‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 217 sur 250 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

tacher, sont altercations propres seulement à l'exercice de notre esprit : comme il se trcuve ez arts plusieurs suhiects (jui ont leur essence en l'ajjitation et en la dispute, et n'ont aulcune vie hors de lu. Telle peincture de police seroit de mise en un nouveau monde; mais nous prenons un monde desià faict et formé à certaines coustumes; nous ne l'engendrons pas, comme Pyi'rha, ou comme Cadmus. Par quelque moyen que nous ayons loy de le redresser et renger de nouveau, nous ne pouvons gueres le tordre de son accoustumé pi y, que nous ne rompions tout. On demandoit à Solon s'il avoit esfably les meilleures loix qu'il avoit peu aux Athéniens : « Ouy bien, responditil, de celles qu'ils eussent receues. » Yarro s'excuse de pareil air : « Que s'il avoit tout de nouveau à escrire de la religion, il diroit ce qu'il en croid; mais, estant desià receue et formée, il en dii-a selon l'usage plus que selon nature. ')

Je ne puis donner un meilleur commentaire de ce passage que cette note de l'édition de M. Charles Louandre : « Ce paragraphe nous paraît une des » critiques les plus vives qui aient été faites des » utopies sociales. Ici Montaigne a deviné notre » temps. »

Non par opinion, mais en vérité, l'excellente et meilleure police est, à chascune nation, celle soubs laquelle elle s'est maintenue : sa forme et commodité essentielle despend de l'usage. Nous nous desplaisons volontiers de la condition présente; mais ie tiens pourtant que d'aller désirant le commandement de peu, en un estât jjopulaire; ou en la monarchie, une aultre espèce de gouvernement, c'est vice et folie.

'iVf ÉTUDE sur. LES ESSATS DE MONTA IGjNE.

Oui sans doiilc, smioiiL en Franco, nous nous desplaisons voloiiiiers de la condiiion présente . ■\Iontai{jne dit (|ne nous avons tort, et je ne vois pas que les changements de gouvernement (|ne nous nudtiplions avec une dé[)l(iraljle ("acilitt; et qui assombrissent trop souvent les pa^jes de notre histoire, nous donnent raison contre lui.

le suis envieilly de nombre d'ans depuis mes premières publications, <jui ["eurent Tau mil cinq ceiUs quatre viu(;ts : mais ie fois double que ie sois as.sa{;i d'uu poulce. Moy, asleiue, (H moy, fautost, sommes bien di'iix; quand meilieui-, ie n'en puis rien dire. Il feroit bel eslre vieil, si nous ne manliions (pie vers l'amendement

le me suis coiuIk' milU- lois (du'z moy, ima{jiuaut qu'on mu Iraliiroit cl assommcroit icde iniicl là; composant avecfpu's la lordnic, que ce leusl sans effroy cl sans laii- {jueur : e( me suis cscrié, aprez nu)U patenostre ,

liii|iliis Iki'i' Uuii ciiIi;) iiiiv.iiia niil('> liMl)('l)ii ' !

(juci icmcdc".'' ("('Si II' lii'ii de nui naissance et de la plus pari de mes aucesdes; ils y ont mis leur affection et leur nom. Nous nous diurissous à tout ce que nous accoustumoiis : el , à une misérable coudilion comme est la nosfre, c'a est('' un iresfavoialjJe pieseiil de iiahire (pie l'accoustumaiice, <pii endort iiosire seulimeiil à la souffrance de

' Un -joldat iinplr |)osst'(lera-t-il rt'-i <jn('rcls si bien cultivés? \' Ilicil.K.

Page 1