‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 12 sur 250 · DU PARLER PROMPT, OU TARDIF · texte numérisé non relu

DU PARLER PROMPT, OU TARDIF

One ne fui rut n lonts loulos {jraces doiineL'S '.

Aussi vcoyous nous (|u'au dou d'éloquence, les uns onl la facilité et la promptitude, et, ce qu'on dict, le boutehors si aisi'-, qu'à cbasque bout de cbaiiip ils sont prests; les aullres, plus tnidil>;, ne parlent iamais rien qu'élaboré et prémédité Il seuible ([ue ce soit plus le propre de l'esprit d'avoir son opération prompte et soubdaine; et plus le propre du iugement, de l'avoir lente et posée

On recite de Severus Cassius, (ju'il disoit mieulx sans y avoir pensé; qu'il debvoil plus à la fortune qu'à sa diligence; qu'il luy veuoit à proufit d'estre troublé en parlant; et que ses adversaires crai^^noyent de le piccjucr, de peui- que la cbolere ne luy feist redoubler son éloquence.

Nos orateiiis parlementaires nous offrent (|uelt|ucs exemples, assez rares du reste, de ces mouvements d'éloquence que provo(juent les interriqjtions. Elles n'en sont pas moins un puissant moyen d'opposition dont on use trop souvent sans convenance et sans houTiefoi, parce que, presque toujours, elles troublent

* Ci; vers est de La Roétie. Montalfjnc n'a fait que des vris latins.

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