‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 195 sur 250 · LIVRE TP.OISIKME. HTl · texte numérisé non relu

LIVRE TP.OISIKME. HTl

que l'amour, et nous voulons qu'elles y résistent seules.

Geiilx iiiosiiie d'entre nous qui ont essayé d'en ve-

nii" à bout, ont assez ad voué quelle difficulté, ou plustosl impossibilité, il y avoit ; usant de remèdes matériels, à mater, affoiblir et refroidir le corps : nous, au contraire, les voulons saines, vigoreuses, en bon poinct, bien nouiries, et chastes ensemble; c'est à dire, et cbauldes et froides; car le mariage que nous disons avoir charge de les empescher de brusler, leur apporte peu de refreschissenient, selon nos mœurs : Si elles en preinient un à qui la vigueur de l'aage boult encores , il fera gloire de Tes-

pandre ailleurs Si c'est de ces aultres cassez, les voylà,

en plein mariage, de pire condition que vierges et veufves ....

le ne sçais si les exploicts de César et d'Alexandre

surpassent en rudesse la resolution d'une belle ieune femme, nourrie en nosfre façon, à la lumière et commerce du monde, battue de tant d'exemples contraires, et se maintenant entière au milieu de mille continuelles et fortes poursuittes. Il n'y a point de faire plus espineux qu'est ce non faire, n\' plus actif : ie treuve plus aysé de porter une cuirasse toute sa vie, qu'un pucelage; et est le vœu de la virginité le plus noble de touts les vœux, comme estant le plus aspre : Diaboli virhts in luinbis est, dict sainct lerosme.

Montaigne a traduit ainsi dans une note écrite en marge d'un exemplaire corrigé de sa main , cette citation de saint Jérôme : car la vertu du diable est

aux 7'oignons. Cela veut dire dans les reins. Saint Jérôme eut là une idée drolatique singulièrement exprimée.

Est-il bien nécessaire de voiler les statues où le nu mytholo(;ique règne sans partage? Montaigne ne le pense pas, et la raison qu'il en donne est assez plaisante :

Ce bon lioumie qui, en ma ieuaosso, chastra tant

de belles et antiques statues en sa grande ville, pour ne corrompre la veue, suyvant Tadvis de cet aultre ancien bon iiomme ,

Flajjilii |>rliici|)lniu l'St , niulare intcr cives corjioia * :

se debvoit adviser, comme aux mystères de la bonne déesse toute apparence masculine en estoit forclose, que ce n'estolt rien advancer, s'il ne faisoit encores cliastrer et chcvaulx , et asnes, et nature enfin :

Onine adeo {joniis in terris, hominuinque, ferarumque, Et genus irquoreuni, pecudes, pictieque volncres, In (luias ij;iiein(|iie niuiil-.

Les observations qui suivent sont très-fines, trèsjudicieuses. Idles ne pouvaient être faites que par

' C'est une cause de dérèglements que d'étaler en public des nudités. Ennius.

- Ainsi, tout ce qui vit sur la terre, les hommes, les hètes fauves, les poissons, les troupeaux, les oiseaux baiiolés, se livrent aux hueurs et aux feux, de l'amour. Viticile.

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