La re vision des programmes des études
L'idéal du programme est la parfaite adaptation aux besoins de l'industrie locale ; il est impossible de prescrire un minimum de matières, tant les conditions du travail sont changeantes d'année à année, de localité à localité. Pour aboutir à l'harmonie complète de l'école et des besoins professionnels de la région qu'elle dessert, il suffirait d'énoncer au sujet du programme quelques principes généraux applicables aux organisations les plus variées. Les autorités locales seraient chargées, les corps de métiers entendus, de détailler les programmes dans les limites des prescriptions générales et de les soumettre à l'approbation de l'autorité supérieure. Nous avons relevé dans nos différentes études les défauts saillants de nos programmes : le manque de cohésion et de précision, la prédominance du dessin esthétique sur le dessin exact, la séparation des études techniques et des études graphiques, etc. Pour dissiper toute indécision, il importe tout d'abord de savoir à quelle catégorie d'ouvriers l'école est destinée; la statistique des industries locales trancherait la question. Il faut reconnaître aussi que les artisans et ouvriers doivent étudier d'après des programmes autres que les élèves qui n'ont pas fait le choix d'une profession déterminée.
L'enseignement destiné aux dilettanti, aux dessinateurs et aux architectes procède d'autres principes; il exige une éducation artistique plutôt que technique; l'étude préparatoire des formes ornementales et des tracés scientifiques est nécessaire pour amener l'élève à des conceptions d'ensemble, à la composition.
Uéducation technique doit marcher de front avec l'étude du dessin dans les écoles ouvrières. Le dessin est un élément de culture professionnelle insuffisant pour ceux qui sont chargés de l'exécution; il doit être appliqué, dès le début, au métier. Un même programme ne pourrait donc convenir à la fois aux deux catégories d'élèves qui fréquentent nos écoles de dessin; les études simultanées d'élèves ouvriers et d'élèves non ouvriers sont incompatibles.
Pour étudier le dessin et les sciences dans leurs applications aux métiers, ou plutôt à la matière première manipulée par les élèves, il convient de classer ceux-ci en travailleurs du bois, du métal, de la pierre, du tissus, etc.
A chaque section doit correspondre un programme détaillé, et le plus possible limitatif.
Le groupement des élèves ouvriers d'après la matière première manipulée, telle est une des conditions essentielles du succès des écoles destinées aux travailleurs.