CHAPITRE VII
DE l'incommodité DE LA GRANDEUR.
Ce chapitre n'est pas long, et le sujet en est peu intéressant. C'est un thème bien rebattu que l'incommodité de la grandeur. Le nombre de personnes appelées à s'en plaindre est très-limité, et chacune d'elles, malgré les inconvénients de la haute position qu'elle occupe, désire la garder, à ce point d'y tenir plus qu'à la vie. Toutefois il était permis à Montaigne de se dire sans ambition, lui qui, à la cour, aurait pu aspirer aux honneurs les plus grands. En ne les
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recherchant pas, il était sincère, et hi lecture des Essais fait bien connaître que ses goûts et son tempérament d'esprit ne le portaient pas de ce côté-là.
l'alynise mon courage vois la patience; ie l'affoiblis vers le désir : autant ay ie à souhaiter qu'un aultre, et laisse à mes souhaits autant de liberté et d'indiscrétion ; mais pourtant, si ne m'est il iamais advenu de souhaiter ny empire ny royauté, ny l'eminence de ces haultes fortunes et commanderesses : ie ne vise pas de ce costé là ; ie
m'aime trop le ne veulx ny débattre avecques un
huissier de porte, misérable iucogneu, ny faire fendre, en adoration, les presses où ie passe. le suis duict à un estage moyen, comme par mon sort, aussi par mon goust; et ay montré, en la couduicte de ma vie et de mes entre()rinses, que i'av plustosl fuy, qu'aullremeul, d'eniamber pardessus le degré de forlime auqiiel Dieu logea ma naissance : toute constitution naturelle est pareillement iuste et aysee. l'ay ainsi l'ame poltronne, que ie ne mesure pas la bonne fortune selon sa liaulteur; ie la mesure selon sa facilité.
Montaigne trouve que k plus aspre et difficile meslier du monde, c'est faire diynenieiit le roy :
l'excuse plus de leurs faultes qu'on ne falct couimunement, en considération de l'horrible poids de leur charge, qui m'estonnc
Leurs bonnes qualitez sont mortes et perdues; car elles xie se sentent que par comparaison, et ou les eu met hors ; ils ont peu de cognoissauce de la vraye louange.