‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 3 sur 250 · LIVRE Pl{EMlF,r · texte numérisé non relu

LIVRE Pl{EMlF,r

rebours, clierrlianJs, tini çà , qui lu, par les rues, à affronter les ennemis victorieux; les provoquants à les faire mourir d'une mort honnorable. Nu! ne feut veu siabbattu (le bleceures, qui n'essayast en son dernier soupir de se venfjer encores, et avecques les armes du desespoir consoler sa mort en la mort de quelque ennemy Ce carnage

dura iusques à la dernièi'e goutte de sang espandable, et ne s'arresta qu'aux personnes désarmées, vieillards, femmes et enfants, pour en tirer trente mille esclaves.

Il y a dans Montaigne un grand nombre d'expressions dont je regrette que l'usage soit perdu. Ainsi dans cette dernière phrase que je viens de citer, le mot espandable me plaît. Il est euphonique, et l'on a eu tort, à mou avis, d'y renoncer et de le mettre au nombre des archaïsmes.

Dans les quelques pages de ce chapitre, Montaigne fait voir les divers aspects de son génie éminent. Outre son caractère modéré, sa douce philosophie et cet esprit de profonde observation qui empêche le parti pris et détermine trop souvent le doute, on reconnaît un talent de narration qui, dans ses formes neuves, hardies, rehaussées de couleurs vives, n'a peut-être jamais été dépassé.

Page 1