‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 205 sur 250 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

de ma personne; rasseureroit ma contenance, à ce que les grimaces de la vieillesse, ces grimaces difformes et pitoyables, ne veinsseni à la corrompre; me remetlroit aux ostiides sains et sages, par où ie me peusse rendre plus estimé et plus aimé, ostant à mon esprit le desespoir de soy et de son usage, et le raccointant à soy; me diveitiroit de mille pensées ennuyeuses, de mille chagrins mc- Jauchollques que l'oysifveté nous charge en tel aage, et le mauvais estât de nostre ^anté; reschaufferoit, au moins eu songe, ce sang que nature abandonne; soubtiendroit le menton, et allongeroit un peu les nerfs et la vigueur el alaigresse de la vie à ce pauvi'e homme qui s'en va le (frand train vers sa ruyne.

Cette plainte éloquente, tout imprégnée de passion qui bmle encore, fait penser aux regrets si poétiquement exprimés par la Fontaine dans la fable des Deux Pigeons :

Hélas! quand reviendront de semblables moments! Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète! Ah! si mon cœur osait encor se renflammer! Ne sentirais-je plus de charme qui m'arrête? Ai-je passé le temps d'aimer?

Mais i'entends bien que c'est une commodité fort mal aysee à recouvrer : par foiblesse et longue expérience, nostre goust est devenu plus tendre et plus exquis : nous demandons plus, lors que nous apportons moins; nous voulons le plus choisir, lors que nous méritons le moins d'estre acceptez; nous cognoissants tels, nous sommes

Midi IIS hardis et plus flesfiants; lieii ne nous |)eult asseiuer

ifestrc aimez, veu nostre condition, et la It-nr

Or, c'est un coiinnerce qui a besoin^ de relation et

de correspondance : les aultres plaisirs que nous recevons, se peuvent lecognoistre par récompenses de nature diverse; mais cettuy cy ne se paye plus de mesme espèce de monnoye. En veiité, en ce déduit, le plaisir que ie fois chatouille plus doiflcement mon imajjination que celuy (pie ie sens : or, cil n'a rien de fjenereux, qui peult recevoir plaisir où il n'eu donne point; c'est une vile aine, <pii veult tout debvoir, et qui se plaist de nourrir de l.i coiilcrence avecques les [)ersonnes auxcpielles il est en cliaij|e : il n'y a beauté, ny {jrace, ny privante si exquise, qu'un (galant homme deust désirer à ce prix. Si elles ne nous peuvent faire; du bien (pie par pilicî, i'aime bien mieulx ne vivre point que de vivre d'aulmosne.

Kallicz vous, me dira Ion, à celles de vostre condition, que la compaignie de mesme fortune vous rendra plus

avsees. Oh! la sotte composition et insipide! le treuve

plus de volupl»' à seulement veoii' le iusie et doux meslange de deux ieunes beautez, ou à le seulement considérer par fantasie, (pi'à faire uioy mesme le second d'un meslan(;e triste et informe

Pour iinir ce notable commentaire, qui m'est eschappé iruii lliix de caquet, flux impétueux par fois et nuisible,

Ut inissmii s|)onsi liiilivo iiiiiiicrc iiialiiiii

Proninit casli) \iij[ii)is o jjiciiiio, Qiiod miser;!' (jJililM' molli siili \est(' locatiim ,

Duin ailveiUu matiis |)iObilit, fxciititm-.

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