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HISTORIQUE

Definition du col du radius. — On désigne sous le nom de col du radius la portion rétrécie, de forme cylindrique qui supporte la tête du radius et qui est limitée, à sa partie inférieure, par la tubérosité bicipitale.

C’est aux fractures situées entre ces deux limites précises qu'il convient de limiter notre étude. Nous écarterons de notre description les fissures qui peuvent se prolonger sur le col radial, après avoir atteint, et d’une façon prépondérante la tête ou le corps du radius.

Parmi les auteurs, quelques uns, comme CouLown, Voic- LEMIER, se bornent à dire qu'ils n’ont jamais vu de fractures du col du radius.

Avant eux, MALGAIGNE, dans son beau Traité des fractures et des luxations citait deux cas de fractures du col du radius.

Dans un premier cas il s’agissait d’une fracture comminative du coude chez une femme de cinquante-sept ans, qui, vers l’âge de trente ans, avait eu le coude fracassé par le choc d’une porte cochère qui s'était refermée brusquement sur elle. On voyait sur la pièce anatomique les détails suivants : une fracture oblique de la trochlée avec écrasement du frag-

Pie

ment détaché; un écrasement de lolécrâne, de la cavité sigmoideet de l’apophyse coronoïde ; un écrasement de l’épitrochlée réunie à l’olécrâne; enfin « la tête du radius était séparée de la diaphyse, à laquelle elle ne tenait plus que par un peu de tissu fibreux. »

Dans un second cas, MALGAIGNE à observé une fracture de l’olécrâne, de l’apophyse coronoïde, de la tête et du col du radius. Il ajoute quelques pages plus loin :« ASTLEY COPER à élevé des doutes sur la réalité des fractures du col du radius J'avais cru pour ma part en avoir observé un certain nombre de cas chez des enfants qu’on avait imprudemment soulevés par le poignet, mais des expériences faites sur le cadavre m'ont démontré qu'il y avait alors subluxation plutôt que fracture. » Cela tient probablement à ce qu’il avait observé ces cas chez de très jeunes enfants.

Hamicron dit que la fracture du col du radius, en tant que traumatisme simple, sans complication d’autre fracture ou luxation, est extrêmement rare. Les seules pièces qu'il ait vues sont : une pièce douteuse de la collection du Dr Warr et une pièce de feu le D'Murrer (de Philadelphie). « VELPEAU ajoute HAMILTON, à une fois vérifié sur le cadavre, l'existence de cette fracture, mais elle s’accompagnait d’une fracture de l’apophyse coronoïde. »

B£RARD avait en sa possession une pièce analogue.

HAMILTON cite ensuite trois faits observés personnellement par lui chez des enfants vus deux mois et demi, six mois, quinze mois après l’accident, avec des mouvements très limités : pronation forcée impossibilité de la supination et avec une saillie en avant du coude, au niveau du col du radius.

BARDENHEUER confond dans une même description assez confuse d’ailleurs, les fractures de la tête et les fractures du col du radius. |

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A. Horra consacre un bref chapitre de son traité à la description des fractures du col radial qu’il considère comme très rares. Il pense que «chez les jeunes sujets, il s’agit, en règle générale, d’une disjonction épiphysaire. » Nous verrons plus loin ce qu'il convient de penser de cette assertion.

Rappelons enfin que nos deux Traités de chirurgie se bornent à reproduire en quelques lignes les notions antérieurement émises sur la fracture du col du radius.

HELFERICH, dans son Précis iconographique des fractures et des luxations ne consacre que six lignes à cette fracture, sans la moindre figure.

C'est à M. Albert MoucHeT que l’on doit la première, la plus complète, et la plus précise étude de ces fractures ; cette étude, basée sur des observations relativement nombreuses au moment où 1l la publiait en 1900, il l’a continuée et constamment tenue à Jour depuis; c’est àses côtés, à l’hôpital BRETONNEAU, au Cours de ses nombreux examens cliniques, et grâce aux nouvelles observations ainsi qu'aux radiographies si obligeamment mises par lui à notre disposition que nous avons pu recueillir les principaux documents nécessaires pour notre travail.

Nous avons en outre fait de nombreux et copieux emprunts aux différents mémoires qu’il a publiés sur ce sujet et qui sont déjà devenus, pour ainsi dire classiques. Chemin faisant, nous considérerons comme un agréable devoir de gratitude de les signaler au lecteur.

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ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — ETIOLOGIE

Nous reportant aux constatations de M. Albert MoUCcHET, nous rappellerons d’abord que les fractures du col du radius peuvent se présenter parfois, moins souvent cependant que ne l’a dit Horra, associées à d’autres fractures du coude. Ainsi dans un cas, c’est un arrachement épiphysaire de l’épitrochlée qui accompagne la fracture du col radial, dans un autre c’est une fracture transversale de l’olécrâne, en dessous du cartilage épiphysaire ; dans deux autres cas enfin, c’est une fissure sus-condylienne oblique plus ou moins complète, parallèle et sus-jacente au cartilage épiphysaire du condyle externe de l’humérus.

Toutes les fractures dont nous avons recueilli les observations ont été des fractures fermées ; il est vraisemblable qu’on ne doit guère observer les fractures ouvertes, en dehors des écrasements du membre ou des blessures par armes à feu.

La fracture est complète ou incomplète.

Cette dernière variété est du reste très rare. Mais ce qui est intéressant à constater c’est que dans toutes les observations, que nous avons eues entre les mains le trait de fracture a un siège fixe, constant, au col même du radius, par conséquent à un niveau bien inféricur à celui du cartilage épiphysaire.

« Il suffit, dit M. Albert MoucxerT, d'ouvrir l’Atlas « dostéologie de Rambaud et Renault, ou mieux de fendre « quelques têtes radiales d’enfants, pour voir que le point « épiphysaire de la tête du radius constitue seulement une « mince lame osseuse immédiatement sous-jacente à la « capsule radiale. (Fig. 1, 2 et 3).

«La radiographie nous a d’ailleurs fourni près de deux cents « fois l’occasion de vérifier ce fait que nous avons déjà mis en relief dans des publications antérieures. Si nous insistons « sur ce point, c’est parce que Horra et quelques auteurs à «sa suite ont prétendu que la fracture du col radial était, «en règle générale, chez les jeunes sujets un décollement «épiphysaire. Or pas une de nosonze observations ne présente «cecaractère ; les radiographies aussi bien que les cons-

DE Es EST Hier: Fig. 3.

FIG. 1. Point épiphysaire de la tête radiale d'un enfant de six ans. (D'après la radiographie) M. Mouchet. — FIG. 2. Point épiphysaire de la tèle radiale d'un cufant de dix ans. (D’après la radiographie) M. Mouchet. — FIG. 3. Coupe de l'extrémité supérieure du radius d'un cadavre de dix ans. (D’après M. Mouchet.)

€ tatations directes au cours des opérations sont formelles à «cet égard. »

Dans un article du Journal des Praticiens (3 décembre 1910) M. Broca s'exprime ainsi: «On a discuté pour savoir s’il «s'agissait d’un décollement épiphysaire, et Moucxer l’a nié « malgré l’opinion de Horra. À mon sens le trait de fracture « occupe le col, nettement au dessous du cartilage conjugal, «et d’après l'examen des radiographies, il semble que celui-ci € soit intact. Mais après avoir partagé l'opinion de Moucuer,

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€ J'y ai renoncé, ou plutôt l’examen des pièces que j'ai « obtenues par opération chirurgicale, m'a conduit à admettre « que la plupart du temps il y a association de fracture et « de décollement épiphysaire. Il y a fracture qui sépare un € coin osseux, situé en avant et en dehors ; celui-ci apparaît «sur la radiographie, sous forme d’un triangle dont le côté « inférieur est oblique en haut et en dedans, et derrière ce coin « opaque nous ne voyons pas ce qui se passe. Mais quand « on résèque, on voit que ce pan osseux, assez mince, est

Fig. 4. ES FIG. 4. Le déplacement dans une fracture du col du radius, d’après la radiographie (M. Broca, Chirurgie infantile). — FIG. 5. Pièce obtenue par résection et mon-

trant qu'il y a, en partie, décollement épiphysaire. (M. Broca, Chirurgie infantile.)

« appendu au dessous du cartilage conjugal décollé. (Fig. 4

et 5).

« On ne saurait préciser par où commence la solution de

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«continuité, par le trait de fracture ou par le décollement, ce € qui d’ailleurs est sans intérêt pratique. »

La direction du trait de fracture est généralement trans versale, parfois un peu oblique. Quant aux figures secondeires partant du trait primitif, elles sont rares.

Les ligaments doivent être fréquemment lésés ; non pas

Fig. 6. Eros FIG. 6. Déplacement des fragments (d'après un dessin de M. Mouchet. —

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FIG. 7, Fracture du col du radius à trait oblique. Le fragment supérieur est resté dévié en dehors et en avant. (Pièce de l'observation XL dessinée d’après nature et réduite au quart) M. Mouchet.

les fibres du ligament annulaire qui semblent résister, ainsi que M. MoucHer à pu le constater au cours de plusieurs opérations, mais les fibres verticales du ligament latéral externe ; l'examen clinique du blessé permet, du moins, de croire à la réalité de ce fait, et les déplacements quelquefois assez notables de la tête du radius ne peuvent trouver d’autre

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explication. Quant aux muscles ils paraissent être assez rarement atteints, encore que dans certains cas ils deviennent le siège d’une infiltration sanguine assez abondante.

Les vaisseaux et les nerfs, ne sont pour ainsi dire jamais touchés.

Le déplacement des fragments est variable, quelquefois nul, même dans le cas de fracture complètesi elle s'accompagne d’un certain degré d’engrènement (fig. 6 et 7); on peut dire alors, comme pour les fractures de l’extrêmité inférieure du radius, qu’elles se sont produites par pénétration. Mais le plus

Fig. 8. Fig. 9.

FIG. 8. Schéma d’après la radiographie de l'observation XVI et montrant le déplacement du fragment supérieur. — FIG. 9. Schéma d’après l'observation XII.

souvent il existe un déplacement plus ou moins accusé: le fragment inférieur ou diaphysaire est attiré en haut et en avant par le muscle biceps; le fragment supérieur constitué par la tête radiale bascule en dehors (fig. 8 et 9).

Parfois il bascule en avant, par suite, sans doute, de la

rupture du faible ligament antérieur, et vient, dans les mouvements de rotation qu’on lui imprime (pronation ou supination) rouler contre le bord antérieur de la petite cavité sigmoïde, donnant lieu à des craquements assez rudes après consolidation chez un malade que M. Moucer dut opérer.

Quel que soit son degré, le déplacement est la conséquence non de l’action vulnérante mais de la contraction musculaire.

En général les deux fragments restent en contact (même déplacés) sur une petite portion de la surface fracturée. Mais pour l’appréciation de ce déplacement la radiographie ne viendra en aide à l’examen clinique si difficile en cette région, qu’à la condition que plusieurs épreuves soient prises dans ces plans différents. Une seule épreuve risquerait fort d’induire en erreur sur la nature et le degré du déplacement.

Tels sont d’après l’ensemble de nos recherches les caractères anatomiques des fractures du col du radius.

Quel est leur mécanisme ?

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