‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 67 sur 250 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

quoique p<i[;o digne d'estre communiquée à la icimesse oysifve, enibaboui née de cette fureur. l'escris mes lettres tousionrs en poste, et si preclpiteusemenl , que, quoy- (|iu' ie peif-nc insii[)por(ablemeiit mal, i'ainie mienlx escriie de ma main que d'y en employer une aullre; car ie n'en treuve poinct qui me puisse suyvre. l'ay accoiistumé les ffrands qui me connoissent à y supporter des litmes et des trasseures, et un papier sans pliciue et sans marge. Celles ([ui me coustent le plus sont celles qui valent le moins; depuis que ie les traisne, c'est signe que ie n'y suis pas. le commence volontiers sans proiect ; le premier traict produit le second. Les lettres de ce temps sont plus en bordures et préfaces qu'en matière. Comme i'aime mieulx composer deux lettres que d'en clore et plier une, et résigné tousionrs cette commission à quelque aultre : de mesme quand la matière est achevée, ie donnerois volontiers à quel- (|ii'iin la charge d'y adiouster ces longues harangues, offres et prières que nous logeons sur la fin ; et désire que quelque nouvel usage nous en descharge , comme aussi de les inscrire d'une légende de qualitez et tiltres; pour ausquels ne bruncher i'ay maintes fois laissé d'escrire , et notamment à gents de iustice et de finance : tant d'innovations d'offices, une si difficile dispensation et ordonnance de divers noms d'honneur, lesquels, estants si clierement achetez , ne peuvent estre eschangez ou oubliez sans offense. le treuve pareillement de mauvaise grâce d'en charger le front et inscription des livres que nous faisons imprimer.

120 ÉTUDE SUR LES ESSAIS DE MOiNTAIG.NE.

GHAPITUE XL.

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