LIVRE SECOND
On trouve aussi plusieurs imitations dans la troisième scène du troisième acte du Malade imaginaire. J'en ai cité un fragment, page 63.
Rabelais ne raffolait pas des me'decins ; mais il en parle d'une façon bouffonne, rien de plus. Pantagruel considère que « leur estât est fascheux par trop » et melancliolique, et qu'ils sentent les clysteres » comme vieux diables. »
On s'est beaucoup récrie contre les appréciations sévères qui occupent plus des trois quarts de ce chapitre. Elles ont pu être en partie fondées, dit-on ; mais certes elles n'ont plus aucune valeur aujourd'hui. Tout est-il donc changé? La science médicale a-t-elle marché du même pas que les autres sciences? Je n'en crois rien, et, à quelques concessions près, le scepticisme qui s'appuie sur Montaigne et sur ^lolière n'a pas cessé d'avoir raison. Sans doute la médecine a dû renoncer depuis longtemps déjà à la magie, à l'alchimie, h l'astrologie et aux pratiques superstitieuses. Elle y a perdu quelques bons profits, mais elle ne pouvait résister au progrès des idées. Ainsi les médecins ne parlent plus latin, s'habillent comme tout le monde et ne nous font plus
rire, tant sans faut ! Seulement ils ne savent pas mieux guérir qu'autrefois. Gardons-nous de leur en faire reproche et de nous brouiller inutilement avec eux. A une science purement conjecturale il ne faut pas demander l'impossible.