item, au pont de la Roche le batel de XX tonnes portant jusques à LX, IIII sous tournois; jusques à C tonnes, VIII sous.

4. Item, à Endelii, I setier de cel, et se la nef ou batel est d'un fust, rient.

5. Item, à Vernon, I setier de cel et V deniers la poise, et I denier pour le merot et pour la nef.

6. Item, à la Roche, II bassins de cel res et I bassin comble.

7. Item, à Mante, V setiers de cel et XXXIII sous parisis pour la nef ou batel.

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