LIVRE PREMIER
taigne disait bicMi (ju'il aimait la poésie d'une par-
liculicrc inriiiiatio/i .
Je passe quelques pages un peu longues, et j'arrive à la remarque siiiv-sîte, cpii, dans un ordre d'idées assez récréatif, prouve également (pie le mal dépend de l'opinion que nous en avons.
l'en sçais (jui, à leur escient, ont tiré et prouflt et advancement du cocuag^e, de quoy le seul nom effraye laul de yents.
On sait comment ce mal, ou plutôt ce malheur, a été apprécié par la Fontaine dans le conte de la Coupe enchantée :
Qu'est-ce enfin que ce mal dont tant de gens de bien Se moquent avec juste cause?
. Quand on l'ignore, ce n'est rien; Quand on le sait, c'est peu de chose.
Chrysaldc, àm\& f École des femmes, pense :
Que des coups du hasard aucun n'étant garant, Cet accident, de soi, doit être indifférent. Et qu'enfin tout le mal, quoique le monde glose, K'est que dans la ficon de recevoir la chose.
Aujourd'hui la chose est généralement très-mal reçue. Cen'estplusie cocuage, c'estl'adultère. Sur nos théâtres, les mnris tiompés ne font plus guère rire. En
rcvaiiclio , radultèro foiiiiiit niême à nos .'grandes scènes les sitnations les j>lns noires, les plus émouvantes, et, depuis louMtcMups déjà, est la soui'ce de leurs plus abondantes recettes.
Le ])assape (pii suit n'a aucun rappoit avec le titre de ce cba|)itre. Nous avons reniarqiuî que c'est une condition donl Monlaijjne se soucie lort peu.
i'ay vescn en trois soilcs de conditions depuis cstic sorty de rcnraiicc. Le preuiici' temps, <pii a dîné prtz de \iiii;l aiiiices, i(,' !<■ jias.say n'ayant aultres moyens (pic l'oitnils, et dcspciidant de rordoiniaiice et secoues d'aidtiiiy, sans estai certain et .sans presciiption. Ma despeiise se faisoit (raillant plus aJaiei'cment et avcc(pies moins de soiii^j, ijirelje estoit toute eu la lenieiit('' de la l'oitune. Je ne feus iamais mieiiix. 1] ne m'est oiic<pies advenu de trouver la ])ourse de mes amis close; m'estaut enioiiict, au delà de toute aiillre nécessité, la nécessité de ne faillir au terme (|ue i'a\iiis prius à m'ac<|iiitter, le(|iiel ils m'ont mille fois alon(jé, voyant l'effort (pie ie me faisois pour leur satisfaire : eu manière (pie i'en rendois ma loyauté mesiiaeiere, et aiilcunemeut piperesst". le sens natui'ellenienl f|uel(]iie \olu|ité à |)ayer; c(niime si ie descliar;;eois mes es|>aules d'un euuuvt'ux poids et de celle ima;|e de serviliide; aussi (pTil v a (piehpie coutentemeiit (pii me clialoiiille à faire une action iuste et contenter aultruy. l'excepte les payements ou il faull venir à marchandei' et com|)ter; car, si ie ne trcuve à (pii eu commettre la cliaijje, ie les esloiiijjne honteusement et iuiinieusemeiit, t.iiit (|iie ie