‹ Étude sur les embolies de l'aorte abdominaleChapitre 5 sur 35 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Étiologie.

La maladie qui nous intéresse en ce moment s’observe d’une manière à peu près égale dans les deux sexes. C’est ainsi que sur les 25 observations que nous avons pu en rassembler, les malades étaient 12 fois des hommes, 13 fois des femmes. Quant à l’âge auquel survient l’accident, c’est principalement l’âge mûr de 20 à 60 ans. Une seule fois (Obs. X de Pollock) la malade était une jeune fille de 19 ans. On n'en cite pas un seul cas chez des vieillards.

L'influence de la profession n’a aussi que peu d’importance. Nos malades étaient des ouvriers, des soldats, des paysans, des menuisiers, etc,

Il en est de même de l'influence d’un traumatisme comme cause immédiate de la mobilisation de l'embolie. Elle survint dans un cas (Obs. V de Le Bret) au moment où la malade descendait un escalier; dans un autre (Obs. XXII de Boccherini) au saut du lit pour ainsi dire; dans un autre (Obs. VI de Gull) chez un

ouvrier travaillant le tronc courbé en avant et habitué d’ailleurs à porter de très lourds fardeaux; dans un autre enfin (Obs. XVIII de Forgues) après une courte promenade dans un jardin. Mais d'habitude la cause du départ du caillot migrateur.reste indéterminée et l'accident peut très bien survenirla nuit par exemple (Obs. XII de Chvostek) alors que rien ne pouvait le faire prévoir.

Mais si l’étiologie de la migration du caillot est d’ordinaire incertaine, il n’en est pas de même de celle de celle de la formation même de ce caillot. Comme nous l'avons déjà signalé dans l’anatomie pathologique, d'ordinaire l’embolie de l'aorte abdominale survient chez des malades atteints de maladies infectieuses ou phlegmoniques susceptibles de rendre d’une part le sang plus coagulable et d'autre part de déterminer des lésions cardiaques favorisant sa coagulation spontanée, C’est ainsi que dans les 25 observations que nous avons réunies, nous trouvons dans les antécédents personnels du malade : 6 fois le rhumatisme articulaire aigu avec lésions cardiaques consécutives, 4 fois l’érysipèie, 5 fois la fièvre puerpérale ayant amené ou non une endocardite, 1 fois la fièvre typhoïde, 1 fois la pneumonie, 4 fois des affections cardiaques de nature indéterminée et enfin dans notre cas la syphilis et l’intoxicalion mercurielle et aussi de l’endocardite (une végétation sur la mitrale).

Rappelons enfin que dans l’Observation XII de Chvostek, le thrombus s'était primitivement formé dans un point de l’aorte comprimé par une carie des premières vertèbres lombaires et que plus tard seulement

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il alla s'arrêter à la bifurcation des iliaques. Enfin, dans l’observations IV de Hulke, l'arrêt de l’embolus au niveau des dernières portions de l'aorte abdominale fut favorisé par la présence d’un myofibrome de l'utérus comprimant l'aorte et les deux iliaques.

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