OBSERVATION XX
Publiée par Byrne, in-Dublin, J. M. Sc., 1880. |
Femme de 28 ans, admise à l'hôpital le 2 septembre 1880 pour rhumatisme articulaire aigu avec endocardite. Traitée par les alcalins. Rien de particulier jusqu’au 4° novembre.
Le matin de ce jour, elle se plaignit d’un engourdissement profond des deux membres inférieurs.
Le 3, la sensibilité était complètement revenue à droite, mais restait perdue à gauche. Le membre supérisuretait froid, insensible. Pas de pulsations dans la fémorale.
Le 9, apparut une teinte bleuâtre à la partie inférieure de la cuisse.
Le 21, survinrent des bulles d’où s’écoula abondamment un liquide fétide.
Mort le 16 décembre.
A l'entrée, on avait constaté un souffle au premier et au deuxiéme temps de Ja révolution cardiaque et un curieux bruit de frottement à la pointe du cœur, qui fut pris comme un signe de péricardite.
Autopsie. — Très peu de liquide dans le péricarde. Aucun
signe de péricardite. Les dimensions du cœur ct l'épaisseur de ses parois étaient normales. A la pointe du ventricule gauche, on trouva un coagulum jaunâtre d'environ la grosseur d’une noix, très adhérent, grâce à son intrication au milieu des colonnes musculaires de la pointe du cœur. Les valvules aortiques présentaient des signes d’inflammation. Sur la valvule mitrale, quelques signes d’endocardite. Dans le ventricule droit était un caillot différent d'apparence de celui du côté gauche. Il était distinctement formé de deux substances, de fibrine pure d’une part et de sang coagulé d’autre part, la coagulation s'étant produite immédiatement après la mort ou peu avant elle.
A un pouce de la bifurcation de l’aorte abdominale commence une masse de fibrine adhérente aux parois du côté gauche. Toutes les branches de l’aorte étaient oblitérées jusqu’à la terminaison de l’artère fémorale et du côté droit, nous avions une oblitération de l’iliaque primitive sur une longueur d'environ un demi-pouce.
Byrne admet qu’une portion du caillot formé dans la pointe du ventricule gauche s’en détacha le 1e novembre pour aller s'arrêter à la bifurcation de l'aorte. Mais deux jours après,
cet embolus fut entrainé à nouveau par le courant sanguin et alla se fixer définitivement à la bifurcation de l’artère poplitée gauche. Sur cet embolus originel parti du cœur, se construisit dès lors l'énorme masse fibrineuse qui obture l'aorte et les iliaques.