‹ Étude sur les épendymites cérébralesChapitre 36 sur 45 · TT ————— · texte numérisé non relu

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Quincke, en 1872, a étudié les rapports des mailles arachnoï-

diennes du cerveau et de la moelle : il avait constaté la commu-

nication entre elles et la circulation du liquide. En aucun cas (injection de vermillon dans les mailles arachnoïdiennes lombaires) il n’y avait‘ de. couleur dans le canal médullaire central épendymaire ; sauf une fois où l'aiguille avait pénétré un peu sous la pie-mère.

Sicard, par injection d'encre de Chine dans les méninges rachidiennes, constate que les particules gagnent d'abord la base du cerveau et les ventricules et ensuite seulement, et heaucoup plus tard, les méninges de la convexité. — Ces expériences confirment le rapport que nous déduisions des cas pathologiques : mdépen-

dance des méninges de la convexité et au contraire rapports

étroits entre l'infection des ventricules et celle des basales et méninges rachidiennes. | Après injection sous-arachnoïdienne lombaire : « Au niveaude la moelle, recueillie le dixième jour environ après l'injection, on retrouve, sur les coupes microscopiques, un groupement de grains noirs tout autour de la moelle, au niveau des mailles de la pie-mère... On peut suivre au microscope la trainée noirâtre qu'ils laissent sur leur passage et qui mène jusqu'au canal épendymaire. Avant de l’atteindre les grains se groupent parfois en

* petits amas, au niveau de la commissure grise postérieure et de la

substance gélatineuse péri-épendymaire et, également, autour des vaisseaux péri-épendymaires. Puis à l'intérieur du canal, phagocytés ou non, ils sont ramassés sur les bords, s’accolant aux cellules épithéliales.… C’est dans les gaines PSPAPTATANE que-chemine cette poussière noirâtre,.soit librement, soit à l’in-

térieur des leucocytes. Par ci, par là, on peut voir un leucocyte,

chargé de ces grains, cheminer dans la lumière d'un vaisseau du parenchyme nerveux » (Sicard).

Guillain a obtenu, par injection d'encre de Chine en pleine substance médullaire, le passage de ces corpuscules dans le canal ” épendymaire et leur progression par voie äscendante, en se rap-

. prochant du cerveau.

Les corps étrangers introduits par voie arachnoïdienne lom-

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baire ou dans la substance médullaire cheminent donc vers la base de l’encéphale et, fait qui nous intéresse plus particulièrement, le canal épendymaire sert souvent d’intermédiaire et de voie naturelle pour cette migration.

Dans la masse encéphalique, des expériences de même cts ont été faites par Bruno. Il traite par le perchlorure de fer, le cerveau d'animaux ayant succombé aux injections intra-cérébrales de ferrocyanure de potassium. Il trouve la couleur bleue caractéristique à la base du cerveau, sur les parois des ventricules et de l’aqueduc de Sylvius. La surface du cerveau est, au contraire, incolore, sauf au niveau du point d’inoculation. La même distribution se retrouve chez les animaux ayant succombé aux injections intra-cérébrales de bleu de méthylène. |

De ces expériences, Bruno conclut que les toxiques injectés dans le cerveau sont repris par les lymphatiques et conduits dans les cavités ventriculaires où ils vont agir sur les centres sous-corticaux.

Ces données semblent donc indiquer que les cavités épendymaires constituent comme une sorte de drain des masses nerveuses. On comprend quelle est l'importance de cette notion dans. les infections qui peuvent atteindre d’abord l'épendyme lui-même et, grâce à lui, se propager d’un étage à l’autre de l’axe nerveux.

Marinesco a produit des lésions très analogues à celles de la myélite aiguë, en injectant divers microbes dans la cavité arachnoïdienne. En injectant du streptocoque très virulent dans le sciatique du lapin, il a obtenu une myélite prédominant du côté : du nerf sciatique injecté. Il fait jouer un certain rôle au canal épendymaire dans la dissémination et la propagation des microbes. C'est par son intermédiaire que se formeraient les petits foyers de myélite centrale à une distance plus ou moins considérable du foyer principal.

$S &. — Rapports des cavités épendymaires et de la circulation générale sanguine au point de vue des in-. fections. ,

Lamy, par injection de lycopode dans la partie centripèté de TE EE : ; :

l'artère fémorale, a obtenu des ramollissements rouges centraux.

Les embolies sont fréquentes dans les artères spinales antérieures, dans les petites artères péri-épendymaires.

Nous avons nous-même pratiqué des inpections carolidiennes de microbes (staphylocoque et pyocyanique) chez des cobayes (XXIX, XXX). Dans un cas surtout nous avons obtenu des lésions d'épendymite très manifestes, alors que la corticalité ne présentait guère qu'un peu de congestion.

Par injection intra-carotidienne de carmin, nous avons chtenu quelques grains libres dans la cavité ventriculaire (XXXID).

Tous ces faits montrent donc que les cavités épendymaires, d’une façon générale, tant médullaire que cérébrale, sont exposées à l'infection d'une façon qui semble plus marquée qu'un point quelconque de la masse nerveuse. Elles peuvent s'infecter primitivement avec une grande facilité. Elles peuvent totaliser à leurs dépens des infections siégeant à différents points du névraxe, puisque nous avons vu que le canal épendymaire cons- {ituait une voie d'évacuation, une sorte de « drain collecteur » pour les corps étrangers et les germes pathogènes, D'autre part le revêtement épendymaire constituant une barrière fragile que les microbes n'ont pas de peine à traverser, Pinfection des cavités épendymaires, une fois réalisée, peut conditionner dans le parenchyme voisin des lésions inflammatoires telles par exemple que l'encéphalite hémorragique.

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