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sa^jo crun (MirliaulL'iiienl inajjicieii, que do science solide. le laisse à part le uonibie impair de leurs pillules, la deslination de certains iours cl (esles de l'année, la disliiiction des heures à cueillir les herbes de leurs in{;redients, et celte (;rimace reharhatilve et prudente de leur poit et contenance, dequoy Pline rnesme se mocque. IVIais ils ont (ailly, veulx ie dire, de ce qu'à ce beau commencement ils n'ont adiouté cecy, De rendre leurs ass(Miil)lees et consul talions jdns religieuses et secrètes : aulcun homme profane n'y deb\oif avoir accez, non plus qu'aux secrètes cerimonies d'Aescnlape; car il advient de cette faulte, que leur irrcsolulion, la foiblesse de leurs arfjuments, divinations et fondements, l'aspreté de leurs contestations, pleines de haine, de ialousie, et de considération particulière, venants à estre descouvertes à un chascnn, il fault estre merveilleusement aveugle, si on ne se sent bien bazardé entre leurs mains. Qui veid iamais médecin se seivir de la recepte de son compaignon, sans y retrenchei' ou adionster quelque chose? ils trahissent assez par là leur art, et nous font veoir qu'ils y considèrent plus leur réputation, et par conséquent leur proufit, que l'interest de leurs patients. Celny là de leurs docteurs est plus sage, qui leur a anciennement prescript qu'un seul se mesle de traicter un malade : car s il ne faict rien qui vaille, le reproche à l'art de la médecine n'en sera pas fort grand, pour la faulte d'un homme seul; et au lebours, la gloire en sera grande, s'il vient à bien rencontrer : là où quand ils sont beaucoup, ils descrient à touts les coups le mestier; d'autant qu'il leur advient de faire plus souvent mal que bien. Ils se debvoient contenter du perpétuel desaccord qui se treuve ez opinions des principaux maistres et aucteurs anciens de cette science.
lequel n'est co(;neu que des hommes versez aux livres, sans faire venir encores au peuple les controverses et inconstances de iugement qu'ils nourrissent et continuent entre eulx.
Le Médecin nuilgi'i' lui, Dnii Juan et /'Amom- médecin contiennent des iinit;itions de ces divefs frajjments. Citer Molière après Montai(jiie, c'est, il me semble, traiter royalement ses lecteurs.
Lisez la première scène dn troisième acte de Don Juan, ou plutôt, pour votre très-{jran(l plaisir, lelisez la pièce tout entière.
DON JUAN, à Sganarflle.
Et quels remèdes leur as-tu (^irdonnés?
sganaiu;lle.
Ma foi, monsieur, j'en ai pris par où j'en ai pu attraper; j'ai f.iit mes ordonnances à l'aNcnture; et ce seroit une chose plaisante si les malades [;uéiissoient, et qu'on m'en vint remercier.
l>ON JUAN.
Pourquoi non? Par ijuelle "raison n'aurois-lu pas les mêmes privilégies ({u'ont tous les autres médecins? Ils n'ont pas plus de part que toi aux (juérisons des malades, et tout leur art est pure (jrimace. Ils ne font que recevoir la gloire des heureux succès : et tu peux pioiiter comme eux du bonheur du malade, et voii- attribuer aies remèdes tout ce qui peut venir (b's Ivivrur.s du hasard et des forces de la nature.