‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 2)Chapitre 104 sur 132 · UN TEXTE AUTHENTIQUE RETOUCHÉ · texte numérisé non relu

UN TEXTE AUTHENTIQUE RETOUCHÉ

Le problème se pose alors de savoir si Phistoire racontée est authentique. Il est possible que Dasius soit effectivement mort dans les circonstances qu'on a dites ; mais, dans le fait, est-il mort ainsi?

Notre texte assure que le martyr a été tué le vendredi, 20 novembre, le 24^ jour de la lune. Le 20 novembre 302 est effectivement un vendredi ; mais le chiffre de la lunaison est faux : ce chiffre correspond au 20 novembre 303. Si l'on tient pour juste le chiffre de la lunaison, c'est donc la notation du jour qui est inexacte : le 20 novembre 303 tombe un samedi. Il est certain qu'il y a là une erreur. Il est certain aussi que Dasius nous trompe en parlant du légat Bassus : depuis Gallien, il n'y a plus de legatus legionis, et jamais un legatus juredicus n'est appelé legatus ; ^i si ce legatus veut être le rector provinciœ^ comment expliquer qu'un magistrat civil in^e, un soldat? Là encore, il y a une erreur.

Néanmoins, il est très probable que l'épisode est authentique. Ni en Orient ni en Occident, les hagiographes n'en inventent qui présentent cette physionomie. Nous n^avons qu*w?z manuscrit des actes ; notre version est sans doute une traduction ; commQni, alors, attacher tant d'importance à la méprise qui transforme un samedi en vendredi et prend un magistrat pour un autre? Et si la notation du vendredi dérive d'une méprise accidentelle, il est donc assuré que le rédacteur du texte primitif, s'il n'était pas contemporain des faits, disposait d'un récit contemporain. Selon toutes les apparences, Dasius est mort dans les circonstances que décrit le texte, le 20 novembre 303 S — et ses actes ont été portés à Rome par des chrétiens fugitifs ainsi que ceux de Jules, de Quirinus, de Pollio, d'Irénée, de Jules et de Nicandre. L'histoire des Quatre Couronnés s'explique comme l'histoire de saint Maurice : par des faits analogues.

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^ Cf. Synaxaire de Constantinople, 20 juin. [Delehaye, 241]. Je ne vois pas rorigine de cette fête du 20 juin.

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