‹ Étude Sur Les Fractures Du Col Du RadiusChapitre 7 sur 26 · MÉCANISME · texte numérisé non relu

MÉCANISME

Il semble difficile de répondre catégoriquement à cette question.

Dans la plupart des observations que nous avons eues à notre disposition, il s’agit d’un enfant qui est tombé sur le coude. Est-ce à dire que la fracture soit dûe à un choc direct ?

D'ailleurs 1l est difficile de recueillir des renseignements précis sur les circonstances qui ont accompagné l’accident ; d’autant plus qu’il s’agit le plus souvent d’un enfant. Et même on pourrait aller jusqu’à dire que, dans un certain nombre de cas tout au moins, le coude a porté sur le sol après que l’enfant a lancé sa main en avant, et qu’alors la fracture du col radial a très bien pu succéder à la chute sur la paume de la main.

Une des observations de M. MoucxerT vient à l’appui de cette opinion : un enfant bousculé par un camarade trébuche ; il porte la main en avant comme pour se raccrocher à un objet; la paume de la main appuie fortement sur un mur voisin ; l’enfant éprouve une douleur vive de l’impotence fonctionnelle, et à l’examen on constate une fracture du col du radius sans qu'il y ait eu chute et choc direct.

Enfin la situation profonde du col du radius, sous une épaisse couche de muscles permet difficilement de croire qu’un choc direct pourrait l’attemdre.

I] paraît donc plus logique et plus vraisemblable d'admettre avec BARDENHEUER et Rierrez l’action de la violence

indirecte. Ce n’est point cependant l’opinion de Horra, de Ricarp et Demourin. Ces auteurs invoquent le choc direct: un violent coup de bâton, une chute sur le côté radial de l’avant-bras venant heurter un corps aigu.

En vérité ces circonstances semblent difficiles à réaliser et elles doivent se présenter bien rarement en pratique.

Pour arriver à élucider cette question M. Moucer a fait des expériences sur le cadavre. Malheureusement, l’absence d'action musculaire ne permet pas de tirer des conclusions absolues d’un pareil mode de recherches. Toutes ses tentatives ont, du reste, échoué, et malgré une trentaine d'expériences, il n’a pu obtenir une seule fracture typique du col du radius, et cela pas plus avec le choc direct qu'avec le choc indirect.

Faut-il donc attribuer à la contraction musculaire une part prépondérante dans la production de cette fracture? Les faits nous portent à incliner de ce côté. M. MoucHET, ayant remarqué depuis longtemps la fréquence des chutes sur la paume de la main chez l'enfant, était tenté d'admettre à priori que le col du radius se fracturait dans une chute sur la paume de la main, l’avant-bras étant fléchi ; le même mécanisme étant applicable à la fracture du condyle huméral qu'il avait pu, dans ces conditions, obtenir sur le cadavre, Cependant les mêmes manœuvres sur lui n’ont pas permis de reproduire une fracture du col radial ; est-ce parce qu'il manquait un facteur principal, la contraction musculaire ? C’est probable. En tous cas il semble que les conditions qui président à la production d’une fracture du col du radius doivent être complexes puisque cette fracture est en somme relativement peu fréquente ; néanmoins, nous reportant aux faits que nous venons de citer nous croyons avec M. MoucxerT que la vrolence indirecte doit être le mécanisme le plus fréquent.

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