‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 150 sur 250 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

coup d'espee à l'ennemy que ie verrois attaché à Vuu des iiostres, do pareil advantage.

Il faut avoiuM- qu'eu ce temps-là les repliements (Ml uiatière de duel étaient véritablement barbares et odieux.

Monlaij'jne parle ainsi de l'escrime :

le sçais bien que c'est un ail utile à sa fin iiiesme ,

et art, comme i'ay co{;iicu par expeiicnce, duquel la coguoissauce a grossi le cœur à aulcuus oultre leur mesure naturelle; mais ce n'est pas proprement vertu, puis qu'elle tire son appuy de l'addresse, et qu'elle prend aul- Ire fondement que de soy mesme.

Les buttes, les tournois, les barrières, l'image des combats guerriers, estoient l'exercice de nos pères : cet aultre exercice est d'autant inoins noble, qu'il ne regarde qu'une fin privée; qui nous apprend à nous eiilrcriu ner, contre les loix et la iustice, et qui, en loiitc Licoii, piftduict tousiours des effects dommageables

Montaigne dit avec raison que c'est la peur qui fait les tyrans et qui les pousse à la cruauté. Des tyrans! ou n'en voit plus guère. Le dix-neuvième siècle ne leur sourit pas. Il y en avait encore dans les vieux mélodrames; mais le public n'eu veut plus, à moins qu'ils ne le fassent rire.

Qui rend les tvraiis si sanguiuaires, c'est le soiiig

de leui- seiireté, et tpic leur lasche cœur ne Icin- fournit

284 ÉTTTDE SUR LES ESSAIS DE MONTA If; NE.

tranltros nioveiis de s'asseiirer, (|iren extorminaiit criilx qui les jx'nvont off(>ns('i-, insques aux foiinii(\s, tle peiii (Tu ne cs[fratiyneiire :

Ciincta li'iii, (liiiii ciiiicla limct '.

Les premières criiantez s'exercent pour elles mcsmes; de là s'cii(;eudi(' la erainle (riinc inste rexeiiclie, (|ni pro- (liiict aproz une eiifileiirc de iioiixclles rrnaiilez, poni- les estouiïer les iiiies par les aultres

Cette même pensée est lulmiraMenieiil (lé|)einte dans le (jiuitiième acte de Brilannicits , ou linrrlms dit à Néron :

^Tais si de vos flattems vous suivez la maxime,

Il vous faudra, sei;;iieiir, coiuir de eriuie en crime;

Soutenir vos lipiicurs pai' d'autres cruautés,

Va lavei' dans le san;; vos l)ras ensan{}lantés.

iiiilaiiiiicus mourant cxcilna le zèle

De >es auiis, loul picis a prendre sa (pieiclle.

Ces veujjeuis ti<)u\(Toul de uouxcaiix défenseurs,

(jui. MÉeme apies jeuf murl, auioul des successeiu-s.

N'ous allumez nu len (pii ue poinia s'éteindie,

Ciainl de lout riuiivcis, il \oirs fnidra toul craindre;

Toujours punir, toujours Ireudjler dans vos projets,

Ct pour \os ennemis complet tous nos sujets

Montaijpie et lîaciiH' ont (pielqne |»en imite'' ce ])assa{;(' du l railc de la c/rnifucc de SéiHHjne : « Ce » (Hiil \ a, dit-il, d(.' plus lunesle dans la crnaiité,

' Il ri'iiiiMc 1(1 II. I :irc.' (111 II ( i:iiiil lonl. Ti M iiir\.

Page 1