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CHAPITRE II

ÉPENDYMITES SYPHILITIQUES

L'épendymite syphilitique est une des formes qui.a été le plus nettement spécifiée par les auteurs tant cliniquement qu'au point de vue anatomo-pathologique.

Il peut s'agir de syphilis héréditaire ou de syphilis acquise : l'épendymite étant dans ce dernier cas une manifestation tertiaire, une modalité particulière de syphilis cérébrale.

L'épendymite hérédo-syphilitique produit lhydrocéphalie congénitale, ou tout au moins à début très précoce.

D'assez nombreux auteurs ont signalé les rapports de la syphilis héréditaire avec l'hydrocéphalie (Boerensprung, Veronèse). Le professeur Fournier a toujours considéré l'hérédo-syphilis comme une des causes les plus avérées de l'hydrocéphalie. Sandoz conclut dans son mémoire : De l'hydrocéphalie interne dans la syphilis héréditaire, qu'il existe une hydrocéphalie syphilitique et que sa cause réside très probablement dans une inflammation de l'épendyme ventriculaire et des plexus choroïdes. Sont à citer les travaux de Negrié, Elsner, Vaquié, Moncorvo.D’Astros admet qu'il existe, outre une hydrocéphalie dystrophique, une hydrocéphalie hérédo-syphilitique due à des lésions spécifiques de l’épendyme et de la région opto-striée. [l en rapporte deux cas avec autopsie des plus intructifs. Dans l’un il y a dilatation considérable des ventricules : la paroi est épaissie, présentant des saillies et, par places,-des végétations rugueuses ; au niveau des ganglions de la base elle est fongueuse et ramollie, les masses ganglionnaires ont presque complètement disparu. Les lésions sont bilatérales, plus marquées à gauche. Microscopiquement cette paroi est infiltrée d’une grande quantité de cellules embryonnaires. Le foie et

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le poumon présentent des lésions syphilitiques non douteuses. Dans le second cas l'épendyme est épaissi, ramolli, avec brides saillantes, formant un réticulum alvéolaire très comparable à la section d’une ruche d’abeilles, Les corps opto-striés sont réduits à un détritus pultacé de couleur café au lait. Il y a rétrécissement, par productions inflammatoires et séparation entre la partie antéro-supérieure du ventricule et les cornes occipito-sphénoïdale.

Au point de vue de l'hydrocéphalie, les lésions d’épendymite ne sont pas seules à pouvoir causer le syndrome : la dystrophie hérédo-syphilitique peut aussi provoquer une hydrocéphalie tératologique. Parfois on peut trouver, réunies sur le même sujet, les malformations tératologiques et dystrophiques et les lésions d’épendymite. Dans les observations de Solovtzoff, concernant des monstres avec hydrocéphalie, il y avait de grosses lésions des vaisseaux sous-épendymaires au niveau de presque tous les segments du névraxe. Dans celles d'Ivanoff, avec hydrocéphalie et hydromyélie, il y avait épendymite de l'aqueduc de Sylvius et du quatrième ventricule dont la partie inférieure était oblitérée : l’auteur considère dans ces cas l’épendymite comme primitive. Tous ces cas sont assez précis pour montrer la réalité de l'hydrocéphalie par épendymite syphilitique. Ils dispensent des arguments en grand nombre, tirésipar les auteurs de la clinique, intéressant la nature syphilitique de beaucoup d'hydrocéphalies congénitales : fréquence avec laquelle se présente l’hydrocéphalie chez les enfants issus de souche syphilitique ; conditions dans lesquelles se présentent les cas d'hydrocéphalie dans certaines familles, fréquence de l’avortement dans ces familles ; coexistence chez les mêmes sujets d'hydrocéphalie et de symptômes caractéristiques d'hérédo-syphilis. *

Dans les cas d'hydrocéphalie où il existe des lésions d'épendymite chronique, non spécifiques, il est probable qu'une partie de ces lésions ont une origine syphilitique que l’on ne péut plus affirmer par le seul examen des coupes histologiques.

Au cours de la syphilis acquise, les documents anatomo-pathologiques sont beaucoup moins précis.

ÉPENDYMITES SYPHILITIQUES | 73 SR ae D NE, + Ravaut et Ponselle ont décrit dans le protoplasma ( et le noyau” des cellules épendymaires le tréponème de Schaudinn. Leur interprétation a été, il est vrai, contestée.

On peut constater, au cours de syphilis cérébro- spinale des lésions épendymaires.. Chez un syphilitique, mort à la suite d'un ictus apoplectiforme, sept mois après le chancre initial, dont nous avons fait l’autopsie dans le service de M. le professeur Gaucher, nous avons constaté une myélite intense avec manchons périveineux. La corticalité cérébrale était presque indemne. IL existait dans la région sous-épendymaire une infiltration périvasculaire très abondante (surtout lymphocytes, quelques plasmazelle). Les parois vasculaires n'étaient pas très altérées, en raison probablement de la date récente de l'atteinte syphilitique. Il semblait que dans ce cas l'infection syphilitique ait atteint surtout les cavités ventriculaires et les espaces arachnoïdiens médullaires. Nous avons déjà noté, à propos des cas aigus, qu’il y a souvent parallélisme entre l'infection des ventricules et celle des méninges médullaires, plutôt qu'entre l'infection des ventricules et des méninges cérébrales (Nous avons pu, après l’autopsie, cons-

tater la présence de tréponèmes dans le liquide ventriculaire à l'ultra-microscope. Par l'imprégnation à l'argent suivant la méthode Levaditi, il ne nous a pas été possible de le retrouver dans les coupes),

Parmi les lésions de J'épendymite syphilitique, la gainite à lymphocytes des vaisseaux sous-épendymaires, particulièrement des veines parait jouer le rôle le plus important. L’infiltration diffuse par des cellules embryonnaires a été spécifiée, comme nous l'avons vu, par d’Astros. La présence des plasmazellen, l'état des parois vasculaires (indiquées déjà comme altérées par Zolovtzoff) sont des caractères qu’il convient de rechercher.

Etant donnée la fréquence des granulations chez les paralytiques généraux (attribuées à la syphilis par plusieurs auteurs, Blachford en particulier), nous avons cherché, sans y réussir, à déterminer s’il était possible de les distinguer des granulations d’épendymite chronique banale. La chose se comprend du reste, car il s’agit là, de lésions qui ne correspondent plus à uneinflammation spécifique en activité.

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