CHAPITRE: VI
Traitement.
La thérapeutique générale des embolies consiste : 1° à prévenir la production ou la reproduction des embolies; 2° le caillot une fois formé, à favoriser son organisation ; 3° à surveiller la circulation collatérale. Dans le cas d’embolies de l’aorte abdominale, ces prescriptions ne peuvent être utilisées. Il est presque toujours impossible, nous l’avons vu, de prévoir l'accident, De plus l'artère oblitérée est trop volumineuse, le territoire privé de sang est trop étendu pour qu'on püût espérer aboutir à un résultat heureux par les seules ressources de la thérapeutique. Le mieux à faire est de condamner le malade à l’immobilité. Si l’oblitération est complète d’ailleurs, la paraplégie qui en résultera rendra inutile cette prescription. Si elle est incomplète, elle devra néanmoins être suivie avec rigueur. Dans l'Obs. VI, d’ailleurs suivie de guérison, l’engourdissement des membres inférieurs, les fourmillements que le malade y ressentait, augmentaient chaque fois qu’il
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essayait de reprendre son travail. Dans l’Obs. XII, pendant les premiers temps qui suivirent l’accident, toute tentative de marche fut suivie de l'apparition de phlyctènes sur les membres inférieurs.
En tout cas le médecin ne devra jamais négliger le traitement palliatif, S’il ne peut s’attaquer à l’embolie elle-même, il peut combattre les symptômes, en particulier les douleurs déchirantes qu’accusent les malades dans les membres inférieurs et qui ne leur laissent pas un instant de repos. Les narcotiques et en particulier les injections de morphine, le chloral pourront calmer. momentanément ces douleurs.
Quant au refroidissement des extrémités inférieures,
il peut être combattu.avec succès par des frictions soit sèches soit avec de l'alcool camphré aidées par des boules d’eau chaude aux pieds des malades. :
. Deroyer d’autre part, dans l’Obs. XIX, eut recours à un traitement à la fois palliatif et curatif qui faillit lui réussir: Il pensa que le caillot siégeant à la bifurcation de l’aorte était accessible à travers la paroi abdominale et qu’en exerçant des pressions énergiques le long du trajet du vaisseau et à sa terminaison, on pourrait peut être le dissocier et répartir ses fragments dans des branches artérielles de moindre importance. Chez la malade de l’Obs. XIX, il fit plusieurs fois des tentatives dans ce but et eut même la satisfaction de voir à la suite le pouls se rétablir dans les fémorales, les douleurs se calmer et la malade pouvoir goûter du repos.
Quant au traitement de la gangrène consécutive à lembolie, il a été nul en général. Peut être quand la
gangrène est limitée aux parties extrêmes des membres inférieurs, pourrait-on recourir avec avantage à l’amputation des parties sphacélées? C'est ce qui fut fait, sans succès d’ailleurs, dans l’Obs. XXIV où la malade subit une amputation de la cuisse gauche, expliquée par la coloration noire de ce membre et par l'odeur fétide qu’il répandait. Mais en général toute opération est inutile, car si la gangrène commence vers les extrémités, elle s’étend peu à peu d'ordinaire vers la racine du membre, à moins que la circulation collatérale ne vienne suppléer à l'insuffisance de l'apport sanguin.
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Observations.