CHAPITRE PREMIER
SYNDROME D'INFECTION VENTRICULAIRE AIGUE (Ependymites purulentes et séro-purulentes).
Nous nous appuierons surtout, pour décrire cette variété, sur notre cas personnel (cas [) où l’épendymite très intense était la seule lésion cérébrale ; sur le cas de Mocquin concernant un adulte. Les deux cas de Marfan, Aviragnet et Detot, où la pré-
sence dans les ventricales d’un liquide hémorragique, jauneverdâtre, renfermant de la fibrine et des polynucléaires montrent assez qu'il s'agissait d’un processus inflammatoire et intraventriculaire. Celui de d'Espine, assez voisin des deux derniers, bien. qu’à évolution beaucoup plus longue. 5
Dans tous ces cas existait, avec l’épendymite, de la méningite. à différents degrés, soit cérébrale, soit méningée. De telle sorte que les symptômes observés, pouvant être dus à l'un et à l'autre: facteur, méritent d'être discutés et interprétés. Néanmoins, un certain nombre d'entre eux relèvent très nettement de l’affection ventriculaire, et ce sont ceux que nous retiendrons. Dans le cas [, tous les symptômes cérébraux dépendent de l’épendymite puisqu'il n'existait pas de méningite cérébrale. Dans le cas de Mocquin, il en est à peu près de même également. Dans le cas ! de Birbaum (jeune fille de 29 ans), avec fièvre et symptômes méningés, on put recueillir du liquide ventriculaire qui contenait du méningocoque de Jœger: l’autopsie montra qu'il n'y avait pas de méningite.
Début. — Îl est souvent précédé par des phénomènes infectieux : de la diarrhée fébrile avec convulsions chez les enfants de Marian ; broncho-pneumonie chez celui de d’Espine ; pleuropneumonie chez le malade de 32 ans dont Mocquin rapporte
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| l’histoire. Dans notre cas personnel l’étiologie infectieuse a passé inaperçue.
Période d'état. — Hydrocéphalie. — Rapidement appréciable | chez l'enfant jeune, elle se manifeste par l’augmentation des diamètres du crâne, par la tension des fontanelles. C’est là le symptôme primordial qui attire immédiatement l'attention sur un pro- | cessus localisé aux ventricules.
Ce symptôme peut être très précoce et être le premier signalé | par les parents, comme dans notre cas (cas I).
L’hydrocéphalie ne fait qu'augmenter jusqu’à la mort de l’enfant. Mais iln'est pas impossible que la guérison se produise, en ce qui concerne les phénomènes aigus: danois peut persister à l'état ch ronique.
C'est un signe qui manque chez l'adulte quand les sutures sont soudées. Il se trouve remplacé par des symptômes d’hypertension intracränienne.
Céphalée. — Elle s'accompagne chez l'enfant d'agitation, de cris. Chez l'adulte elle peut être atroce, mais finit par être mas- » quée par le délire ou par le coma qui s'installe progressivement.
Vomissements. — Ils sont variables comme fréquence. De loin en loin, dans les cas de Marfan, très rares dans notre cas. Le malade de Mocquin vomissait ce qu'on essayait de lui faire prendre.
Constipation. — N'est pas toujours absolue. Notre malade avait des selles presque tous les jours.
Troubles moteurs.— Phénomènes de contracturemusculaire, — Leur interprétation n'est pas très facile quand il s’agit de lésions à la fois cérébrales et méningées. Ainsi le signe de Kernig (qui ne parait pas constant) ; la raideur de la nuque ; les convulsions ; le trismus..
Les troubles moteurs sont revêtus cependant, dans plusieurs cas (Marfan, d'Espine), de caractères assez particuliers qui sont dus probablement à leur origine cérébrale et aux phénomènes de compression intracränienne.Ïl s’agit d'une contracture généralisée permanente, /élaniforme, extrèmement accentuée, s'exagérant par paroxysmes sous forme de crises toniques, sans mouvements
cloniques.
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Cet état de contracture était moins prononcé chez notre malade (cas I). 11 n'existait pas chez le malade de Mocquin qui prés sentait en revanche du tremblement des membres.
Phénomènes généraux. — Marqués par de l'agitation, des cris chez l'enfant ; un état délirant chez l'adulte.
Somnolence, état comateux. — Ce symptôme paraît assez particulier par son intensité, dans certains cas. Le malade de Mocquin tomba, bientôt après le début de sa maladie, dans un état, comateux qui persista jusqu’à la mort. La somnolence est aussi notée chez les enfants, chez la jeune malade de Birnbaum. Elle paraît débuter au moment où se manifeste l'hydrocéphalie. Nous rappelons à ce sujet que, d'après Loeper, les formes comateuses de la méningite tuberculeuse seraient dues, dans un certain nombre de cas, à la localisation du processus inflammatoire dans les plexus choroïdes : Le symptôme apparaît donc lié, dans une certaine mesure, au siège ventriculaire de l’affection, et à l'hypertension consécutive.
La fièvre présente aussi des allures particulières. Il est remar-. quable que dans notre cas, par exemple, malgré la présence d'une inflammation aiguë, intra-cérébrale, avec flocons purulents et* globules de pus dans les ventricules, la température ne soit pas montée au-dessus de 37°9. Elle était à 39° chez le malade de Mocquin (il présentait des phénomènes de pleuro-pneumonie, ce qui complique les choses). Chez les autres petits malades, la température reste plutôt basse au cours de la période d'état pendant laquelle l’hydrocéphalie se constitue et progresse. Elle s'élève quand des phénomènes intercurrents, tels que bronchites, diarrhées surviennent.
Les malades meurent souvent dans l’hypothermie.
Cette différence entre les processus inflammatoires intra-cérébraux et corticaux est intéressante à indiquer. Nous ne disposons malheureusement pas d’un assez grand nombre d’observations pour donner des conclusions fermes à ce sujet.
Le pouls. — Il est toujours très modilié, d'autant plus que le processus est plus aigu et à évolution plus rapide. Il est accéléré
ÉPENDYMITES PURULENTES ET SÉRO-PURULENTES 145 LE RE Re ei DORE ER : (100, 150, incomptable) et présente fréquemment des intermit- - tences, des irrigularités, du rythme fœtal.
Chez un chien (n° 2, XXVII) auquel nous avions injecté du pyocyanique intraventriculaire, .le pouls fémoral devint rapidement extrèmement fréquent, puis incomptable, sans que la température monte d’une façon très marquée.
Les troubles respiratoires. — D'origine centrale, ils sont à rapprocher des troubles du pouls, indiquant probablement une localisation inflammatoire bulbaire. Les mouvements respiratoires sont accélérés, prennent le type de Cheynes-Stokes (Moequin) ; sont interrompus par des périodes d’apnée (cas personnel).
Ajoutons enfin, dans ce groupe des troubles bulbaires, l'albuminurie, la glycosurie (le malade de Mocquin présentait ces deux symptômes), la pol/yurie possibles.
Les sphincters. — Ils ont paru épargnés dans les cas que nous avons cités. Het Troubles oculaires. — Il peut y avoir de la diplopie (Mocquin :
lésions des noyaux de la troisième paire par œdème inflamma-
toire vérifiées à l'autopsie). Du strabisme convergent, perma-
nent ou intermittent. Les observations que nous avons pu con-
sulter ne donnent pas d'examen du fond de l'œil. Dans les cas rapides la stase papillaire et les troubles consécutifs n’ont peutêtre pas toujours le temps de s'installer.
* Les phénomènes de paralysie, l'état de la réflectivité, le signe de Babinski, ne sont pas assez nettement précisés pour qu'on puisse en faire état dans cette description : il s'agissait en effet dans la plupart des cas d'enfants contracturés, en état d’agita-
tion, ou d’adulte délirant et comateux. Ce dernier présentait des
réflexes patellaires très affaiblis.
La ponction lombaire et la ponction ventriculaire. — Cette
dernière est facilement pratiquée chez l'enfant dans un des coins de la grande fontanelle. Ces deux explorations donnent de très sûrs renseignements : aspect louche du liquide, présence de sa
de fibrine, de polynucléaires, de microbes.
Les deux liquides, ventriculaire et céphalo-rachidien des espaes arachnoïdiens médullaires, peuvent se ressembler ou différer, Merle - 10