LIVRE PREMIER. îiT
011 chemise, a\ec<]iics l'cspee et lo poignard, dciii> iiii balleau : le dict seifjneur de Lan{jey, suyvant son liis- (oire, adioiiste que lesdicts ambassadeurs faisanls une despeche au roy de ces choses, luv eu dissimulèrent la plus (fraude partie, mesme luy celèrent les deux articles précédents. Or i'ay trouvé bien estran!;e qu'il feust eu la puissance d'un ambassadeur de dispenser sur les adverlissements qu'il doibt faire à sou maistre, nicsme de telle conséquence, venants de telle personne, et dicts en si grand'assemblee : et m'eust semblé l'office du serviteur estre de fidèlement représenter les choses en leur entier, comme elles sont advenues, à fin que la liberté d'ordonner, iuger et choisir, demeurast au maistre; car de luy altérer ou cacher la vérité, de peur qn'il ne la preigne aultrement qu'il ne doibt et que cela ne le poulse à quelque mauvais partv, et cependant le laisser ij^jnorant de ses affaires, cela m'eust semblé appartenir à celuy qui donne la loy, non à celuy qui la receoit; au curateur et maistre d'eschole, non à celuy qui se doibt penser inférieur, non en auctorité seulement, mais aussi en prudence et bon conseil. Quoy qu'il en soit, ie ne vouidrois pas estre servy de cette façon en mon petit faict.
38 Eri DE SUn J.ES ESSAIS DE .MONTAIGNE.