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ÉPENDYMITES SÉREUSES Ë
des tissus de l’hydrocéphale-et déterminées par un traumatisme, comme par exemple dans le cas de Welter. Il existait au niveau du ventricule droit une brèche conduisant dans un foyer hémorragique. L'épendyme était jaunâtre par place. Dans les cas de Senna il y avait des hémorragies récentes du plancher du quatrième ventricule.
$ &. — Ependymites séreuses à évolution suhaiguë ou , lente, de caractère inflammatoire.
Les épendymites que nous rangerons dans ce groupe sont intermédiaires aux précédentes où l'inflammation aiguë est manifeste, et les épendymites chroniques où des caractères de lésions inflammatoires en activité n'existent plus en général, remplacées par des processus de sclérose de nature névroglique ou d’origine vasculaire. |
Elles sont caractérisées par des lésions dont les caractères inflammatoires sont indiqués principalement par des réactions cellulaires diffuses et par des amas leucocytaires autour des vaisseaux et dans leurs gaines. Il existe naturellement tous les intermédiaires entre les épendymites purulentes et ces épendymites à évolution lente et à caractères inflammatoires plus atténués. Il est probable également que de telles lésions peuvent aboutir à une épendymite chronique et en particulier à La sclérose névroglique sous-épendymaire qu'on trouve dans les pachyépendymites.
On peut appeler ces épendymites séreuses, car elles se rencon- {rent au cours d’états pathologiques où se produit de l'hypersécrétion de liquide séreux et une distension ventriculaire par ce liquide. Cependant, dans les cas où setrouvent réalisés ces phénomènes, cas diversement dénommés par les auteurs : méningites séreuses, méningites ventriculaires, hydrocéphalies acquises,pseudo-tumeurs cérébrales,on ne rencontre pas toujours de ces lésions inflammatoires épendymaires. On peut constater
des lésions d’épendymite chronique par exemple, de telle sorte
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que ces lésions chroniques pourraient, elles aussi, être appelées
épendymites séreuses.
D'autre part les lésions inflammatoires atténuées, d'allure lente ou subaiguë que nous envisageons sont rarementles seules lésions cérébrales qui existent : ontrouve par exemple des lésions des plexus choroïdes, de la leptoméningite ou de l’encéphalite diffuse qui ont contribué à la réalisation du syndrome anatomoclinique de l’hydrocéphalie acquise. Si bien que dans tous ces cas le rôle et l'importance. des lésions épendymaires doit être discuté. C'est ce que nous ferons dans un chapitre ultérieur.
A propos des épendymites séreuses, on doit encore parler des hydrocéphalies bilatérales ou unilatérales provoquées par des oblitérations inflammatoires du trou de Monro, de l’aqueduc de. Sylvius, de la partie inférieure de 4° ventricule. Ces lésions ont été étudiées comme complications des épendymites aiguës. Il est probable en effet qu'il faut un processus inflammatoire assez intense, au moins à un moment donné, pour provoquer de ces oblitérations. j
Quoi qu'il en soit, les documents actuels sont suffisants pour permettre de penser qu'un certain nombre d'aflections caractérisées par une hypertension ventriculaire à liquide séreux sont dues à une altération inflammatoire épendymaire. Dans beaucoup de cas, les examens histologiques sont négligés ou ne portent pas sur les parois épendymaires Il est probable qu ils auraient, dans un assez grand nombre de circonstances, montré la présence de lésions qui ne peuvent être appréciées sûrement que sous le microscope.
Dans un cas de Rilliet, la membrane ventriculaire présente un aspect gélatineux, elle a un demi-millimètre d'épaisseur, sa consistance est augmentée, il est possible de la détacher par lambeaux. | Rappelons quelles étaient les conclusions de ce mémoire, intitulé d’une façon fort explicite : « De l’inflammation limitée à la
ÉPENDYMITES SÉREUSES membrane séreuse ventriculaire et sur sa terminaison par une hydrocéphalie chronique ».
1° La membrane qui tapisse les ventricules peut être enflammée sans que l'arachnoïde et la pie-mère périphériques participent à l'inflammation ; 2° cetle méningite est caractérisée par de la céphalée, des vomissements, de la constipation, une fièvre assez intense, puis par des convulsions répétées sans altérations de l'intelligence ; 3° la phlegmasie peut se terminer par une hydrocéphalie chronique : la déchéance de l'intelligence et plus tard l'idiotisme en sont les symptômes ; 4° dans cette forme d'hydrocéphalie. le liquide épanché est fortement albamineux.
Des documents précis nous sont fournis par Beck après examen histologique de cas diagnostiqués cliniquement méningites séreuses. Dans ces cas, les lésions inflammatoires étaient nettement prédominantes sur les parois ventriculaires : il existait cependant aussi un léger degré de méningite et même d'encéphahte.
Ces faits montrent qu'une hypersécrétion et une hypertension consécutives ont souvent comme cause des inflammations méningo-épendymaires à prédominance épendymaire. Ce point est d'un gros intérêt dans l'interprétation des affections désignées, surtout en Allemagne, sous le nom de méningites séreuses dont la pathogénie est entourée d'obscurités.
Les quatre autopsies pratiquées par Beck concernaient toutes
des enfants. Le syndrome clinique était constitué par des signes
d’'hypertension intracrânienne : céphalée, vomissements, somnolence, convulsions, névrite optique ou stase papillaire dans les quatre cas; constamment les sutures étaient distendues et les fontarelles saillantes ; la fièvre était toujours peu élevée et fugace, l’évolution lente. Le liquide cérébro-spinal prélevé par ponction lombaire ou ventriculaire était clair, de densité peu élevée, sous pression considérable, ne renfermant que très peu de cellules et pas de microbes.
À l’autopsie les ventricules avaient une paroi distendue, trouble, parfois grenue, tuméfiée, recouverte dans certains cas d’un léger exsudat fibrineux Dans les trois cas examinés microscopiquement, les lésions épendymaires étaient manifestement ce qu'il y
58 ÉPENDYMITES AIGUES ET SUBAIGUES php D avait de plus accentué ; caractérisées par une infiltration cellulaire sous-épendymaire et périvasculaire. Les cellales épithéliales étaient fréquemment dégénérées : atteintes de tuméfaction trouble, proliférées, desquamées sur des surfaces étendues. Du reste, ilexistait aussi, comme nous l'avons dit, une légère infiltration péri-vasculaire dans le cerveau et diffuse dans lé méninges molles. Les plexus étaient un peu congestionnés et légèrement infiltrés de cellules rondes. | « L'épendyme, dit Beck, est décrit comme peu atteint par les auteurs. Nous avons cependant rencontré les lésions bien particulières que nous venons de décrire. On doit parler dans ces cas d’épendymite et non de méningite ventriculaire. »
Dans une observation de Parkes Weber, intitulée //ydro-
céphalie interne de l’adulte, chez une femme de 28 ans, on trouve à l’autopsie une distension considérable des ventricules remplis par un liquide clair et jaillissant sous tension. L’épendyme paraît seulement épaissi macroscopiquement. [l n'existe pas de méningite. Les plexus choroïdes sont peu altérés Les lésions de l'épendyme sont au contraire manifestes, et l’auteur en donne même deux bonnes figures dans son travail. Elles sont caractérisées par de l’infiltrationleucocytaire surtoutmarquéeautourdes vaisseaux, des cellules rondes remplissant les gaines. L'auteur admet qu’une distension chronique des cavités ventriculaires peut se comporter dans certains cas comme une cause irritative capable de provoquer des réactions cellulaires, mais non d'aussi accentuées. L'hydrocéphalie, dans un cas de cette nature, est de nature inflammatoire incontestablement, Parkes Weber la compare aux épanchements de la plèvre et du péritoine, il fait remarquer combien la théorie angio-neurotique de Quincke est sujette à discussion, et pense que dans beaucoup de cas de cet ordre un examen histologique complet aurait montré des lésions inflammatoires au moins localisées à quelque point des parois.
Haushelter et Thiry pensent que dans l’hydracéphalie, d’une façon générale, il n’est pas assez fait de place à l'infection Ils intitulent un de leurs cas « méningite séreuse à pneumocoques avec hydrocéphalie chez un enfant de seize mois : lésions microsco-
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piques des couches optiques et des plexus choroïdes ». Ils décrivent et figurent dans la zone sous-épendymaire une infiltration cellulaire diffuse et des amas leucocytiques da ns les gaînes périvasculaires.
Ces faits ont une certaine valeur en présence de la pauvreté des documents concernant l'anatomie pathologique de la méningite séreuse. Dans dix sept cas de Quincke rapportés dans son pre-
= mier et son second mémoires l’autopsie a été faite sept fois : il n'existe que des examens macroscopiques de l'épendyme, ce qui ne permet de tirer aucune conclusion ferme sur leur intégrité où sur leur participation au processus pathologique. Voici quelles étaient les constatations macroscopiques :
Dilatation ventriculaire dans tous les cas.
Ependyme lisse et d'apparence normale : une fois.
Epaississement de l’épendyme : deux fois. sà
Ependyme granuleux : trois fois.
Dans un cas (nouveau-né) l’épendyme des ventricules était visqueux, épaissi, se détachant par membranes de la substance cérébrale macérée ; de plus, l'aqueduc de Sylvius était oblitéré. Il est probable qu'il s'agissait là d’un état inflammatoire en activité.
Citons encore Joslin (hydrocéphalie intense après méningite) qui trouve un épendyme velouté, épaissi. Burr et Mac Carthy (hydrocéphalie interne aiguë) qui ont constaté, avec de l'hypertrophie de la névroglie, de l'infiltration sous-épendymaire.
Frænkel, parlant de la méningite séreuse aiguë, déclare que l’épendyme est en général trouble, épaissi, et qu'il existe au microscope des lésions épithéliales : tuméfaction trouble, prolifération, chute.
Dans un cas personnel (cas 1[) nous avons constaté, au cours de méningo-épendymite subaiguë, une distension unilatérale des
- ventricules cérébraux (contenant trois fois plus de liquide que le ventricule opposé). Gette dilatation avait produit des convulsions dans le côté correspondant : il s'agissait d’épanchement séreux. C'est un cas à ranger dans le groupe des méningo-épendymites séreuses. Il existait histologiquement une infiltration des ménin-
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ges molles par des cellules mononucléaires ; l'épendyme présentait une distension œdémateuse des mailles névrogliques, de la desquamation des cellules épithéliales, des granulations peu riches en cellules, des plissements de l’épithélium et des ébauches de végétations en cul- de-sac.
En résumé les épendymites séreuses à évolution lente ou subaiguë ne semblent différer des aiguës, séro-purulentes, ou purulentes, que par le moins d'intensité des lésions. On conçoit que tous Le intermédiaires soient possibles.
Ces lésions sont caractérisées par des altérations épithéliales de surface (plissements, proliférations, lésions cellulaires), mais surtout par des réactions cellulaires sous-épendymaires : infiltration diffuse par des cellules rondes, multiplications des cellules de la névroglie, amas de leucocytes dans les gaines périvasculaires. C’est toujours cette gainile périvasculaire qui paraît la lésion la plus importante et la plus constante.
Elles paraissent être liées souvent à des lésions méningées et même encéphaliques qui rendent plus complexe l'interprétation des faits.
Parfois les lésions épendymaires de caractère inflammatoire subaigu sont les seules constatées (Parkes-Weber) ou sont nettement prédominantes (Beck, par exemple).
En tout cas elles ont une HRpORAURE considérable dans la genèse d'une partie de ces affections qu’on peut réunir sous la Fe. mination d’hydrocéphalies acquises de cause inflammatoire.