‹ Étude sur les épendymites cérébralesChapitre 7 sur 45 · Aspect macroscopique des lésions · texte numérisé non relu

Aspect macroscopique des lésions

La paroi des cavités dans les cas aigus est souvent assez bien conservée, c'est-à-dire qu’il n'existe pas de ramollissement épendymaire, entraînant des dilacérations, des décollements, des écorchures du revêtement, comme c’est la règle au contraire dans la plupart des cas de tuberculose.

L'aspect macroscopique des parois dépend beaucoup de l'intensité de l’'épanchement dans les ventricules. Quand cet épanchement a été considérable la surface épendymaire et la zone sous-épendymaire sont imprégnées de liquide et prennent un aspect particulier. C’est ce qui existait par exemple dans un de nos cas (cas [). Les parois ventriculaires sont blanchâtres,elles ont un aspect velouté très particulier, la couche pariétale est de consistance gélatineuse. On-voit les vaisseaux comme obscurcis, voilés par un nuage à demi transparent. Sur cette couche se distinguent des petites ponctuations blanchâtres très fines qui sont soit superficielles, soit un peu plus profondément situées et apparaissent par transparence. Le revêtement est, du reste, fragile : il peut se produire des fissures, s’enfonçant jusqu’à la substance cérébrale ; elles deviennent une amorce pour des lambeaux qui ont tendance à se détacher, entraînant l’épithélium et une petite épaisseur de la névroglie sous-jacente.

Les petites granulations blanchätres correspondent aux nodules inflammatoires généralement périvasculaires.

Quand l’épendymite ne s’est pas accompagnée d'hydrocéphalie considérable (il s'agit alors le plus souvent de cas à évolution

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mo

plus aiguë), le revêtement épendymaire est beaucoup mieux conservé. On peut trouver du pus concret comme nous l'avons dit, déposé sur les parois des cavités : il apparaît alors sous forme de petits placards surélevés, jaunâtres, ou jaune-verdâtre à bords

F16. 1 (Cas 1). — Æpendymite aiguë ventriculaire. ©

Les ventriculres (à droite et à gauche) sont très dilalés. La paroi est œdémateuse, tuméfiée, épaissie. La surface présente un aspect velouté particulier.Cette membrane, de consistance gélalineuse, est parsemée de petites granulations bianchâtres, opalescentes, superficielles ou un peu enfoncées dans l'épaisseur de la couche de revêtement.La surface épendymaire ainsi allérée a tendance à se détacher; à s’arracher par lambeaux.

La méninge corticale, à la convexité des hémisphères, comme à la base, est absolument indemne d’inflammation,.

Les plexus choroïdes, à peine reconnaissables, sont enveloppés dans une coque de tissu fibreux. ; -

nets souvent polycycliques, dessinant des contours en cartes de géographie. Ou bien les épaississements sont plus minces, linéaires, en réseaux. Ces formations sont surtout abondantes dans les endroits déclives, particulièrement dans les cornes occipitales,

ÉPENDYMITES PURULENTES ET SÉRO-PURULENTES 23 — temporales ou frontales. Ces couches de pus s’enlèvent quelquefois facilement, dans d'autres cas, elles adhèrent au tissu sousjacent. Dans un cas (cas IV) d'épendymite aiguë accompagnant une méningite suppurée pneumococcique, il existait dans une corne occipitale une sorte de cratère large comme une pièce de cinquante centimes entourée d'un épais nuire purulent formant une sorte d'abcès En arrière une symphyse inflammatoire

- F1G 2. (Cas IV). — Méningile aiguë à pneumocoque.

Dans la corne occipilale s'est constitué une sorte d’abcès : pus verdàtre formant

cratère. 3 En arrière les parois se sont soudées pour donner une srnluse aiquë se one geant jusqu’à # à 5 centimètres en arrière,

aiguë s'était produite, accolant les parois de la corne occipitale.

‘ L'abcédation cependant n’était pas profonde et l'infiltration par

les polynucléaires ne s’étendait pas beaucoup au-dessous de la

zone d’adhérence entre le pus superficiel et la couche névro-

glique ulcérée.

Dans certains cas on peut rencontrer de petites suffusions hé-. morragiques macroscopiques, mais toujours moins abondantes et

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moins fréquentes que dans les épendymites tuberculeuses. Cet aspect élait réalisé sur les parois ventriculaires d’un chien chez lequel nous avions pratiqué une injection inträventriculaire de culture de pyocyanique (chien n° 2, cas XX VIT).

Une forme particulière {qui existait dans cette épéndymite aiguë expérimentale) consiste dans une apparence non seulement dépolie mais tomenteuse, rugueuse de la surface, rappelant un peu certaines péricardites comparées à l’aspect qu'on obtient en écartant brusquement deux tartines de beurre accolées.

Les plexus choroïdes sont quelquefois congestionnés, mais la plupart du temps ils ne paraissent pas notablement tuméfiés ni augmentés de volume. Dans les cas aigus, purulents, le pus s'accole volontiers à leur surface et s’insinue dans les interstices des sinuosités épithéliales qui.sont ainsi englobées dans une couche de pus plus ou moins épaisse ; peut-être les processus inflammatoires sont-ils plus accentués en ces points en raison de la riche vascularisation, mais la présence du pus s'explique aussi aisément par les conditions uniquement physiques ; les replis épithéliaux constituant des recessus où il est naturel que le pus vienne se loger. | 3

Dans un cas (cas [) où l'épendymite aiguë était très accentuée et où le processus avait duré depuis un certain temps, il s'était formé une couche de tissus organisés, englobant complètement les plexus choroïdes comme dans une coque de sclérose, de telle façon que les replis épithéliaux étaient isolés des cavités et séquestrés latéralement ; les plexus n’apparaissaient plus alors que comme des sortes de cylindres à parois lisses, blanchâtres, et avaient complètement perdu leur aspect normal. Ceci n'avait pas empêché l'inflammation de se propager dans les cavités ventriculaires remplies de séro-pus.

Nous insistons sur ce point pour montrer que, dans certains cas tout au moins, les plexus n’ont pas un rôle prépondérant dans la genèse des processus inflammatoires : il n’y a pas méningite ventriculaire,choroïdite, mais inflammation pariétale, généralisée et les plexus ne se comportent pas autrement qu'un point quel-

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conque de la paroi du ventricule. Nous pensons cependant qu’au début de l'inflammation, au moment de l'infection de la cavité cérébrale par les germes, les plexus jouent un rôle considérable.

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