‹ Etude sur les Essais de MontaigneChapitre 68 sur 250 · QUE LE GOIST DES BIENS ET DES MAULX DESPEND · texte numérisé non relu

QUE LE GOIST DES BIENS ET DES MAULX DESPEND

EN GRANDE PAl'.TIE,

DE l'opinion que NOUS EN AVONS.

Les lioiuuius, tliot une sentence (jiecqne ancienne, sont tornientez par les opinions qu'ils ont des choses, non par les choses mesmes.

Montaigne développe cette pensée et ajoute :

INoiis tenons la mort, la panvreté et la donleur

pour nos principales parties : or cette mort, que les uns appellent « des choses horrihles, la pins horrible », qui ne sçait (jue d'aultres la nomment " l'unique })Oi't des tor- » ments de cette vie, le souveiain bien de natuie, seul » appuy de nostre liberté, et commune et prompte recepte » à touts maulx? »

Ceux cjui craignent la mort et ne la considèrent nullement comme le souverain bien de nt/tiirc, représentent l'immense majorité de notre pauvre espèce humaine. Aussi les anecdotes que cite Montaigne comme exemple du mépris de la mort me paraissent avoir été choisies pour l'amusement du lecteur, rien de plus :

Un tel qu'on menoit au fjibet disoit u qu'on j<;ardast de " passer par telle rue, car il y avoit dan{|ier ([u'un mar-

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