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Les provinces de Mayence et de Reihs

Nous savons maintenant que les apocryphes Isidoriens, destinés à mpléter YWspana, ont été composés vers 850, et que l'auteur, en < rédigeant, s'est surtout proposé un double but : assurer l'iodéndance de l'Église en protégeant les évéques, menacés dans leurs rsonnesetdans leurs biens par les violences et l'avidité des grands,

maintenir avec fermeté à tous les degrés l'organisation de la érarchie fondée sur des principes traditionnels qui remontent a organisation de l'Empire Romain.

Si Isidore a mis en évidence ces principes et en a déduit les nséquences, c'est évidemment qu'en la conlrée où il écrivail, ils lient contestés au moins en fait, sinon en droit. Il importe donc, à us qui devons maintenant nous demander quelle est la patrie des usses Décrétâtes, de déterminer la région où se manifestèrent, plus ri icu Mère ment au milieu du îx" siècle, des tendances dangereuses ur l'indépendance des évéques et l'organisation stable de la Srarchie.

Cette région, nous la rechercherons dans l'Empire franc. Pas n'est soin de réfuter aujourd'hui t'opînon insoutenable de ceux qui isidéraient Rome comme le berceau de la compilation isidorienne ; :te compilation est certainement originaire de l'Empire franc. Or ttention s'est successivement portée sur trois provinces ecclésiasues de cet Empire. On a d'abord cru trouver la patrie d'Isidore ns la province de Hnyence. Il y aura bientôt cinquante ans que la eur de l'opinion s'est tournée vers la province de Reims. Enfin, puis une vingtaine d'années, divers auteurs ont proposé la province

Tours. Il convient d'éludier ces diverses opinions.

La province de Mayence ne nous arrêtera pas A l'époque qui nous occupe, elle jouissait d'une trai sous le gouvernement de (taban Maur ; nous n'y a fuit sulïisameiit caractérisé pour avoir provoqué 1 Isidore. Un parti, a-l-on dit, y combattait les chon que Raban Haur dut prendre leur défense dans un d les Fausses Décrétâtes sont l'expression des opin hostile aux chorévéques. Ceci est dépourvu de font prouve qu'au t*-mps de Raban Haur les chorévi attaqués dans la Francia orientait: ; au contraire, il leur situation n'y était pas con(estée(3); Raban lui-mé attaques auxquelles il crut devoir répondre venaiei occidentale (4). L'archevêque de Mayence Otgaire, a

(1) Des personnages considérables, se sont prononcés j Mayence (voir les indications données par Hinschius, p. a Pitka inclinait vers celte opinion. (Analectanovissima, t. I.p i.khrn tenait pour l'origine Mayençûise des Fausses Décrt que la forme a son avis primitive de celte compilation I ecHius.) était originaire de Mayence, et que la collection da (forme A '} provenait de Reims. Cette opinion a été exposée p reprises, notamment dans un article, Ueber dos Vaterï Dekretalen, inséré dans VHistoriscke Zeitschrift, t. LXIV (1 Notre ancien et regretté collègue M. Poisnbl avait songé a. la soutenir ; une mort prématurée ne lui a pas permis de i à bonne fia, Mtis le système de Wassbrschlebbn ne ee forme A* est la forme primitive des Fausses Décrétâtes, t travaux de Maassbn signalés plus haut (7' année, p. 311 semblable. D'ailleurs de graves arguments peuvent être oppo générale â l'opinion qui rattache s. Mayence l'origine des Ft Ils ont été exposés par Hinschius (pp. ccviu et s.) et par Heimat Pieudoisidors, pp. 14-18. Munich, 1898).

(2) PL, t. CX, col, 1195 et s.; MGH. Epistolœ karolh 4:1 1 et s.

(3i WbtszÂckbr, Der Kampf gegen dm Ckorepiskopat, auteur montre que les chorévéques ont été généralement milieu du ix° siècle, a la condition qu'ils se maintinssent di butions. Waï.afrid Strabon leur donne sans contestation l'organisation ecclésiastique; voir le dernier chapitre de eccksiattiearttm rerum exordiiset incréments (PL, t. CXI' MGH Boretius Krause, Capttularia, t. II, p. 515) et remi (Ion Mignb, répétant uae faute évidente, donne coepisc corepmopos.

(4) Raban lui-même le dit au début de son écrit sur (MGH.) Sur la date de cet écrit voir Wbisiîcker, op. Cit., \ composé enlre 847 et 853; mais d'autres opinions ont été p IOT (AA. SS. 0. S. B. , VI, p. 43) plaçait la compositioi

attiré des haines redoutables par sa conduite au temps des luttes qui avaient éclaté entre Louis le Pieux et ses fils ; il fallait le protéger contre les persécutions dont le menaçaient ses adversaires. Encore une raison qui ne vaut rien : car le temps de ces querelles était passé, et Otgaire était mort en 847, avant qu'il fût question des Fausses Décrétâtes. Il était utile, ajoute-t-on, de maintenir la province de Mayence sous la domination d'un seul roi, et de lui éviter un démembrement politique qui eût entrainé un démembrement religieux; on invoque à l'appui de cet argument le texte célèbre de pseudo- Pélage II : Scitote certain provinciam esse quœ habetdecem vel undecim civitatesy et unum regem... Mais, comme Hinschius l'a démontré (4), rien ne prouve que ce texte se rapporte à Mayence plutôt qu'à une autre province ; d'ailleurs toutes les provinces ecclésiastiques de l'Empire franc étaient également menacées de démembrement par l'effet des partages qui se faisaient entre les princes Carolingiens. Autre argument qui a été présenté en faveur de Mayence : il est des exemplaires des Fausses Décrétâtes où large est la part faite à des documents se rattachant à Saint Boniface (2). A quoi il est facile de répondre que ces documents se rencontrent dans des manuscrits des Fausses Décrétâtes appartenant à la classe C (suivant la classification d'Hinschius), et que précisément ces manuscrits ne représentent en aucune façon le type primitif d'Isidore ; jamais on ne pourra prouver l'existence d'une édition dite de Mayence, qui remonterait à l'époque d'Isidore. Enfin on a prétendu rattacher les Fausses Décrétâtes à l'église de Mayence à raison du lien intime qui existe entre ce recueil et celui de Benoit le Diacre, auquel certains érudits ont cru devoir attribuer une origine Mayençaise. Mais, même pour Benoît le Diacre, cette origine ne saurait être admise (3) ; tout

en 842. L'éditeur qui a publié ce texte dans les MOH le date d'une année comprise *ntre 830 et 842. En tout cas, on ne trouve point de trace d'hostilité contre les cho révoques dans les pays rhénans.

(1) Hinschius, p. 724. Ce texte a été emprunté à la collection irlandaise. Voir ce qui a été dit plus haut, 7 e année, p. 48 On cite aussi un texte de Pseudo Aniobt (Hinschius, p. 121, c. III) qui aurait pour objet de réclamer la primatie en faveur de Mayence, en souvenir de S. Boniface, regardé comme l'auteur de la conversion de la Germanie. Ceci me semble fort aventuré; d'ailleurs la question des primaties n'eut pour Isidore qu'une importante secondaire (Cf. Lksne, La Hiérarchie épiscopale en Gaule et en Germanie, p. 239). En tout cas le texte de Pelage II ne saurait concerner l'attribution d'une primatie, pas plus au siège de Mayence qu'à un autresiège (Hinschius, p. ccxix; cfr. Lurz, p. 14 et s.).

(2) J'ai lieu de croire que cet argument avait touché M. Poisnkl.

(3) L'un des arguments donnés pour établir l'origine Mayençaise des Faux Capitulaires a déjà été indiqué ci dessus à propos des Fausses Décret aies. Les Faux Capitulaires, dit-on, sont un recueil composé contre les cboré-

fe

fait présumer qu'il appartient à ta Francia occidents il n'y a pas l'ombre d'une raison sérieuse qui no attribuer Isidore à la province de Mayence.

vêques : done ils doivent être dirigés directement contre Mayence, Ruban Maur, « chaud partisan des cborévéques » (■ sur le règne de Hugues Capet, p. 368). On oublie, d'abord. < Faux Capitulaires une foule de décisions étrangères a la qu vaques, et en second lieu que la question des chorévéques, ■ ci-dessus (p. 544), préoccupai! surtout les esprits dans le royj le-Cbauve et non sur les bords du Rbin. On invoque le palrt nrchevâque de Mayence, prédécesseur de Itaban, bous It faussaire. Or tes titres et les préfaces qui sont l'teuvi méritent peu de créance ; s ce compte, il faudrait placer des Capitula Angilramni. M. Lot s'appuie aussi .pour déi Mayençaiae des Faux Capitulaires sur le fait que Louis le nommé avant sbb frères dans la préface en vers qui précède ce prince, A qui appartenait Mayence, était le souverain de 1 préface, il semble que ce fait soit purement accidentel : peu nommé le premier parce que (cela a frappé l'auteur) il portait ' son père. Enfin M. Lot ajoute un dernier argument : » Entr dit il, Benoît utilise aussi les lettres de S. Boniface, archevë Ot la loi des Bavarois, deux textes peu intéressants pour les) occidentale- (p. 368). Or ilfaut remarquer que la plupart des à S. Bonifuce, qu'utilise Benolt,ne sont pas en réalité l'œuvre à {SacKKi,StudienzurBenediktvsLevita,<iai\&Neue$Archiv,LÏ Au surplus Benoît utilise nombre de textes originaires àt (iaulequi correspond a la Franco actuelle; ainsi la LexBomai les capitula de Thkomilphb i>'OblÉans,M probablement t province de Bisançon(SKCRK[., i&id., dons le Nettes Archtu.,t.î En réalité Benoit prend son bien oïl il le trouve, et extrait in< textes, quelle qu'en soit l'origine. — Je ne parla pas de 1' pourrait tirer (je sais que M. Poisnel s'en préoccupai d'Hincmar dans un de ses écrits contre son neveu l'évoque de col. 379), où il dit : - Forse putasti neminem alium easde Capitula Angilramni), vel ipsas epiatolas praeter te hab est, cum de ipsis sententiis plena sit ista terra; sicut et de 1 epistolarun ab Isidoro, quem de Hispania allalum Kiculphu bujusmodi, sicut et in capitulis regiis, studiosus obtinuit, et illo raplori fecit. - Je ne vois dans ce texte qu'une interpréta et fort inexacte d'un passage de la préface des Faux Capit a tort et à travers aux Fausses Décrétales et aux Capitula A- (I) L'origine rémoise des Fausses Décrétales, soutenue par 1858, a été ensuite appuyée par de nombreux auteurs, tels c Fhihobkuq, db Xoordkn et Hinschiub (Voir Hinschius, pp. c trouvera des renseignements bibliographiques.! Il faut citi autres érudits : An Tardif (Histoire des sources du droit ca\ ot a ); M. I.UF-z (Ueber die Heimat Pseudoisidors, pp. 75 Lot (Études sur le règne de Hugues Capet, pp. 301 et s.). D

Le débat utile ne saurait, à mon sens, s'établir qu'entre la province de Reims et la province de Tours. C'est à résoudre cette question que je compte maintenant m'appliquer. Mon premier soin sera de faire connaître les événements d'ordre ecclésiastique qui agitaient l'une et l'autre provinces à l'époque de l'apparition des Fausses Décrétâtes, c'est-à-dire pendant la période qui commence en 847 pour prendre fin en 852 ; puis il conviendra d'examiner les rapports qui peuvent exister entre ces faits et la compilation du faux Isidore. Dans la suite de ce chapitre, je m'occuperai uniquement de la province de Reims, réservant la province de Tours pour en faire l'objet d'un chapitre ultérieur.

Des événements, très graves dans l'ordre ecclésiastique, devaient se produire dans la province de Reims (1), postérieurement à la période qui nous occupe, à savoir les procès de Rothade, évéque de Soissons, et d'Hincmar le jeune, évéque de Laon, au cours desquels de nombreuses citations des Fausses Décrétâtes, invoquées par les adversaires d'Hincmar de Reims, attesteront l'opposition acharnée u'avait soulevée le gouvernement de l'énergique métropolitain. Mais, de ces procès nous n'avons pas à nous préoccuper ; ils ne sauraient fournir aucune indication sur l'origine des Fausses Décrétales, pour cette bonne raison que le recueil d'Isidore était déjà répandu en Gaule au moment où ils furent intentés. Nous ne pouvons tirer de renseignements utiles que des textes concernant les questions ouvertes dans la province de Reims entre 847 et 852, c'est-à-dire à une époque antérieure à ces procès.

A ce moment le clergé de celle province s'inquiétait sans doute des controverses relatives aux chorévéques, et des moyens d'obtenir la restitution des biens d'Église usurpés par les seigneurs séculiers. Hincmar ne se désintéressa pas de ces questions ; on sait qu'il se montra peu favorable aux chorévéques, quoiqu'il y en eût un à

de son Lehrbuch des Kirchenrechts, M. Fribdbbrg demeure fidèle à l'opinion favorable à Reims; MM. Llrz et Lot vont jusqu'à considérer comme très vraisemblable l'opinion qui voit l'auteur des Fausses Décrétales dans la personne de Vulfade, clerc de Reims qui fut l'un des adversaires d'Hincmar. M. de Noordbn attribuait la falsification à Ebbon, dont Vulfade aurait été le complice. (Voir la réfutation de ces opinions dans Hinschius, p. ccxxxin.) (1) Die Regesten Hinkmars (appendice à l'ouvrage de Schrôrs), n° 37; mention d'une lettre de 847-850. — Remarquez cependant qu'Hincmar avait un chorévéque, Ricbold, qui siégea on 853 au concile de Soissons.

Reims (1), el que, dès le début de son épisco succès- d'assurer à son église la restitution des I la longue vacance du siège de Reims. Mais c'él: palions.qui, les documents du temps et en pari concile tenu à Meaux en 845 (I) l'attestent net spéciales a la province de Reims ; la plupart de des Francs de l'Ouest ne pouvaient manquer d en vain constaterons-nous l'importance qu'y : Fausses Décrétâtes ; ce n'est .pas une raison po de son œuvre à la province de Reims.

On a cru aussi qu'au cours des années qui ment, par conséquent pendant la période qui n travailla à obtenir sur les provinces voisines de I. analogue à celle dont parle parfois le faux Isic l'empereur Lothaire avait, de bonne heure, ex| si bien qu'au cours d'une période où il s'était r; en 831, Lothaire aurait demandé au pape Le dont il était devenu l'ami, le vicariat du Saint- Germanie (ce qui était d'une certaine manié primatie), en même temps que le droit de po seulement les jours de fête, mais encore tous li Pape aurait refusé le vicariat el concédé ta faven M. Robert Parisol (2) tient pour apocryphes le: est consignée cette négociation; s'il en est ainsi, i aucune importance a ces lettres. H. Lesne, dans publié (4), a entrepris d'en démontrer t'authentù que si Lothaire s'efforça d'assurer à Hincmar.parl la supériorité sur toutes les églises de l'Empii Hincmar, toujours peu sympathique aux primat

(1) Cf. concile de Meaux, c. 44. La même imp canon 27 du concile tenu i Paris en 829. De même u en 849 aurait pria des mesures contre un certain nom y furent déposés, si toutefois il faut en croire un réc porté que par un écrivain du xui« siècle, Alberic des 1 t. XIV, col. 927.)

(2) R. Pari sot. Le royaume de Lorraine sous les C p 739.

('!) Ces deux lettres nois sont parvenues par la co Britannica (Ew a ld. die Papstbriefe der Brittischen Sa t. V,p. 581). On on trouvera le teste nu tome III des ! tsvi, p. 591-59?.

(1) Hincmar et l'empereur Lothaire, d*ns la Revue ques t. LXXVI1I (1905), pp. 34 et s. Voir aussi l'ouv ta Hiérarchie épiscopale, p. 257,

faire des illusions sur le sort réservé au projet de Lothaire, «laissa faire l'empereur, peu soucieux de favoriser son succès, et indifférent à son échec » (I). Le prélat ne semble pas à ce montent occupé d'étendre sa juridiction sur les autres provinces, mais de conserver dans sa propre province son autorité menacée par les prétentions du métropolitain de Trêves.

En réalité, une seule controverse est, à l'époque qui nous occupe, une cause particulière d'agitation pour la province de Reims ; c'est la querelle engendrée par la déposition d'Ebbon, l'archevêque qui fut le prédécesseur d'Hincmar. Il est nécessaire, tout d'abord, de déterminer avec le plus de précision qu'il sera possible l'histoire de cette controverse depuis son origine jusques au concile tenu à Soissons en 853 (i).

Pour des motifs que nous n'avons pas à rechercher, mais qui lui furent communs avec un certain nombre de membres importants du clergé, l'archevêque de Reims Ebbon se plaça, en 833, au premier rang des hommes qui soutenaient avec dévouement la politique impérialiste et unitaire que Lothaire, le fils aîné de Louis le Pieux, s'efforçait à faire prévaloir contre les tendances auxquelles s'abandonnait son père. C'est ainsi qu'Ebbon, comme l'archevêque de Lyon Agobard, fut amené à jouer un rôle prépondérant dans la révolution par laquelle, en 833, Louis le Pieux fut contraint de descendre du trône. Mais bientôt une révolution contraire se produisit. Non seulement Louis le Pieux fut rétabli, mais Lothaire se trouva hors d'état de proléger contre les représailles de son père ceux qui avaient embrassé son parti. Ebbou, prisonnier et humilié, finit par être déféré aux évêques par l'empereur lui-même, qui se fit son accusateur (mars 835). A Thionville devant des juges, qui tous d'ailleurs appartenaient au clergé, Ebbon crut devoir éviter un débat public. Ayant fait l'aveu de ses fautes en secret à quelquesuns des membres de l'assemblée, il souscrivit, conformément à leurs conseils, une déclaration écrite dans laquelle, à raison de faits qu'il s'abstenait de préciser, il se reconnaissait indigne des fonctions épiscopales et consentait à être remplacé sur le siège de

(\)Ibid., p. 46.

(2) Je me borne à renvoyer aux écrits les plus récents sur Ebbon et sur Hincmar. Sur Ebbon, on pourra consulter la court*», mais substantielle biographie donnée par M A. Whrminghofp en 1904, dans le t. XLVIII de la Deutsche Biographie (supplément). — Pour la biographie d'Hincmar, on s'en rapportera à l'ouvrage bien connu de VI. H. Schrôrs, Hinkmar, Erzbisçhof von Reims, Fribourg en Brisgau. 1881.

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à la critique ibsol liment lit commencer [ ta sans retard Hè convaincu!

e Louis le Pie t (2). Cependf ient pas l'ami ;meura sous t 'iva en juin 81 liberté, s'empi mpereur Loi h émanant de s ilué dans sa

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Muni de cel acte, Ebbon rentra à Reims (I), y fut reçu par le clergé Incal et au moins par quelques-uns de ses suffragants, y célébra les offices et y ordonna un certain nombre des clercs (2), au premier rang desquels figure un personnage du nom de Vutfade, lien connu dans l'histoire du milieu du ix' siècle. Mais la restauration d'Ebboo ne pouvait dépasser les limites de la courte période pendant laquelle Lothaire exerça une réelle influence sur la Francia occidentale. Un an après la .mort de Louis le Pieux, la défaite de Lothaire à Fonlanet niellait tin à celte influence; du coup Ebbon, obligé de quitter Keims et les étals de Charles- le- Chauve, reprenait sa vie errante. En vain vers 844, essayat-il, au cours d'un voyage à Rome, de se faire traiter par le pape Serge II comme archevêque de Reims, sans d'ailleurs solliciter la révision d'une sentence de déposition qu'il affectait sans doute de considérer comme n'existant pas. Le pape se refusa à écarter de piano la décision d'un concile et se borna à admettre Ebbon a la communion laïque (3),

Un peu plus tard, Lothaire intervint auprès du pape Serge, qui celte fois parut se décider à agir (4) : il ordonna qu'un concile fût tenu ù Trêves, après les fêtes de Pâques de l'année 846, pour trancher la question, toujours controversée, de la validité de la déposition d'Ebbon, et annonça que le concile serait présidé par un légal du Saint-Siège envoyé à cet effet. Pour une cause qui est demeurée

et diocesiro Ramenais urbis tibi restituimus. » Ces mots marquent bien que l'empereur considère Ebbon, non seulement comme un coupable, mais comme une victime politique, et que c'est lui-même qui lui restitue son siège, prœsentibua, adstantibus ac decernentibug praesiilibus.

(1) Décembre 840.

(2) En 853, ces clercs étaient encore au nombre de quatorze (Historiens des Gaules, t. VII, p. 260). En 866, leur nombre était ré.luit a neuf, tant canonici que wionocfti (Hincmak, PL, t. CXXVI, col. 63, C.)

(I!) Nicolas l fr expliqua plus tard celle attilude de Serge en disant que la décision du concile qui avait déposé Ebbon devait être observée jusqu'à ce qu'une décision du pape, rendue après instruction complète de l'affaire, l'eut inities néant. Or Ebbon ne semblait pas vouloir procéder judiciairement (Mansi. t. XV, col. 744). Quant à Hincmar, il ne manqua pas de dire que la conduite de Serge valait condamnation pour Ebbon, et il Ht gran l état du passage de la notice de ce Pape dans le Liber Pontificalis qui y fuir allusion [PL, t. CXXV, col. 391 ; t. CXXVI, cot. 68 et 201). Le passage du Liber Pontifi calil qu'il >;ïte si volontiers (ôd. Duchbsnb, t. Il, p. 90) est évidemment fa vora ble a Hincmar, car il semble qu'une instance en réconciliation, ouverte par Ebbon devant Serge 11, ait été purement et simplement repoussée. Ceci s'accorde mal, non seulement avec le passage précité de Nicolas I", maie encore avec ce fait que, deux ans plus tard, Serge, cédant aux instances de Lothaire, ordonnait la révision du procès d'Ebbon.

(4) Lettre d'Hincmar : PL, t. CXXVI, col. 82, B.

énigmatique (I), le légal De parut pas à la date ind le concile ne fut pas tenu. En revanche l'archevéqi bold, qui devait y siéger, convoqua a Paris une as de la Francia occidentale, où ne figurèrent ni Et senlanls du Saint-Siège; cette assemblée pronon jusque à la décision définitive de son affaire, l'inten dans le diocèse de Reims

C'est qu'en effet, depuis le printemps de 845, de Reims n'était plus vacant. Charles- le Chauve, < blablemenl par l'attitude de Serge II à l'égard éprouvé aucune hésitation à remplir ce siège < moine de St-Denys qu'il protégeait particulière!) autre qu'Hincmar (2). Énergique et perspicace, ne se résigna pas à accepter une situation discuté d'Ebbon. Il ne se contenta pas d'obtenir du conci sion mentionnée plus liant et de s'en réjouir comi Il comprenait fort bien que sa cause n'était pas g dépit chi froid accueil qu'y avait trouvé son rival et que la principale force d'Ebbon, à Rome et l'appui que lui donnait l'empereur Lothaire. Aussi pour se réconcilier avec ce prince et gagner sa fa'

Cette réconciliation était consommée dès la p 847, c'est-à-dire lorsque s'ouvrit la période cri doit porter notre atteniion. Ce qui le prouve sura qu'au début du pontificat de Léon IV, qui avait i c'est à-dire vers le milieu de l'année 847, Lothaii au nouveau Pontife afin de solliciter une dérision c

(1) Lettre de Lothaire & Léon IV, Mansi, t. XV, col.) karolini œvi, t. V, p. 609. Nicolas V", vingt ans plus tai que. si le légat n'arriva pas, la faute en fut à Hincmar (M

(S) Il me parait très probable que ce fut la froideur t< Ebbon qui fut considérée comme la condamnation de Charlee-lu- Chauve à pourvoir à la vacance du siège de haut quel parti Hincmar avait tiré de la conduite du Pi (voir ci-dessus, p. 551). IL me parait certain qu'il ne l'îi tement, car Serge lui-même marqua, par sa conduit* considérait pas l'affaire comme définitivement jugée, i l'appréciait comme l'avait appréciée son prédécesseur G l'apprécièrent ses successeurs, Léon IV, Benoit III et N Hincmar, A son avènement, se trouva dans une situatioi jugeait irrégulière. Ce différend latent qui existait eut Romains sur une question vitale pour lui est sans dout expliquent le gallicanisme du prélat.

48] P. FOURNÏER. 553

à Hincmar (t) et de lui ménager une réception favorable lors du voyage à Rome que l'archevêque se proposait de faire à une date prochaine (2). Ces bonnes relations entre Lot ha ire et Hincmar devaient durer plusieurs années (3) ; elles correspondent à peu près exactement, ce qui était naturel, à un rétablissement des rapports amicaux entre Lothaireet Charles le-Chauve (3). Cependant JSbbon, brisé par Tâge et la mauvaise fortune, brouillé avec Lothaire et réfugié dans les états de Louis le Germanique, s'éteignit tristement le 20 mars 851 à Hildesheim, où, au cours de ses dernières années, il avait rempli les fonctions épiscopales.

Hincmar, à son avènement, était naturellement très hostile à Ebbon et à son protecteur Lothaire. Aussi s'était-il empressé de frapper sans ménagement Vulfade et ses compagnons, qu'Ebbon avait ordonnés jadis lors de son éphémère restauration sur le siège de Reims (4) ; il les suspendit de leurs ordres jusques à l'issue d'une enquête qui d'ailleurs ne fut jamais faite (5). Visiblement Hincmar se proposait d'atteindre à la tête, dans son diocèse, le parti d'Ebbon et de Lothaire. Hais bientôt il crut devoir adoucir son attitude, et montra à ces clercs, pendant quelques années, une tolérance dont ils

(1) Il s'agit du pallium tel qu'il était conféré à tous les métropolitains, et non du pallium quotidien.

(2) Mansi, t. XV, col. 884-885 ; Epi$tolae,t.V,p. 609. Je crois cette lettre de Lothaire écrite à une époque très voisine des débuts du pontificat de Léon IV, c'est-à-dire de peu postérieure au mois d'avril 847. Lothaire en effet adresse au pape les actes d'un concile qui étaient destinés à son prédécesseur. D'ail leurs sa lettre fait allusion à un prochain voyage à Rome que peut-être Hincmar entreprendra ; or nous connaissons ce projet par le résumé d'une lettre d'Hincmar à l'archevêque de Trêves Hetti, lettre qui ne peut être postérieure au mois de mai 847, puisque Hetti mourut le 27 mai (Flodoard, Historia RemensisEcclesiae, III, 21 ; MGH, Scriptores, t. XIII, p 513 14). C'est pourquoi je crois devoir me ranger, non à l'opinion de M. R. Parisot qui place cette lettre en 849 (op. cit , p. 738), mais à celle de M Lesnb ("article précité, p 21 et s.) qui la date de 847.

(3) Je ne tiens pas la coïncidence pour parfaite. L'entente entre les deux princes fut ébauchée en 847 à Merssen et scellée à Péronne en 849 (Parisot, op. cit., p. 37-40) Hincmar avait fait sa paix plus tôt avec Lothaire. Il y était d'ailleurs provoqué, non seulement par la considération de sa situation particulière, mais par celle des intérêts spirituels et matériels de la métropole de Reims, qui étendait sa juridiction sur une portion du territoire soumis à Lothaire (le diocèse de Cambrai) et possédait des biens dans ses Etats.

(4) Nicolas I er le blâma, plus tard, d'avoir frappé des clercs qui n'avaient commis aucune faute : qui nihil prœter humilitatem et obedientiam exhibuerunt (Mansi, t. XV, col. 745).

(5) PL, t. CXXVI, col. 84.

profitèrent (1). Cette période de tolérance coïncide avec l'époque où Hincmar s'est réconcilié avec Lothaire, qui s'entremet pour lui près du Saint-Siège, c'est-à-dire avec l'année 847 et les années suivantes. Mais, au cours de Tannée 851. des nuages obscurcissent la bonne harmonie qui s'était établie entre Hincmar et Lothaire ; en 852, ils sont de nouveau brouillés (2). Le contre-coup de cette nouvelle se fait sentir sur les relations d'Hincmar avec le groupe des clercs ordonnés par Ebbon. La situation devient bien vite aiguë ; Hincmar voit en ces clercs des adversaires acharnés, et s'occupe de provoquer la réunion du concile qui se tient à Soissons, au mois d'avril 853, en présence de Charles le Chauve. On y compte vingt-six évéques, le chorévéque Ricbold de Reims, et de nombreux abbés, sous la présidence des métropolitains de Reims, de Sens et de Tours. L'assemblée donnant entièrement raison à Hincmar, déclare valable la déposition d'Ebbon, nulle la restitution qu'il aurait obtenue de Lothaire, et achève son œuvre en décidant que les clercs ordonnés par Ebbon devront toujours être tenus pour privés de leurs ordres.

lia question ne devait pas demeurer à ce point. Les clercs de R» ims ne se tinrent pas pour battus et s'adressèrent au Saint-Sièg<\ Hincmar, de son côté, en fit autant ; car il eût ardemment désiré qne les décisions de Soissons fussent confirmées purement et simplement par Léon IV. Mais il retrouva encore devant lui l'opposition de l'empereur Lothaire, qui, ayant de nouveau accordé sa protection

( 1) Cf. la lettre d'Hincmar à Lautard, visée par Flodoard (Historia Remensis Ecclesiae III, c. 28): Pandens rationem .. quare ipse ordinatos ab Ebone post suam depositionem à gradibus acceptis removerit, et qualiter postmodum sententiam suam tem peraverit. La Narratio des clercs de Reims dit aussi que ceux des clercs ordonnés par Hincmar qui demeurèrent dans le diocèse de Reims après 845 absque ullâ contradictione ministraverunt (Historiens des Gaules, t. VII, p. 280).

(2) Au printemps de 851, Hincmar espérait encore obtenir, réparation du grief qu'il avait contre Lothaire à propos de la protection que ce prince accordait à Fulcric, frappé par l'archevêque des censures ecclésiastiques; mais Hincmar ne tarda pas à s'apercevoir qu'il se trompait (Schrôrs, op. Cit. p. 59) En tout cas il n'est pas encore à cette époque en état d'hostilité vis-àvis de Lothaire. C'est peut-être ce qui explique l'attitude modérée qu'observe le prélat au moment de la mort d'Ebbon, survenue en mars 851. Il laisse inscrire le nom d'Ebbon dans les dyptiques de l'église de Reims, ce qu'il paraît avoir regretté plus tard (PL, t.CXXVI,col. 42); en même temps il paraît avoir invité l'évêque de Laon Pardulus à se montrer charitable pour la mémoire du prélat. (Flodoard, Historia, III, c. 21 ; MGH, Scriptores, t. XIII, p. 518). — En tout cas j'estime qu'il y eut en 852, entre Hincmar et Lothaire, à l'occasion de Fulcric, un conflit que M. Lesne atlénue trop quand il l'appelle « un léger dissentiment ♦» (article cité, p. 54). M. Lesne constate d'ailleurs les excellentes relations d'Hincmar avec Lothaire entre 847 et 851.

0] P. FOORNIER. &55

Vulfade et à ses compagnons, entrava l'action du prélat près du ÛDt-Sîège (I). Le Pape crut qu'il y avait lieu de procéder à une vision du procès jugé à Soissons et invita Hincmar à se présenter Rome pour prendre part aux débats ; l'archevêque n'y vînt pas, : dont Nicolas 1" lui fit plus tard un reproche (2). Sans doute le ocès ne Tut pas révisé, maïs la sentence du concile de Soissons ne t pas confirmée; les choses demeurèrent en l'état. Ainsi, dans tle affaire qui lui causait de si graves préoccupations, Hincmar ait du en toutes circonstances, depuis son avènement a l'épiscopat, mpter avec la faveur ou l'hostilité de Lothaire. Je n'ai pas à retracer l'histoire ultérieure de celte querelle, qui vait se ranimer sous Nicolas 1", si bien qu'en 866-867 elle donna u aux plus vives discussions. Ce qu'il importe de retenir, c'est e la période de 841 à 832, la seule qui nous intéresse en ce tmenl, fut, pour cette querelle, non pas une période aiguë, mais e période d'accalmie (3), Vulfade et ses compagnons y jouissent me tolérance de fait, a laquelle ils semblent avoir été arrachés usquement à l'approche du concile tenu à Soissons en 853. Cela . . si vrai qu'ils se présentent à ce concile, non en plaideurs, mais suppliants fort embarrassés de leurs personnages (2). Il est donc lez peu vraisemblable que, pendant ces années de tranquillité lutive, Vulfade ou ses amis aient consacré leurs loisirs à comser le recueil Isidorien comme une arme offensive contre Hincmar. Toutefois, nous ne pouvons en cette matière nous contenter de lisemblances. Le moment est venu de nous demander si les textes nontrent l'existence d'un lien entre le recueil de pscudo- Isidore la conduite de Vulfade et de ses partisans entre 847 et 833.

il est incontestable qn'on trouve dans les Fausses Décrétâtes un tain nombre de passages qui eussent été propres à fournir des

1) D'après Hincmar, Lothaire aurait fiai, cette fois encore, par sbannfir son opposition, mais seulement à une date de très peu antérieure a la rt de Léon IV, survenue te 17 juillet 855. (PL, t. CCXVI, col. 135, B.} sait que l'empereur ne tarda pas a suivre 'le Pontife dans le tombeau. ?) Mansi, t. XVI, col. 740.

3) Ils se présentent humblement en disant a Hincmar: » Miser icordiam imus nobis a Vectra Paternitate împendi de minislratione ordinurn eccleiticorum, ad quos a domino Ebbooe quondam provecti, a vostra autera toritate suspensi eumue ■ (Mansi, t. XV, col. 983). Sur les hésitations et embarras des clercs ordonnés par Ebbon lorsqu'ils vinrent à Soissons, ei la fin de la Narratif) (Historiens des Gaules, t. VII, p. 281).

arguments aux partisans d'Ebbon. D'après les prit riens, les évéques, comme les autres clercs, relevaient des juges ecclésiastiques; or, si l'assemblée de Thio déposé Ebbon, était composée de membres de l'épisco pouvait-on pas dire avec une apparence de raison que de lVmppreur.qui dirigeait les débats, transformait le s; sorte de tribunal palatin, incompétent pour prononcer d'un évéque (()? Au surplus it était possible, en s'inspir: de prétendre que la cause d'Ebbon n'était pas valablenu parce que c'était une cause majeure, sur laquelle le devait se prononcer. Il n'était pas non plus invraisembl tenir, toujours d'après Isidore, que deux vices graves î procédure suivie contre Ebbon : d'une part le prélat, e force à son diocèse et traîné à la suite de l'empereur, droit d'invoquer le principe qui se résume par ces mot! unie omnia restituenâus ; d'autre part l'aveu d'Ebbo couçu en termes beaucoup trop vagues, paraissait 1 arraché par l'intimidation et la violence.

Ces arguments, ou d'autres de la même nature, furent par les partisans d'Ebbon? Qu'ils en aient fait usage nière période de la querelle, au temps du procès de i saurait être mis en doute : c'est d'ailleurs un fait qui ne aucune influence sur la solution delà question que nous ne ce moment. En effet, de quelque pays qu'elles fussent ori Fausses Décrétâtes étaient à ce moment connues dans to Ce qui importe, c'est de savoir si, dans la période de Vulfade et ses compagnons se sont fuit une arme <i< isidonens. Qu'une réponse affirmative soit donnée à cet ce sera une raison de conclure que la compilation isic l'œuvre de Vulfade ou de ses amis, en tout cas des opp province de Reims.

Sur ce point les lestes authentiques à date certain concile de 853 ou lettres des personnages mêlés à cet! nous donnent aucun renseignement positif. Une seul pourrait être déduite des actes du concile de Soissons que cette unique indication est elle- intime très douteuse

Il est certain que, dans les débats qui ont précédé rendue à Soissons en 833, on a invoqué, contre Vulfade, i qui peut être ainsi résumé. Ebbon, déposé en 833 par q

(I) C'est l'idée qui parait indiquée dans V Apologeticum d'Eset des GauUs, t. Vit, p. 282.)

58 j p. FotmtaER. 557

évoques, a été reslitué en 840 par une assemblée où vingt évoques seulement étaient réunis autour de l'empereur Lothaire. Cette restitution est irrégulière pour plusieurs raisons, notamment parce que l'assemblée qui la prononça était moins nombreuse que le concile qui avait prononcé la déposition, ce qui est contraire au 12° canon d'Antioche (1). Il en résulte qu'Ebbon, quand il ordonna Vulfade et ses compagnons, n'avait pas été régulièrement relevé de la sentence de déposition qui l'avait frappé. Que cet argument ait été proposé avec succès, cela parait bien résulter de la teneur du 2*canondeSoissoos; aprèsque les pères du concile y ont mentionné l'assemblée nombreuse ou fut rendue la«eQtence de déposition, ils l'opposent à la décision rendue à Ingellieim pour rétablir Ebbon dans sa dignité, décision qu'ils n'estiment ni canonique, ni même vraisemblable, paucia admodum et aliarum regionum praesulibus nomtnotim exprmis (21. A cet argument, il importail à Vulfade de répondre en détruisant l'autorité du canon d'Antioche. Or, dans deux apocryphes isidc— riens forgés ponr reproduire la discussion ouverte entre le pape Jules et l'assemblée d'évéques orientaux qui, au cours des luttes entre orthodoxes et Ariens, avait excommunié S. Alhanase, ceux-ci reprochent au pape d'avoir admis à sa communion l'évéque d'Alexandrie dans une assemblée bien moins nombreuse que celle qui l'avait antérieurement condamné ; c'esl là un procédé que les Orientaux estiment contraire aux canons. Ils tiennent donc le langage que durent tenir les adversaires de Vulfade. Mais le papr, en la réponse que lui prêtent les faussaires, rejette la prétendue règle d'Aulioche comme une invention des Ariens, ad perditùtnem orlhodoxorum epiieopoTum (3).

llinschius, et d'autres avec lui, ont vu dans ce passage du faux Isidore la préparation habile de l'argumentation de Vulfade, dont le rôle devait être de reprendre la thèse du pape JuleB. Il en induit que l'auteur des Fausses Décrétais se préoccupait des intérêts des clercs ordonnés par Ebbon, et, par conséquent qu'il appartenait à

(1) C. 90 de Denjs le Petit.

(2) Sans doute par politesse pour la roi franc (Ckarles-te- Cbauvu) qui assistait a ses séances, le concile ne mentionne pas le vice capital de la restitution d'Ebbon, qui est d'Être moins une décision conciliaire qu'un edictum impériale. C'est ce vice qui, postérieurement au concile de Soissons, sera toujours invoqué ; il ne sera plus question du nombre des juges (Voir sur ce point les teites d'Hincmar : M*nsi, t. XV, col. 716, 769 et 777, et PL, t. CXXVI, col. 51, 65 et 83 ; voir aussi la lettre du concile de Trojes a Nicolas 1", Murai, t. XV, col. 793, et la lettre de Charles-le-Chauve au même pontife, ibtd., t. XV, col, 799).

(3) Hinschius, Décrétâtes Pseudo-Isidorianae, pp. 464 et 471.

la province de Reims (I). [Vautres iront plus loin et attribi Fausses Décrétâtes à Vulfade {%). Or ces conclusions ne être admises qu'autant que la présence, dans les Fauss taies, du passage sur lequel elles sont fondées ne trouve d'aï cation naturelle que l'intérêt porté par l'auteur à Vulf'ac voir qu'il n'en est pas ainsi.

Isidore connaissait le conflit qui s'était élevé entre les Or le pape Jules par un ouvrage qui lui était familier, à lui et au de son temps, i' Historia tripartita de Cassiodore (3). Il Cassiodore que ce conflit avait donné lieu à une corresponde le pape et les Orientaux, que de part et d'autre on s'y était sur la situation respective du Saint-Siège et de I aussi bien que sur la valeur des sentences portées contre par les évoques (4) ; enfin il pouvait lire dans la Tripa le canon d'Autioche sur lequel les Orientaux étayaienl leu tions avait été forgé par les Ariens en haine des orthodoi n'oubliez pas que le faux Isidore, à raison même du plan adopté, était amené a fabriquer tous les actes importants ■ dont les historiens ecclésiastiques lui fournissaient la nu devait utiliser, pour trouver des Ibèmes d'amplification, s les renseignements fournis par Cassiodore que ceux < contrait dans le Liber Pontificalis. A plus forle raison lui co de fournir à son lecteur les pièces d'un conflit aussi ce celui des Orientaux et du pape Jules; on sait que ce confli longuement dans l'histoire ecclésiastique, puisque la authentique adressée par Gélase aux éuéques d'Oriei encore allusion (6). Le faux Isidore ne manqua pas de s'aci ce qu'il devait considérer comme une portion importai lâche; il forgea une correspondance entre le pape et les dans laquelle il s'inspira de Cassiodore (7); c'est ainsi qu'il

(1) IMi„ p. COXII.

(2) C'est la conclusion de MM. Luri et Lot (Voir ci-dessus, p. '.

(3) L'Hi&toria tripartita était répandue au u° siècle. Hincmi naissait (Sohrôrs, Op. cit., p. 444). Le faux Isidore s'en est ser foiR (HiNscmus.-p. CXXI1I1.

(4) Historia tripartita, IV. 9 et. s.

(5) In Antiochia congregati pro damnatione fidei de consulta prolatae, odio Athanasii hauc regulam protulerunt (Historia (rîj 17). Il semble bien que c'est de ce passage de Cassiodore que phrase attribuée au pape Jules : Quando Antiochia pro damnatic coneubatanlialitate prolatae ftiistis congregati, odio praedicti Athe regulam protulislis (Cf. Hinbchius, p. 471).

(6) HiNscmus, p. 643.

(7) En voici des exemples : Les noms des quatre évoques ori

54] P. FOURNIBR. 559

casion, comme l'avait Tait Cassiodore, démarquer son aversion pour le 12° canon d'Anliocbe. Ainsi tous ces passages des Fausses Décrétâtes trouvent une explication naturelle; je ne crois pas qu'il soit permis d'en induire qu'ils ont été écrits afin d'assurer la défense de Vulfade et de ses compagnons (1).

Il n'est point d'autre témoignage à date certaine, auquel on puisse avoir recours pour prouver que Vulfade ou ses amis ont composé les Fausses Décrétâtes en vue du procès soutenu par eux en 853 (2). Toutefois il est certain que, dans la seconde moitié du ix« siècle, divers documents de date douteuse, fort imprégnés de principes isidoriens, furent mis en circulation dans l'Eglise franque au profil de la cause d'Ebbon, qui était celle de Vulfade. S'il était prouvé que ces documents eussent été rédigés antérieurement à la sentence, contraire à Vulfade, qui fut rendue en 853, si, en d'autres termes, il était prouvé qu'ils furent, à cette époque, l'œuvre des partisans de Vulfade et d'Ebbton qui, dans la province de Reims, étaient en lutte avec Hincmar, il y aurait des chances sérieuses pour

écrivent au pape : Euaebius, Teognius, Teodorus, Berintus, sont empruntés à. Cassiodorb (IV, 5), qui les désigne comme les chefs des adversaires d'Alhanase. — Cassiodore (IV, 15) résume une lettre où le pape Jules adresse des reproches aux Orientaux : culpans (eos) quia non recte tractassent viros inculpabiles, de suis ecclesiis eos expellentes. Or je lis dans la lettre de pseudo-Jules (Hinsohius, p. 465) : talibus enim fragments liquot eos esse inculpabiles, vosque culpabiles; et plus loin (p. 4Gûj : non recte tractastis viros inculpât os. — Cassiodorb dît, a propos de la même lettre, que le pape appelait a Rome quelques prélats orientaux, ut coram eis ostenderet justum se super eos protutiase decretum. Pseudo-Jules (Hinschius, p. 466) ordonne aux Orientaux de venir A Rome ut coram vobis ostendamus nos justam in eos protulisse sententiam , — Cassiodorb ajoute que le pape reproche aux Orientaux de violer les canons de Nicée : quod constituta Niceni concilii minime conservarent. L'apocryphe du pape Jules ne leur épargne pas ce reproche : constitutum Niceni concilii minime servantes (Hinschiub, p. 466). De même on pourrait retrouver dans la lettre apocryphe des Orientaux au pape Jules (Hinschius, p. 462) des traces de l'inspiration puisés dans le résumé de la lettre authentique donnée par Cassiodorb (IV, 16).

(I) Je crois inutile de discuter ici le texte de Pseudo-Félix, I (cap. 2 ; cf. Capit. Angilramni, c. 4), où l'auteur se préoccupe de venir en aide n un évêque in detentione aliqm à suis ovibus sequestratus. {Hinschius, p 201 et 758). On a dit que ce texte visait Ebbon, dont tel fut le cas. Mais ce texte peut aussi, comme on le verra, êtreappliqué aux évoques bretons dont il sera question plus loin. Il en est ainsi d'autres passages que l'on a appliqués à Ebbon et qui peuvent être tout aussi bien interprêlés des Brotona. (En ce sens Langrn, dans son article : WeristPseudoisùtor,(Historische2eitsckrift, t, XLVin (1882), p. 481, note).

P. FOURNIfiR. 561

il n'est nullement certain qne ce document ait été composé peu après 844, ou même du vivant d'Ebbon. La fausse bulle n'est mentionnée pour la première fois que dans la Narratio (1). Or on vient de dire que la Narratio est postérieure à 883 (d). — Au surplus il serait difficile d'admettre que la bulle fût en circulation dès 858. Raban Maur, archevêque de Mayence, qui mourut en 856, n'a connu aucun écrit attestant la restitution d'Ebbon, qui pourtant termina sa vie en 851 sous la juridiction de Mayence à Hildesbeim (3). En outre Hincmar lui-même, à deux reprises, déclare qu'aucun document écrit sur la prétendue restitution d'Ebbon par Grégoire IV n'a été produit avant le procès de 867 ; c'est Vulfade qui lui montra la fausse bulle au concile de Troyes tenu au mois d'octobre de cette année (3). Il est donc très probable — on pourrait dire certain — que cette bulle apocryphe fut composée à une époque tardive, bien plus rapprochée de 867 que de 853 (4).

Du même coup, je suis amené à penser que le discours connu sous

(1) Historiens des Gaules, t. VII, p. 279 et 280. La Narratio fait allusion au double objet de la bulle apocryphe : restituer Ebbon contre la sentence de déposition, et lui permettre, le cas échéant, d'occuper un autre siège. IL 8 agissait évidemment de démontrer que la situation d Ebbon avait été régularisée, et qu'il pouvait, suivant les circonstances, soit revenir à Reims, soit demeurer a Hildesheim.

(2) Raban Maur a seulement ouï dire qu'Ebbon avait été restitué par la Saint-Siège : « Audivi (eu m) ab Apostolica sede in locuui suum restitutum esse." Il s'agit évidemment d'un renseignement oral qu'a reçu Raban; le prélat, qui répondait à une question posée par Hincmar sur la situation d'Ebbon, n'a sûrement pas connu l'existence de la bulle qu'il n'aurait pas manqué de signaler à son correspondant. (Poenitentiale Rabani, col. 34, dans PL, t. CX, col. 494, et dans MGH, Epistolae karolini œvi, t. V, p. 514.)

(3) En juillet 867, Hincmar, à propos d'Ebbon, écrit à Nicolas 1 er : « Nec utlum document uni de sua restitutione vel a Sede Apostolica absolutione... in vita sua synodo ulli obtulit. » (PL, t. CXXVI, col. 83). — En novembre de la même année, il écrit à Anastase : Sed et de charta transmigràtionis ad aliam parochiam à Gregorio papa proefato Eboni facfa, nihil in prœdictis eorum scriptis habetur (dans les écrits des évêques réunis au concile de Soissons ténu en 806), quoniam in istis nostris régi on ib us antea visa non fuerit, nisi modo cum dilectis frater noster Vulfadus apud Trecas eam nobis ostendit {Ibid., col. 257).

(4) Elle contient d'ailleurs une grossière erreur. Et effet elle est présentée comme ayant été obtenue directement à Rome, de Grégoire IV, par Ebbon lui même. Les documents sérieux ne savent rien de Ce voyage d'Ebbon à Rome ; il y alla seulement sous Serge II, le successeur de Grégoire IV. Au surplus, fi Ebbon avait obtenu de Grégoire IV la bulle en question, ses démarches auprès de Serge II, celles de ses protecteurs et de ses partisans auprès de Léon IV ne s'expliqueraient plus. Le concile de Troyes en 867 (Man8i, t.XV, coî. 794) paraît avoir accepté la bulle de Grégoire IV, ce qui ne fait pas honneur a son sens critique.

le nom d' Apologeticum Ebbonis date de I* mèffl' fausse bvlle. C'est, en eflet, us document étroitem cette bulle par les idées et le style ; le tab M. Hampe {1} en fournil la preuve surabondante (2). croire que ces deux apocryphes sout coutemporai pièces mises en circulation par les partisans de Vulf l'opinion sur les incidents de la vie d'Ebbon, et < prédécesseur d'Hincmar ne fut pas pendant une gr; vie un insurgé contre les lois de l'Eglise.

4* On en peut dire autant d'un second Apolog< révélé par la publication qu'en a failc en 1900 H. ' C'est pour une large part une amplification de VA connu, qui est complété par des banalités. Il est i l'ordre des idées y est modifié et qu'une addition y de l'acte de l'empereur Lothaire par lequel fut rcsli addition est caractéristique, parce qu'elle contient inspirée par l'esprit isrdorien, qne l'auteur place d Drogon de Metz (4). Il semble qu'on ait voulu, en l'i l'acte de Lothaire, répondre aux adversaires d'Ebbt de voir uniquement dans l'acte de restitution un édi En tout cas le nouvel Apologeticum, postérieur an f moins apocryphe.

Ainsi, la Narratio, la fausse bulle et les deux Apa menls marqués très-nettement de caractères isidori gés sans doute par Vulfade ou par ses partisans, peut-être a une époque voisine du renouvellement d lieu vers 866.

En résumé, la période de 847-883, au cours de laq Décrétâtes ont été rédigées, est, au point de vue Vulfade et Hincmar, une période d'accalmie, au o

(1) Article citi, pp. 182 et s.

(2) Cette conclusion se rapproche d'une conjecture é (Ueber die Heimat PseudoiHdors, p, 78 et s.) contraire Hampu, qui fait remonter l' Apologeticum a Ebbon.

(3) Einneuer Textdes Apologeticum Ebonis, dans New (1900), p. 364 et a.

(4] ■ Drogo... sciens sine certo et manifesta cri mi ne neir vocatum publiceque convictum deponendura epiacopum, ne et praesentia ecclesiae auae oemioem niai sponse eonfeasum episcopum, alioquin quasi fugitivum aut qubcumque canonice revocandum... pontificali ex auctoritate fratrem pum mundanis a pi-essuria eductum ... revocamus (Ibid. passage me parait être on apocryphe fabriqué pour a| de Lothaire, favorable à Ebbon, d'une décision rendue fn du pouvoir spirituel.

b&) " * t\ FOURNlEk. 563

Vulfade et ses partisans furent sans doute peu disposés à forger des armes. En tout cas, les traces qu'on a cru trouver dans la compilation isidorienne des arguments qui ont dû être présentés au concile de Soissons, en 853, pour soutenir la validité de la sentence de restitution d'Ebbon s'expliquent naturellement sans qu'on soit obligé d'y voir une allusion à l'affaire d'Ebbon. Enfin les documents inspirés par l'esprit isidorien qui ont été mis en circulation au profit de Vulfade ont été rédigés après 853, c'est-à-dire à une époque où la compilation isidorienne était répandue dans le royaume de Charles le- Chauve.

Il n'y a donc aucune raison décisive pour considérer les Fausses Décrétées comme rédigées de 847 à 852 par Vulfade ou par d'autres clercs de la province de Reims partageant son hostilité pour Hincmar.

D'ailleurs l'opinion qui attribue les Fausses Décrétâtes aux ad ver sa ires d'Hincmar se heurte à de graves objections que nous' ne pouvons nous dispenser d'indiquer.

En premier lieu, s'il fallait admettre que la compilation pseudo- Isidorienne eût été rédigée, entre 847et le commencement de 852, par Vulfade et ses compagnons pour démontrer la régularité de leurs ordres, il en résulterait que cette compilation aurait été, par sa destination première, une arme forgée pour combattre Hincmar, dirigée contre lui, et produite dans sa province en un débat dont l'issue, pour de graves raisons, lui tenait au cœur. Or, ceux là se trompent singulièrement sur le caractère du rude lutteur que fut Hincmar, qui pourront croire que le prélat, s'il avait senti la pointe de celte arme, n'aurait pas immédiatement discerné l'adversaire qui le lui présentait et foncé sur lui. Il connaissait les textes canoniques et savait, aussi bien que personne, flairer une imposture quand il y avait intérêt ; voyez comme il se débattit contre la fausse bulle de Grégoire IV portant restitution d'Ebbon, dont plus tard Vulfade essaya de l'embarrasser (I). Telle n'est pas, il s'en faut, la conduite qu'il tient vis à-vis des Fausses Décrétales; loin d'en contester en bloc l'authenticité, il en accepte ou en rejette le contenu, suivant ses vues personnelles, ce qui lui est facile, à raison de la théorie juridique qui lui est propre sur la valeur des Décrétales (2). Certes il avait trop le sens de la lutte pour se comporter avec cette indifférence s'il s'était trouvé en présence d'une machine de guerre con-

(1) Lettre d'Hincmar à Anastase; PL, t. CXXVI, col. 257.

(2) Schrôrs, op. cit., pp. 402-406. La théorie d'Hincmar fut employée à la fin du ix° siècle par Gerbert, quand il eut à se défendre. a Reims, contre des adversaires qui recouraient aux Fausses Décrétales.

struite à seule fin de lui porter un coup mortel, en contestant la légitimité de son épiscopat (1).

En second lieu, si les Fausses Décrétales ont été rédigées au profit des clercs ordonnés par Ebbon, il faut avouer que l'effet est bien peu proportionné à la caus». On ne comprend pas, dans cette hypothèse, pourquoi Isidore a tant insisté sur le maintien de la constitution de l'Église et de ses bases territoriales, la province et le diocèse, et aussi sur le respect des divers degrés de la hiérarchie et de la compétence de chacun. Aucune de ces grandes institutions n'était ébranlée par la controverse relative aux ordinations faites par Ebbon. L'ensemble de la constitution ecclésiastique n'était pas mis en péril; il ne s'agissait que de fixer une règle sur un point sans doute important mais bien délimité, à savoir les conditions auxquelles devraient se faire la déposition et la restitution des évéques.

Sans doute, l'opinion qui fait de Vu I fa Je et de ses partisans les auteurs des Fausses Décrétales est la seule opinion compatible avec l'hypothèse qui place à Reims le berceau de cette compilation. Mais, puisque celte opinion n'est appuyée que très-insuffisamment par les faits, il n'y aurait lieu de l'accepter qu'avec réserve, a la dernière extrémité, comme un pis-aller, pour le cas ou d'autres événements, se produisant a la même époque sur un autre théâtre, n'expliqueraient pas d'une manière plus satisfaisante l'origine de la célèbre collection. Le moment est venu de nous demander s'il ne serait pas possible de trouver cette explication.

(1) Remarquez qu'il avait des doutes au moins sur l'authenticité de certains textes isitlonens, comme l'atteste un passage d'une lettre par lui adressée a Jean VIII ; PL. t. CXXVI. col. 240, D ; voyez aussi col. 377-379. Si le feus Isidore lui avait été présenté par ses adversaires, de tels doutes seraient devenus une certitude; il se serait insurgé contre toute la collection. Il demeura sur la réserve, parce qu'il ne se sentait point visé, et, si parfois il combattit les doctrines pteudoisidoriennes, paifois aussi il essaja d'en tirer parti En tout cas il ciie la collection sans sourciller lorsqu'il parle d'un texte de S, Sil.estre, quem laidorus episcopus Hispalensis collegit cum epistolis Komanae Sedis pontiticum a sancto Clémente usque ad beatum Gregorium (t. CXXV, col. 1103, D). On sait qu'ailleurs par une confusion Étrange, il impute à Riculf, évêque de Majence, mort en 813, l'introduction en Gaule de cette œuvie qu'il attribue â Isidore de Séville |t. CXXVI. col. 3/9, B). C'est cm même Riculf qui est nommé dans la préface des Faux Capitulaires. L'uttitude d'Hincinar a l'égard des Fausses Décrétales a été - chatoyante », dit M. on Scheker (Handbuch des Kirchenrecktes, t. I, p. 222, note 33). Elle eut été très nette si Hincmar se fut senti directement visé.

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