LÉSIONS HISTOLOGIQUES
variété est une tuberculose typique avec cellules géantes. Nous avons pu observer les deux types : le premier au cours de.méningite tuberculeuse, le second chez un malade où se trouvaient associés un processus de méningite aiguë ét un processus tuberculeux : la tuberculose paraissait ètre venue se greffer sur le terrain ‘anatomique où siégeait déjà une inflammation banale.
Réactions inflammatoires tuberculeuses non typiques. — - Nous avons rencontré ces réactions au cours de méningite tuberculeuse, et c’est d'après ces cas que nous les décrirons. Un certain nombre des altérations ne présentent pas de caractères spécifiques et peuvent se rencontrer aussi dans les épendymites aiguës.
Evrrmécium. — La desquamalion est particulièrement fréquente : la névroglie apparaît alors constituant la limite des ventricules ; elle est fréquemment œdématiée et vacuolaire. Parfois il est possible de rencontrer en ces points, généralement accolés à la paroi, des bacilles de Koch plus ou moins nombreux.
À la surface de l’épithélium, on voit fréquemment des amas cellulaires libres constitués par des cellules mononucléaires et des cellules épithéliales altérées. Parmi elles on peut encore colorer des bacilles.
L'épithélium desquamé laisse parfois saiïllir des touffes de névroglie proliférée, mais ne constituant jamais des masses bien considérables. L’épithélium laisse aussi passer des cellules de * type migrateur venant de la profondeur et se dirigeant vers la cavité ventriculaire.
L'épithélium est très fréquemment plissé.
Les végétations épithéliales s’observent également et présentent les mêmes caractères que celles que nous avons décrites à propos des épendymites aiguës. Tantôt accumulées et surmontées de débris épithéliaux effilochés, tantôt s'étendant en surface et constituant des amas de plusieurs couches de cellules épithéliales superposées qui s'étendent parfois sur des surfaces assez considérables.
On rencontre aussi le type d’épithélium à cellules hautes, espacées, séparées les unes des autres par des cavités elliptiques ou
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arrondies avec noyauxallongés dans le même sens que la cellule elle même et d'apparence pycnotique.
Toutes ces réactions n'ont donc rien de caractéristique ni de spécifique, à part la présence fréquente de bacilles,
Zone sous-épendymaire. — La. varélaction et la distension œdémateuse des mailles névrogliques est fréquente.
Les hémorragies déjà constatées à l'examen macroscopique sont très fréquentes : elles sont presque la règle. Elles se présentent généralement sous forme de flaques sanguines épanchées entre les mailles névrogliques : ces amas d'hématies sont parfois assez considérables. On rencontre aussi des hémorragies dans les gaines.
La gainile périvasculaire est assez fréquente, mais elle peut manquer et elle n’a généralement pas la même intensité que dans les inflammations aiguës. Il s’agit presque exclusivement de lymphocytes. |
Les altérations des parois vasculaires sont parfois de l'infiltration par des leucocytes et souvent aussi de la tuméfaction et de la dégénérescence hyaline.
Dans fe mailles cellulaires on rencontre parfois des corps amyloïdes et d’autres fois des flaques de substance amorphe, indéterminée, probablement albumineuse, se colorant en violet-lilas par l’hématéine.
Les réactions cellulaires diffuses de la région sous-épithéliale sont moins marquées également que dans les cas aigus. Les cellules qu’on rencontre sont tantôt des cellules du type migrateur : noyau clair, allongé, bourgeonnant, sans corps cellulaire visible, tantôt des cellules. pourvues d'un corps protoplasmique, situées au point de convergence des fibrilles névrogliques et qui représentent des SE de glie altérées ou proliférées. -
Les amas cellulaires circonscrits sont surtout importants et ce sont eux qui donnent à cette épendymite tuberculeuse non typique les caractères particuliers qui permettent un diagnostic histologique.
Us sont constitués par des cellules d'aspect variable. Il existe des lymphocytes, d'autres cellules à noyaux plus clairs, plus
LÉSIONS HISTOLOGIQUES 67 —— volumineux, bilobés, bourgeonnants, ressemblant aux cellules migratrices mésodermiques. Ces cellules sont du reste fréquemment modifiées. Les noyaux peuvent être déformés et en voie d'altération pycnotique. Les cellules névrogliques prennent aussi vraisemblablement part à la constitution de ces amas inflammatoires circonscrits. La caractérisque de ces formations provient moins de la nature des cellules qui les constituent que de l’as-
pect du tissu interstitiel. La névroglie ne présente plus sa struc-
Fi. 9 (Cas XVIII), — Zésions sous-épendymaires au cours de méningite tuberculeuse.
Desquamation de l’épithélium. Amas cellulaires circonscrits autour d’un capillaire dont les parois sont nécrosées ; amas de cellules mononucléaires à gros noyaux ; quelques lymphocytes. La névroglie interstitielle, à l’endroit de l’amas cellulaire est granuleuse, sombre, amorphe ; en voie de nécrose. IL existe des bacilles dans ces formations de structure non typique. Hémorragie au voisinage.
ture fibrillaire normale : elle est tuméfiée, granuleuse, réduite à de petits amas amorphes, se colorant en rose par l’éosine : elle est en voie de désintégration et de nécrose. Fréquemment on voit au centre de ces amas un petit capillaire dont les parois sont elles-mêmes en voie de disparition nécrotique. D’autres fois le nodule inflammatoire paraît indépendant de tout vaisseau : peut-être parce que ce dernier à disparu.
Cet aspect est assez particulier pour pouvoir faire le diagnos-
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tic malgré l'absence de structure typique folliculaire, malgré l'absence de tissu épithélioïde véritable et de cellules géantes.
Fréquemment il est noté de petites hémorragies au pourtour. de l’amas cellulaire. |
Enfin la nature tuberculeuse de ces formations sous-épendymaires est démontrée par la présence des bacilles.
Jeremias paraît avoir vu ces lésions. Il décrit des nodules sous-épithéliaux constitués par des amas de mononucléaires, disposés autour d’un petit vaisseau, dans une trame névroglique très raréfiée. Il y a constaté la présence *de bacilles de Koch. Ophüls et Wallbaum en ont aussi décrit de très analogues.
Sympayse. — Comme nous l'avons vu, Anglade décrit des adhérepces inflammatoires, des symphyses ventriculaires qu'il attribue au processus tuberculeux. Nous avons très nettement constaté ce processus dans la corne occipitale d’un sujet mort de tuberculose méningée. Au fond du :recessus l’épithélium était plissé. Ces plis, très particulièrement accentués,se rejoignent par le bord des saillies qu’ils font, se soudent et libèrent ainsi les petites bandes d’épithélium intermédiaires. Ce processus restreint progressivement la cavité en même temps qu’il constitue la symphyse. Celle-ci se poursuit, en prolongeant la direction de la corne ventriculaire. On retrouve dans le tissu névroglique sousépendymaire les fragments du revêtement épithélial en quantité considérable, formant des petites bandes interrompues et parallèles à la surface ventriculaire. Il n'y a pas, en ces points, d'infiltration cellulaire marquée (fig. 10).
Une symphyse telle que celle que nous venons de décrire peut se trouver dans des cas d'inflammation banale. Le mécanisme par plissement el adhérences ne nous à cependant paru nulle part aussi marqué que dans ce cas d'épendymite tuberculeuse. Peut-être peut-on dire, avec Anglade, que la tuberculose est une inflammation plus particulièrement symphysante.
PLexus cnonoïpes. — Ils sont en général congestionnés. L’infiltration cellulaire est fréquente. Dans un cas nous avons constaté à l'insertion d'un plexus, un gros amas inflammatoire avec centre