‹ Étude sur les ex-dono et dédicaces autographesChapitre 2 sur 29 · CHAPELAIN · texte numérisé non relu

CHAPELAIN

Ne quittons pas le dix-septième siècle sans rappeler cet Ex-dono de Poisson écrit sur une Phèdre de Racine (Jean Ribou, 1667, avec figure de Séb. Leclerc), nous rencontrons ici pour la première fois la forme fantaisiste qui deux cents ans plus tard deviendra très-fréquente dans l'E x-dono. Ces vers sont tracés au verso de la figure.

« À Monseigneur le Marquis de Louvois. »

Si donnant Phèdre. On va dire aujourd'huy Que je donne le bien d’autruy.

Ce on pourrait bien se méprendre, Il en serait aisément convaincu, Car Ribou vient de me la vendre; Elle me couste un bon écu.

Poisson. »

Au commencement du dix-huitième siècle, je retrouve la formule qui va envahir l’Ex-dono : « Pour M... son très-humble serviteur ; » la partie anecdotique rompra heureusement la monotonie de ces répétitions forcées.

Sur un exemplaire in-12 de l'Histoire du Marquis

de Clèmes et du chevalier de Périanes (1716), on lit au verso du titre :

« Pour Madame la Duchesse de Brancas, de la part de son très-humble et très-obéissant serviteur.

DE Sacy (1). »

Nous retrouvons identiquement la même formule dans lEx-dono de l'abbé Nadal, écrit sur sa tragédie d’Antiochus pour le cardinal de Rohan. La même encore, toujours la même sur une tragédie de Piron : Callisthène (1730), offerte à M. Dubrème.

Au revers de la garde d’un livre intitulé: Znstitutions de Physique (Prault, 1740, sans nom d’auteur) sont tracées ces deux lignes :

« Pour monseigneur le Chancelier,

De la part de Madame la marquise du Chastellet. »

Le livre était mis à l'index ; il est assez piquant d’en trouver un exemplaire offert par l’auteur au magistrat chargé de le poursuivre.

Voltaire a fréquemment employé la forme banale du très-humble serviteur, mais souvent aussi il n’écrivait pas ses Ex-dono; en 1747, quand fut imprimé le Poëme de Fontenoy, il envoya son secrétaire à Lille, chez Panckoucke où se faisait le travail typographique, avec une liste des personnages auxquels il voulait adresser un

(1) Ce de Sacy est le fils de l’académicien qui occupa le 38° fauteuil, de 1701 à 1728.

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