‹ Étude sur les eaux minérales de BourgesChapitre 11 sur 16 · LEUR · texte numérisé non relu

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commission de la mise en exploitation de la Fontaine de Fer. M. Dubois de la Sablonnière, lu son rapport à la scéance du 19 mai 1890. Le rapporteur après avoir fait l'historique de la question signale le mauvais entretien des lieux et demande que des analyses soient faites avant le début de tout travail de réfection.

La Municipalité s’adressa au Laboratoire Municipal de Chimie dépendant de la Préfecture de Police : le 20 juin le laboratoire envoie son tarif : il demande pour l’analyse complète 1.000 francs à condition d’envoyer 100 litres d’eau. Le résultat ne pourrait être donné qu’au bout de deux mois. La Municipalité ne voulant pas engager de tels frais s’adressa à M. Peneau, pharmacien, président de la station agronomique du Cher qui se chargea de cette analyse à titre gracieux. Le Conseil Municipal était informé de cette décision le 21 juillet 1890 et adressa ses remerciements à ce chimiste. Le résultat en fut connu le 7 novembre et sur les conseils de M. Peneau, on abandonne l’idée d’exploiter la Fontaine de Fer, et on charge le service de la voirie d'exécuter des travaux de propreté seulement.

En 1892, le Service de la voirie présenta un projet de restauration, projet qui n’eut pas de suite.

En 1896, plusieurs commerçants des environs signèrent une pétition demandant la création d’une assemblée à la Fontaine de Fer, le Maire, M. Mirpied refusa.

En 1905, sous les auspices de la « Société historique, littéraire et scientifique du Cher», M. le docteur Maurice Leprince, publia un travail sur la Fontaine. Le résultat de ses analyses est assez semblable à celles de M. Peneau.

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En juin 1912 on prépara un nouveau projet de restauration, projet qui n’eut pas plus de suite que le précédent.

Par lettre du 6 juin 1917, le Maire demande à la Direction du Service de Santé qu’une nouvelle analyse soit faite. M. le docteur Lesieur de l'Hôpital Militaire de Bourges fit donc une analyse bactériologique et chimique de l’eau.

En 1928, on s’intéressa de nouveau à la question et le secours d’un sourcier fut demandé. Le 11 avril 1928 M. J. Vincendeau vint faire la prospection de la Fontaine il détermina le trajet du courant souterrain, la profondeur du courant et son débit. Il donna même un projet de captage. Cette prospection fut faite suivant les désirs de la municipalité « de connaître le parti que l’on pourrait éventuellement tirer de la remise en état de la Fontaine de Fer ».

Aucune réparation n’y fut faite et quand nous avons commencé nos recherches sur la Fontaine en mai 1933, elle était complètement remplie de vase et ne coulait même plus. Un curage complet fut effectué par les soins du Service de la Voirie en janvier 1934 et maintenant l’eau recommence à s’écouler comme par le passé.

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La composition et les propriétés que l’on a attribuées

à l’eau de la Fontaine Saint-Firmin ont été citées par

la plupart des auteurs.

Le fer aurait été reconnu dès le XIIIe siècle, mais ses

propriétés médicales ne l’ont été que vers le xvre siècle,

« Auquel temps on en usait pour les opilations de foye

et de ratelle ».

En 1613 Mercier nous en donne une étude assez com-

plète pour l’époque : « Cette source sortant d’une mine

ferrugineuse est un peu vitrioleuse, passe outre ce par une espèce de mine de rubrique et terre rouge, de laquelle en sa résidence elle porte couleur et saveur. Pour cette raison, estant ferrugineuse elle est propre à désopiler les viscères principalement du ventre inférieur, desquels elle oste les obstructions, comme ainsi soit que le fer et l’acier ont une grande propriété d’ouvrir les dicts viscères et de les délivrer d’obstructions et ayant quelques admitions et meslanges de rubrique, outre la faculté de desseicher qu’elle tire du fer, elle est encore davantage dessicative et adstringente, propre à fortifier et à roborer les voyes par lesquelles elle passe : par le moyen de la rubrique de laquelle le naturel est de desseicher et restraindre en desseichant comme faict le bol, duquel

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ce terroir icy est si abondant qu’il en fournit presque toute la France, par les colporteurs qui viennent s’en charger en nos carrières, et d’autres sortes de terre de diverses couleurs de non moindre efficaces que celles que l’on apporte du Levant, qui sont pour la plupart sophisquées et falsifiées ».

Il explique ensuite que notre Fontaine outre la ru-

brique, le fer et le vitriol contient le nitre, le bitume, le

soufre, l’alun et « une certaine taye grasse surnageante

en la surperficie d’icelle de diverses couleurs meslées et représentantes celles qui se voient en l’arc-en-ciel ».

Ce qui lui permet de conclure que les eaux sont « propres

à toutes les maladies auxquelles servent les dits métaux et minéraux : spécialement à la subversion et faiblesse de l’estomach, provenante de cause froide et humidité, aux observations et intempératures chaudes et seiches du foye, à la jaunice, aux opilations et duretés de la ratelle, à la mélancholie hypochondriaque, aux catexies et pasles couleurs des filles et des femmes, à la rétention et suppression de purgations mensuelles d’icelles, au flux immodéré et trop abondant de la matrice, à la pierre et colique néphrétique, à la colique bilieuse, aux ulcères du rein, à la difficulté d’urine, à l’hydropisie non confirmée, au flux des hémorroïdes, à la suppression d’iceluy, mesme à la scabie, gratelle, psore ou mal Sainct Main, bref à toutes les maladies du ventre inférieur et autres externes provenants d’intempérance d’iceux et abon dance du flegme salé espandu au cuir, tant prises par dedans que par dehors par baings, lavements et irrigations à quoi elles sont très profitables ».

nor.

En 1683 Etienne Cousturier, parlant des auteurs qui en ont écrit avant lui, dit : « Comme ils ne se sont « servis que de quelques opérations du Feu, pour con- « naître les différens Minéraux de nos Eaux, j’ay cru « que l’on pouvoït encore avoir recours à quelques autres « moyens, comme aux épreuves qui se font par les « acides et les alkalis, pour parvenir à la même fin ».

D'après lui, l’eau de la Fontaine Saint-Firmin comprend : du soufre de plus puissant minéral de nos eaux, « quoyqu’il soit le moindre en quantité »; du nitre « dont les angles sont encore plus inégaux et tiennent en « parti de l’alkali, ce qu’elles n’ont pas pu acquérir « du soufre »; du vitriol «qui est le minéral en plus grande « quantité dans nos eaux »; une manière de bitume « semblable a ce que l’on nomme huile de Paris ».

Les effets produits par l’absorption de l’eau sont innombrables :

Sur les voies digestives : « elles rafraichissent toutes « les parties de la gorge et de l’œsophage et qu'après « les avoir bues on se sent l’estomac avec toutes ses « parties voisines puissamment rafraichi. Elles com- « mencent là par leurs minéraux exaltés et dégagés « du lieux des Eaux, tous leurs autres bons effets. « Elles détachent doucement les colles et glaires, qui « étaient retenues dans les plis de sa tunique inté- « rieure, y émoussent l'appétit et rendent la digestion « difficile et trop lente. Elles excitent un léger remue- « ment de ses fibres charnues en se resserrant, les obli- « geant à pousser les ‘impuretés hors de la cavité de ses « vaisseaux... elles guérisent fort facilement toutes les

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