LIVRE P REMI El
N'v n'entendent les stoïciens que l'ame de liMir sa^'e puisse résister aux premières visions et fantasies qui lny surviennent; ains, comme à subiection naturelle, consentent qu'il cède an {jrand bruit du ciel ou d'une ruvne, pour exemple, iusqucs à la pasleur et contraction, ainsin aux aultres passions, pourveu que son opinion demeure saulve et entière, et que l'assiette de son discours n'en souffre atteinte uy altération quelconque , et qu'il ne preste nul consentement à son effroy et souffrance. De celuy qui n'est pas snjje, il en va de mesme en la première partie; mais tout aultreinent en la seconde; car l'impression des passions ne demeure pas en luy superficielle, ains va pénétrant iusques au siège de sa raison, l'infectant et la corrompant; il iuye selon icelles, et s'v conforme. Veoyez bien disertement et plainement Testât du sa^je stoïque :
Mens iinmota mniiet ; lacrvinae volviintnr inanes '.
Le sage peripateticien ne s'exempte pas des perturbations, mais il les modère.