LIVRE 1»11EMIEU
Un j)eu plus loin , ce que dit M(jiitai{jne à propos tle reli(|ion [)eut très-bien s'ap])liqnt'r à la politique d'aujourd'hui et aux problèmes sociaux qui agitent les esprits :
Dieu ]{; sçeiche, en nosire présente querelle, on il
y a cent articles à oster et remettre, grands et profonds articles, combien ils sont qui se puissent vanter d'avoir exactement rccogneu les raisons et fondements de Tun et l'autre party: c'est un nombre, si c'est nombre, qui n'auroit pas grand moyen de nous troubler.
Non certes, ils ne sont pas nombreux ceux qui ont l'aptitude et les connaissances nécessaires pour traiter les questions politiques. Au contraire, on compte ])ar milliers ceux qui, le journal h la main , ont la prétention mal fondée de diriger le pays et de dire au gouvernement ce qu'il a de mieux à faire. Le gouvernement ne les écoute pas tou|ours. On s'irrite, on s'exalte, les répressions redoublent les colères, et cela, comme on sait, finit quelquefois très-mal. I^a France serait une fois plus prospère, si l'on s'y occupait moitié moins de politique. Mais il n'y a rien à faire, et c'est inévitable : on ne touche pas aux choses qui sont entrées dans les moeurs.
G2 ETUDE SUR LES ESSAIS DE MOJN T A IGlN E.
CTIAPITP.E XXIÏI.
DIVEÎ'.S EVENKMENTS DE MESME CONSEILS.
iMoiituigne commence par raconter nn heau trait du duc de Guise, qui, averti (ju'nn [jentilhomme angevin voulait attenter à sa vie, le fit ap])eler et lui dit, apr'ès (juehjnes mots de généreux pardon :
le vous venlx inniitrer combii'ii la relijjion cpic le fiens est jiliis (loulce cpic celle de quoy vous faictes })rofessioii. La \().s(i\' vous roiisciile de me fuer, sans iii'oiiïr, n'ayant receu de inoy aulcune offense; et la mienne me coiumande qne le vous pardonne, tout convaincu cpie vous estes de nTavoir voulu tuer sans raison.
Voltaiie, dans AIzire , s'est servi de ces belles paroles :
Des dieux (pie nous servons connais la diffi'-ieiice : Les tiens t'ont coianiandé le meurtre et la a engeance, Et 1(^ mien, quand ton bras vient de m'assassiner, M'ordomie de te plaindre et de te pardonner.
Vient ensuite la clémence d'Auguste. Montaijjiie a traduit Sénèque mot pour mot, et Corneille a mis en vers ce que Sénèque fait dire à Auguste, pour faire sa grande scène du deuxième acte de Cinna.