‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 113 sur 250 · T.IV?,K SECOND · texte numérisé non relu

T.IV?,K SECOND

Dans les extraits (|ne je vais faire de ce chapilrc, la pensée de Monlai{;iie se présente dégagée des mvnagenients (|ii il chiil ()l)ii{|(! de prendre, ,1'ai cru pouvoir les laisseï' (K; coLc; et citer seulement cv cpi'il a surtout voulu dire :

Si nous tenions à Dieu par rcnlreuiisc d'inu' fciv

vifve; si nous tenions à Dieu par hiv, non paruoiis; si nous avions vui pied et un fondement divin : les occasions Inniiaincs n'auroient pas le pouvoir de nous csbransler connue elles ont; nostre fort ne seioit pas pour se lendre à une si foible I)atterie; l'amour de la nouvelleté, la con- (rainctedes princes, la foinie fortune d'un partv, le cliangement téméraire et fortuite de nos opinions, n'auroient pas la force de secouer et altérer nostre croyance; nous ue la lairrions pas troubler à la mercy d'un nom el ar;)nment, et à la persuasion, non pas de toute la rbetorique qui feut oncques; nous sousiiendrions ces flots, d'une fermeté inilexible et immobile : Si ce ravon de la divinité nous touchoit aulcunement, il v paroistroit partout; non seulement nos paroles, mais encores nos opérations, en porteroient la lueiH' et le lustre; tout ce qui partiroit de uous, on le verroit illuuiiné de cette uoble clarté.

le veois cela évidemment, qiu; nous ne prestons volontiers à la dévotion que les offices qui flattent nos passions : il n'est point d'hostilité excellente comme la chrestieinu,' : nostre zèle faict merveilles, quand il va secondant nostre pente vers la haine, la cruauté, l'ambition, l'avarice, la detraction, la rébellion; à contrepoil, vers la ^bonté, la

benifjnité. la tempérance, si, coirnne par miracle, (piel-

[lie rare complexinn ne l'y porte, il ne va ny de pied, ny l'aile. Nostre rel!(;ion est faicte jionr extirper les vices : e les couvre, les nourrit, les incite.

En temps de f;iioi res relijjieiises, comme au seizième siècle, ce pessimisme est vrai; mais il ne le seiait pas (Il tout temps , Dieu merci. A cela Montescjuieu rc'poiid : « Dire que la relijjion n'est pas un uiotif " réprimant, parce (ju'elle ne réj)rime pas toujours, " c'est dire que les lois ci\ iles ne s(jnt pas un molil » réprimant non plus. C'est mal raisonner contre la » leli'Mon, de rassembler une lonjjue énumération des " maux (pi'elle a produits, si l'on ne lait de même " des biens qu'elle a laits. »

Les mis (but accroire au monde qu'ils cioveiit ce qu'ils ne cro veut pas; les aultres, en plus [;rand nombre, se le ((iut accroire à eulx nlesnu^s, ne .^çacbants pas pénétrer ijiie c'est que croire.

Dieu doi])t son socoiu's extraordinaire à la foy et à la rcjijjion, non pas à nos passions : les liommcs y sont conducteurs, et s'y servent de la reli{jion; ce debvioit estre lout le contraize.

Le philosoplie Antisthenes, comme on l'initioit aux mystères d'Orpbeus, le presbtre lui disant que ceulx qui se \(nioient à celte religion avoieiit à recevoir, aprez leur mort, des biens éternels et parfaicts : ., Pourquoy, si tu b'

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