‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 2)Chapitre 17 sur 132 · URSUS ET VICTOR · texte numérisé non relu

URSUS ET VICTOR

dans une église de Genève, par Hyconius, Rusticius et Patricius. en présence d'un prince Théodoric, d'un corps sacré qu'on identifie avec celui de Victor de Soieure.

Je remarque qu'Hyconius nous est très bien connu : il assista aux conciles de Mac on de 581 et de 585 [Duchesne : Fastes... i, 234]. Rien ne nous autorise à suspecter, ici, le témoignage de Frédégaire. Il faut admettre la réalité de l'invention. Notre texte a pour objet d'en conter l'histoire et d'ea expliquer l'importance : il date sans doute du début du vii^ siècle. — Mais comment comprendre qu'il contredise Frédégaire quant à l'origine de l'église? celui-ci la rapporte à Sideleuba, la sœur de Clotilde, celui-là à Godegisèle, Theodesinde et Domitianus. Cette divergence est de faible importance : Sideleuba est la propre sœur de Godegisèle (et de Clotilde, la femme de Clovis) ; on s'explique qu'au bout d'un siècle on confonde quelque peu les personnages d'une même famille. — J'attire l'attention sur l'évêque Domitianus : il apparaît dans la seconde version interpolée de Maurice A ; il joue, ici et là, le même rôle [cf. l'invention d'Innocentius et l'invention de Victor]; ici et là (peut-être), le nombre des Thébéens est fixé à 6.666, comme dans le férial hiéronymien. Voilà bien des coïncidences. Les deux inventions ne seraient-elles pas fictives; et n'auraient-elles pas été imaginées afin d'expliquer la présence à Genève, ici de Victor de Soleure, là d'un Innocent qui n'était pas davantage genevois. Dans cette hypothèse on devrait placer à Genève et dater de 600 environ le second interpolateur du texte d'Eucher *.

Quant au second texte, il a sans doute été suscité par le premier au vii^ siècle : un Soleurois aura rougi de l'indifféreace que ses concitoyens témoignaient à leur patron. — Sur les rapports de Domninus avec ce texte et avec Maurice, cf. G. M. R. ni.

* Le texte de 600 reposait-il sur un texte antérieur? Eucher paraît connaître la légende de Soleure, que notre texte appelle castrum. [Sur le texte publié par Lutolf : Die Glaubensboten der Schweiz (1871), 172, et qui se rattache à la première famille, cf. Jahn: Gesch. Burg , ii, 513. — Krusch asigûalé une version inédite de la seconde, où Hyrtacus est remplacé par Ezeas : Pnssiones Vitaeque Scorum.., m, 31, — Adon relève de la première, P. i., 123, 369-370]. — La légende de Victor et Ursus a suscité, de concert ayec Victor et Corona, la légende de Verena [Notker, i^^ septembre ; i^^ septembre 164. — Cf. StoUe ; op. cit., 44-45 et Bernouilli : Die Heiligen der Merowinger, Tûbingen, 1900, p. 184].

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