S HISTORIQUE
des enveloppes cérébrales et l'hydrocéphalie est une source de documents sur la question.
Les cas de. Byron Bramwell (1894), Hammerschlag (1900), Beck, Lecène et Bourgeois (1902), de Broca (1902), de nombreux auteurs allemands (Joel, Kretschmann, Oppenheim, Lucae, Waldvogel, R. Müller, Brieger, Hegener, Hansen, cités par Oppenheim) montrent la fréquence d’états inflammatoires avec hypertension intraventriculaire à la suite d’otite. De même, à la suite d'infection du nez ou des sinus (Herzfeld).
Parkes Weber (1902) rapporte un cas d’hydrocéphalie interne de l’adulte où les lésions inflammatoires épendymaires et sousépendymaires sont décrites et figurées ; l'auteur y voit la cause manifeste productrice drole et compare le fait aux épanchements de la plèvre et du péritoine.
Beck (1903) pratique l’autopsie de cinq cas diagnostiqués méningites séreuses. Dans les trois cas avec examen histologique les lésions inflammatoires, avec infiltration leucocytaire, gainite péri- vasculaire, prédominaient sur les parois ventriculaires.
Des cas cliniques de Marfan, Aviragnet et Detot (1904), de d'Espine (1905) sont aussi d'un grand intérêt.
Dans le groupe des pseudo-tumeurs cérébrales publiées de différents côtés on trouve des cas fort explicites d'inflammation ventriculaire : Mocquin- (1905) « pseudo-tumeur cérébrale par empyème ventriculaire ». Il n'en est pas de mème des cas de Nonne, Vorkastner (1905), Bonhæffer (1906), Knauer (1907), Stetz (1907), d’une interprétation souvent difficile, à moins qu’il ne s'agisse de gliomes histologiquement décelables : l'expression de pseudo-tumeur n'ayant alors de sens que si on se borne à l'examen macroscopique.
Duret (1905) admet au diagnostic ie tumeurs cérébrales l'existence d’ « hydropisie Ne » due à de l’épendymite aiguë ou chronique, avec périartérite des petits et gros vaisseaux ou à l'oblitération de l'aqueduc de Sylvius par épendymite.
Weber (1906) discute dans un mémoire documenté la pathogénie des hydrocéphalies acquises.
Oppenheim (1908) range dans son chapitre Hydrocéphalie ac-
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guise presque tout ce qui à trait aux méningites séreuses, indiquant par là que ces affections sont surtout des affections ventriculaires et que c'est l'hypertension ventriculaire qui en constitue le côté le plus particulier.
Nous n'avons indiqué dans cet historique que les principaux travaux relatifs aux méningites séreuses, hydrocéphalie acquise, méningite ventriculaire, pseudo-tumeur cérébrale ou plutôt, les travaux qui indiquent plus particulièrement une infection ventriculaire.
Nous diviserons donc l'étude anatomo-pathologique des lésions épendymaires aiguës en épendymites purulentes ou séropurulentes et en épendymites séreuses suivant que le contenu des ventricules contient du pus ou seulement un liquide clair.
Les cavités ventriculaires peuvent s’infecter par les méninges : l'épendymite coexiste alors souvent avec la méningite aiguë, il y à méningo-épendymite, ou bien elle peut succéder à la méningite, persister seule et évoluer pour son propre compte. Les ventricules et les parois épendymaires peuvent aussi s’infecter directement par la voie carotidienne {cas expérimentaux). Enfin l'épendymite peut résulter de la rupture intraventriculaire d’un abcès cérébral. La distinction de ces types très intéressante à différents points de vue ne légitime pas de descriptions spéciales au point de vue anatomo-pathologique et nous les réunirons dans ce chapitre.
$ 2. — Ependymites purulentes et séro-purulentes. 1. — L'épanchement ventriculaire.
Epanchement purulent. — Nous ne l'avons vu noté que rarement. Dans une observation de d’Astros, chez un enfant qui vécut quarante jours après avoir présenté des convulsions et une augmentation considérable du volume de la tête : les ventricules
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étaient pleins de pus et les méninges saines, on pu recueillir 200 centimètres cubes de pus.
Leids au cours de la méningite de la base a presque toujours trouvé de l'hydrocéphalie avec liquide trouble et parfois purulent.
Epanchement séro-purulent. — Comme nous l’avons dit, il s’agit dans la plupart des cas de liquide séro-purulent. Dans ce liquide flottent des flocons fibrino-purulents qui ont tendance à se déposer dans les parties déclives. On les retrouve dans les cornes occipitales particulièrement, ou dans le troisième et le quatrième ventricule ; ils peuvent contribuer à obstruer les trous de Monro, l’aqueduc de Sylvius. la partie inférieure du quatrième veniricule.
Dans un cas que nous avons observé (cas 1) ils étaient sou-
vent volumineux, gros comme une olive, d’une couleur blanc jaunâtre, assez concrets pour qu'on ait pu les fixer, les inclure et les couper comme un fragment d’organe. [ls étaient constitués par des polynucléaires abondants, dégénérés, formant la majorité des éléments, ces globules de pus étaient mélangés à des macrophages géants à protoplasma vacuolisé et contenant jusqu'à 5 et 6 cellules phagocytées. Ces leucocytes étaient englobés dans un stroma fibrineux, les microbes étaient très rares (méningocoques prenant le Gram).
- La coloration du liquide dans ces cas n’est pas celle du liquide normal ; il est jaunâtre, jaune verdâtre, louche. Parfois le liquide est clair, mais il est toujours riche en fibrine, phénomène en rapport avec le caractère inflammatoire de Fexsudation. La densité est augmentée.
Epanchement hémorragique. — Le liquide peut ètre hémorragique dans certains cas. Marfan, Aviragnet et Detot ont fait des ponctions ventriculaires au cours de « méningite hémorragique
subaiguë avec hydrocéphalie chez le nouveau-né ». Ils ont pu recueillir-un liquide tantôt rosé, tantôt ocreux. L'absence d'autopsie ne permet pas dans ce cas de dire quelles étaient exactement les lésions, mais cette observation constitue néanmoins un document concernant les inflammations ventriculaires.
Cytologie de l’épanchement. — Les cellules contenues dans
20 ÉPENDYMITES AIGUES ET SUBAIGUES SET se go EE 0 M RSS l'épanchement se sont montrées dans un de nos cas (cas [}, comme nous l’avons vu, surtout constituées par des polynucléaires, généralement altérés (globules de pus) et de grands macrophages. On peut observer tous les modes de réactions cellulaires habituels aux inflammations, suivant l’acuité et la durée du processus. Nous avons cherché, dans les exsudats aigus, à reconnaître les cellules de l'épithélium épendymaire. Cette constatation eût été en effettrès importante. Enidentifiantces cellules par exemple,dans le liquide céphalo-rachidien recueilli par ponction lombaire,on aurait pu chercher à diagnostiquer, au cours des inflammations des enveloppes des centres nerveux, une atteinte des parois épendymaires desquamées. Les cellules paraissent s’altérer très vite dans les liquides inflammatoires. On les reconnait parfois avec certitude dans les amas cellulaires constatés au voisinage immédiat de l'épendyme, mais il est très difficile de les distinguer des cellules mononucléaires diverses, des cellules migratrices provenant par exemple des plexus choroïdes et qui tombent dans les
cavités ventriculaires (fig. 7, p.42). È
Dans beaucoup de nos cas, nous n'avons pas pu examiner spécialement le liquide ventriculaire. Les constatations que nous avons faites sur les coupes histologiques permettent de combler cette lacune dans une certaine mesure.
Dans les cas aigus, purulents, au cours des méningites à pneumocoques où à méningocoques par exemple, les dépôts sont quelquefois considérables, localisés ou étendus à presque toute la surface du ventricule. Au-dessous d'eux le revêtement épithélial peut être intact ou ne présenter que des altérations peu considérables. Dans d’autres cas, il a disparu et les éléments cellulaires sont accolés à la névroglie ulcérée. Ces sortes d'ulcérations prenuent parfois un caractère hémorragique et on trouve alors mélangés des hématies, des polynucléaires, des cellules de névroglie, des cellules épithéliales altérées. Presque toujours ces exsudats comportent de la fibrine sousforme de réticulum. Les altérations dégénératives font qu'il n’est souvent pas facile de déterminer la nature et l'origine de ces diverses cellules.
Dans les exsudats les microbes sont parfois extrèmement abon-
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dants (pneumocoques). D’autres fois il estimpossible d’en colorer. Les exsudats avec agglomération de cellules se rencontrent avec prédilection dans les portions rétrécies des cavités épendymaires : aqueduc de Sylvius, quatrième ventricule et même épendyme médullaire : dans ce dernier cas, la présence de ces éléments est parfois précieuse pour reconnaître que le processus inflammatoire à descendu jusque-là : les lésions d'épendymite étant à ce niveau d’une interprétation toujours plus difficile.