‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 100 sur 250 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

en laquelle i'iiy veu plusieurs hommes si extrêmes, (jue, trois ou quatre iours aprez, on retrouvoit encores eu leur pochette les lettres toutes closes qu'on leur avoit envoyées. le n'en ouvris iamais, non seulement de celles qu'on m'eust commises, mais de celles mesmes (juc la foituiie m'eust faict passer par les mains; et foys conscience si mes yeulx desrobhent, par mesgarde, quelque co^jnoissance des lettres d'importance qu'il lit quand ie suis ù costé d'un grand. Iamais homme nes'en(|uit moins et ne fureta moins ez affaires d'aultruy.

Pourquoi Montaigne nous dit-il qu'il n'ouvrit jamais une lettre qui n'était pas à son adresse? On était donc bien curieux de son temps ! Peut-on se vanter de n'avoir jamais fait une chose qui est trèsblâmable?

Du temps de nos pères, monsieur de Boutieres cuida perdre Turin poiu-, estant en bonne compaignie à souper, avoir remis à lire un advertissement qu'on luy donnoil des trahisons qui se dressoient contre cetle ville, où il commandoit. Et ce mesme Plutarque m'a apprins que Iulius Gaesar se feust sauvé, si, allant au sénat le iour qu'il y feut tué par les coniurez, il eust leu un mémoire qu'on luy présenta : et faict aussi le conte d'Archias, tvran de Thehes, (pie, le soir, avant l'exécution de l'entreprinse que Pelopidas avoit faicte de le tuer pour remettre son pais en liberté, il luy feut escript par lui aultre Archias, Athénien, de poinct en poinct, ce qu'on luy preparoit; et que ce pacquet lui avant eslô reudu peiid.îiii son souper, il

ITS KTTDE SUR LES ESSAIS DE NrOMAICNE.

reineit à rouvrir, disant oe mot, qui dejuiis passa en pro- \erbe eu Givce : ^ .V ilcuiaiii les affaires. •>

r.îTAïMTRi: V.

UK LA CONSCILNCL.

La 0(iiiscienre est au-ilessus do la volonté hiiniaino. Personne n'en cltMite. Mais il v a une foule de gens (|ui l'ont mauvaise et (jni n\'n sont nullement trou- I»lés. La conscience! Le remords! .le ne vondrais jias me poser en pliilos(^j>lie morost^ (jni ne voit partout qtu^ du mal; mais il me seud)le L|ue ce sont là de vieux mots (|ui sont Ixms pom' les livres de morale el n'ont pn'Sipie plus il'emploi ihins la vie pratique. Aussi ce ciuijuième chapitre est-il beaucoup trop classicpie pom" notre temps. H n'en commence pas moins par un rt'cit excellemment tait :

Vovajjeant lui iour, mon Irere siour île La Brousse et mov, durant nos j^;uerres ii\iles. nous reucoutrasuies un jjentilhounne de honue hu'on. Il estoit du partv contraire au nostre: mais ie n'eu seavois rien, car il se contrefaisoit aullre : el le pis de ces }|uerres. c'est que les chartes sont si meslees. vostre iMuiemv uostant distiuîjué d'avecques vojis daulcune maiiiue a|iparenie. iiv de lau!;a!;t\ nv de port, uourrv vu mesmes loix, mœurs et nusme air. qui]

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