LIVRE TROISIÈME
Atqiie illiul proiio praeceps agitur deciirsu : Huic nianat tristi conscius ore rnbor *
ie dis que les masies et femelles sont iectez en inesme moule : sauf l'institution et l'usage, la différence n'y est pas grande. Platon appelle indifféremment les uns et les aultres à la société de touts estudes, exercices, charges et vacations guerrières et paisibles, en sa republique; et le philosophe Antisthenes ostoit toute distinclion entre leur vertu et la nostre. Il est bien plus aysé d'accuser un sexe que d'excuser l'aultre : c'est ce qu'on dict, << Le fourgon se mocque de la paele. »
Ici fourgon signifie une longue perche garnie de fer, dont on se sert poiu^ remuer la braise dans le four; et la pelle se moque du fourgon est un proverbe faisant allusion à une personne qui blâme dans une autre un défant qu'on pourrait lui reprocher à ellemême.
En résumé, tout en maintenant les appréciations que j'ai faites au commencement de ce chajutre, j'oublierais volontiers les témérités de langage qu'il contient, pour n'y voir que mille traits cbarmants, de la poésie, une foule d'observations très-justes et
* Ainsi tombe en roulant, du chaste sein d'une jeune fille, nue pomme, présent furtif de son amant; elle oublie qu'elle avait caché ce fruit sous sa robe, et se levant à l'arrivée de sa mère, elle le laisse échapper; la rougeur de son visage trahit son secret. Catulle.
très-fines siii" les femmes et sur notre commerce avec elles, enfin de l'esprit à profusion. Avec tant d'exquises rjualites, que ne se ferait-on pas pardonner?
CTIAPITRE VI.
Di:s eu cil ES.
Il est fi)rt peu question des cociies dans ce chapitre. Montai[jne dit qu'il ne peut souffrir ni coche, ni litière, ni hateau, et que le cheval seul lui convient. Lui qui déciit si ])ien,ilest re(jreltable qu'il ne nous ait pas donné des détails qui seraient, à coup sûr, très-curieux sur les coches de son temps. Quand on compare ce moyen lent et paisible de locomotion avec nos chemins de fer hardis et ra])id('s, on aime à voir de quels chan^jements, ou plutôt de quelles transformations les découvertes scientifiques modernes ont été la cause dans la vie jnatifjue des nations.
Du reste, pour Montaigne, le mot coche représente toute espèce de v(''hicule, même les chars dont se servaient les Romains. Ainsi il nous l'aconte que INIarc Antoine attelait des lions à son coche, Hélio- {;ahale, des titres, et l'empereur Firmus, des au-