CHAPITRE XVI
UN jr.AICT DE QUELQUES AMBASSADEURS.
l'observe en mes voy;i{jes celte practique, pour apprendre tousiours quelque cliose par la communication d'aultruy (qui est une des plus belles escholes qui puisse estre), de ramener tousiours ceulx avecques qui ie confère, aux propos des choses qu'ils sçavent le mieulx.
Rien de plus vrai, et dans ces quelques lignes tout est enseignement et tous les mots portent. Les voyaf;es sont un puissant moyen de déveloj>pement poui' l'intelligence. Eh hien , (juand nous voyageons, suivons l'avis de Montaigne. Tout ce monde avec lequel la vie de voyage nous met nécessairemeut en rapport, faisons-le parler pour notre profit, faisons causer clui' cnn de ce qu'il sait, et nous apprendrons ainsi facilement, sans peine aucune, beaucoup de choses (pie nous ne savons pas.
Il y a toujours à gagner à lire Montaigne, et je considère le livre des Essais comme un excellent vademecum de tout esprit bien réglé qui désire s'éloigner le moins possible de la ligne droite, en suivant le chemin difficile de la vie. Molière, la Fontaine, la Bruyère , madame de Sévigné , Montesquieu ,
36 ÉTUDE SUR LES ESSAIS DE MOiN TAÏGA' E.
Jeiui-Jacques lîousseaii, admirèrent ce livre, et je ne doute pas ([ue sa connaissance étudiée, approfondie, ne leur ait été d'une (grande utilité. " Mon Dieu ! (jue ce livre est plein de sens ! " disait madame de >Sévi'Hié. 13alzac, né deux ans a])rès la mort de Montai('ne , dit de lui rpi'il a porté la raison humaine aussi loin (prelle peut s'élever.
Ce n'est cpie dans la seconde moitié decechapitrc que Montaifjne s'occupe du titre qu'il lui a donné et blâme les amhassadi'urs qui, dans la crainte de déplaire aux souverains qu'ils représentent, altèrent la vérité et ne mettent pas dans leurs dépêches ce qui peut justement hlesser leur susceptibilité.
.... A cette cause, ce que iVaisse passé à un aultrc sans iiTy arresler, ie i'ay poisé et reniaïqué eu riiistoire du seigneur de Lan[fev : c'est qu'aprez avoir coulé ces lielles l'einoutrauces Je l'enq^ereur Charles cinijuiesme, laides au consistoire à Rome, présents l'evesque de 3hiscou et le seigneur du Velly, nos auibassadeurs, ou il a\()ii meslé plusieurs paroles oultrageuses coiUre nous, cl, entre aultres, <pie si ses capitaines et soldats n'estoieut d'aultre fidélité et sulïisauce eu l'art militaire «pie cculx du roy, tout sur l'heure, il s'attaciieroit la chorde au col pour luy aller demander uùsericorde (et de cecy il semble tpi'il en crcust quelque chose, car deux ou Uois fuis en sa vie, depuis, il luy advciul de redire ces rnesuies uiots); aussi qui! dcsiin 1(^ lov «le le coudiatho