TROISIÈME PARTIE
Les observations qui spécifient des lésions nettes dé l'épen-
dyme sont encore très peu nombreuses, comme nous l'avons vu.
D'autre part il est rare que ces lésions soient isolées el ne soient
pas en même temps accompagnées de lésions de méningite ou parlois d'encéphalite. De telle sorte qu'il est difficile de préciser
complètement et définitivement les symptômes qui sont produits par l'épendymite.
Dans un certain nombre de faits, l'épendymite ne constitue qu'un épiphénomène au cours de la méningite-aiguë, et il est à peu près impossible de déterminer la part qui lui revient dans le tableau clinique.
On comprend du reste que les symptômes soient très variables et très multiples et qu'il soit difficile d’assigner à l’épendymite ventriculaire cérébrale une séméiologie bien fixe. En effet l’épendymite ne peut avoir de symptômes par elle-même, elle ne peut se manifester que par les perturbations cérébrales qu'elle provoque, ressemblant, du reste en cela, d’une façon identique,à la méningite : « La méningite, a dit Dupré, n'a que des symptômes cérébraux. » Il en est tout à fait de même pour l'épendymite.
L'épithélium épendymaire constitue, comme nous le verrons, une barrière fragile contre les infections qui se propagent facilement dans la substance nerveuse sous-jacente. Il en est probablement de même pour les toxiques et les poisons. Aussi est-il probable que certaines épendymites, à lésions peu marquées, s'accompagnent d'une diffusion rapide des produits toxiques dans la substance cérébrale. 11 est naturellement difficile, dans
ces cas de chercher une symptomatologie particulière. Les symp-
tômes sont ceux d'une infection ou une intoxication rapide et massive des centres nerveux.
Cependant une inflammation cantonnée dans les ventricules cérébraux doit différer d'une inflammation localisée à la corticalité et pouvoir s’en distinguer. Cela est si vrai que dans un certain nombre de cas cliniques, quand l'évolution est lente, par exemple, le tableau clinique est tout différent de la méningite ; ce n’est plus avec les méningites que se pose le diagnostic, mais avec les tumeurs cérébrales. Cette ressemblance est due à un phénomène primordial qui caractérise les épendymites : à l’hypértension intracrânienne. Cette hypertension est due à l’hydrocéphalie inflammatoire et à ses conséquences : Distension des sutures crâniennes etaugmentation des diamètres de la tête chez l'enfant. Manifestations multiples chez l'adulte. Chez l'un et chez l'autre œdème papillaire pouvant entraîner la cécité ou de très gros troubles visuels.
C’est entre ces deux termes, méningites et tumeurs cérébrales qu'oscille le tableau clinique des épendymites : aiguës, subaiguës, chroniques ; purulentes,séro-purulentes ou séreuses. Plus l'épendymite est äiguë, plus les symptômes qui en dépendent se rapprochent d’une méningite (à laquelle elle est du reste souvent associée), plus elle est chronique plus elle simule de près les tumeurs cérébrales.
Notre description clinique peut cependant s'appuyer sur un certain nombre de faits très précis. Dans certains cas l'épendymite cérébrale ventriculaire constitue à très peu de chose près toute la maladie (Mocquin, Parkes- Weber, cas personnel I). Dans d’autres cas elle est nettement prédominante (Beck). Il est légitime également d'utiliser les cas où la notion de l'infection ventriculaire, associée à l'hypertension, est prouvée par des cons-* tatations cytologiques et bactériologiques. Constatant, d’après ces faits appuyés sur des données anatomo-pathologiques, que l'hypertension intraventriculaire constitue la manifestation la plus importante des épendymites, il est logique de les rapprocher des : nombreux cas cliniques où une inflammation provoque un syndrome d’hypertension intra-crânienne (méningites séreuses par
exemple). Sans vouloir bien entendu, prétendre qu'une épendymite est à la base de toutes ces affections et qu’elle en constitue, à elle seule, le substratum anatomique. Dans les cas, assez nombreux, d’épendymite oblitérant l'aqueduc de Sylvius, la partie | inférieure du quatrième ventricule, la maladie est bien nettement causée par l’'épendymite. Mais les manifestations cliniques sont en quelque sorte secondaires, conditionnées surtout par la ferme-
ture des cavités ventriculaires. C'est une distinction qu'il con- . vient d'établir. Là encore du reste le syndrome rentre dans la catégorie des syndromes d'hypertension ventriculaire.
Les épendymites en général aboutissent donc à une sorte de syndrome ventriculaire par hypertension que l'épendymite n’est pas seule à réaliser et dans la réalisation duquel elle peut être aidée par divers facteurs. C'est donc ce syndrome ventriculaire qu'il nous faut étudier dans ses principales formes.
Il semble qu'on puisse diviser lés faits en deux catégories principales suivant l'intensité des lésions et la rapidité de l'évolution.
1° Ependymite à évolution rapide : syndrome d'infection ventriculaire aiquë (épendymites purulentes et séro-purulentes).
2° Ependymite à évolution lente : syndrome d'hypertension intracränienne de cause inflammatoire (épendymites séreuses).
Outre la distinctiou entre les formes de l'enfant et de l’adulte, on doit revoir à part les formes très intéressantes qui succèdent aux méningites,le syndrome d'hypertension ventriculaire unilatérale, les formes avec symptômes bulbaires ou bulbo-protubérantiels.
Nous étudierons enfin les rapports des épendymites avec certaines maladies de l’encéphale.