CHAPITRE IIÏ
ler^vais^et ^omme la légende de saint Maurice, la légende des saints Protais 1 Gervais et Protais dérive d'une invention de reliques survenue à la lin du iv® siècle.
Ambroise, serviteur du Christ, à ses freines qui sont en Italie, salut éternel dans le Seigneur. Les livres saints condamnent celui qui ne veut pas donner gratuitement ce qu'il a reçu gratuitement ; et c'est voler l'Eglise que de ne pas donner à tous ce qui peut leur être utile. Aussi le Psalmiste a-t-il prophétisé : Juslitiam tuam non abscondi in corde meo. Disons donc ce qui nous amène à parler ^ disons pour votre joie comment ont été trouvés les corps saints.
1 B. H. L , 3514 [19 juin 683. ou P. I., 17. 742]. — Cf. Barooius (1589), 171, 4; 387,37-42; Murafcori : «Dis?, de anno quo ss. P. et G. corpora... fiiere inventa [Anecd. Ambr. bibL, i (1697). 171 ; Tillemont: ii, 78 et 498; Revue Archéologique, 1864, 222 ; Revue des Sociétés savantes, 1882, 325; Lucius: Die Anfiinge des Heiligenkults. Tubingen, 1904, 146, 153, 277, 2.
Dans les jours du Carême qui vient de finir, je m'endormis en priant, et je vis en songe deux jeunes éphèbes, vêtus de vêtements éblouissants, c est-à-dire d'une tunique sans manches [colobium] et d'un manteau ; les mains étendues, ils priaient. Je ne pouvais parler ; et, sitôt que je m'éveillai, la vision disparut. Je redoublai mes jeûnes et mes prières : ils revinrent à l'aube. Le troisième jour, mourant de faim mais ne dormant pas, je les vois revenir, accompagnés d'un troisième personnage : d" après les peintures que j'avais vues, je compris que c'était saint Paul. Et Paul me dit: c< Ces (éphèbes) que tu vois rHont pas connu les désirs charnels, ils ont servi Jésus-Christ à Milan pendant dix ans^ puis ont souffert le martgre : tu trouveras leurs corps à l'endroit même oh tu te tiens et pries. A douze pieds sous terre, tu trouveras un coffre (arca), tu le retireras et tu élèveras une église en leur nom. Ce nom, tu le liras écrit dans un petit livre, qui raconte encore leur naissance et leur fin ; il est à la tête. )) — Convoquaîit mes frères, les évêques des villes voisines, je leur rapporte ce que j'ai vu et ce que j'ai entendu ; nous creusons ; nous atteignons le coffre indiqué par saint Paul ; nous l'ouvrons: les saints sont là, ils répandent une odeur suave ; à la tête, le livre ou leur histoire est racontée dans l'ordre.
<i Moi, Philippe, serviteur du Christ, fai dérobé et enseveli à l'intérieur de ma maison, avec l'aide de mon fils, les corps des saints Protais et Gervais, fils jumeaux de Valeria et de Vitalis. — Vitalis était consulaire militaire (consularis militaris). Arrivé à Ravenne avec le juge Paulitius, il voit juger et condamner à mort, après qu'il a souffert de nombreux tourments, le médecin ligure Ursicinus ; mais, lorsque celuici est arrivé à la Palme — c'était là qiion décapitait les chrétiens : il g avait de vieux palmiers — , il a peur, il veut lâchement s'enfuir, et c'est Vitalis qui le gourmande, lui reproche de perdre la couronne que Dieu lui a préparée ; Ursicinus demande pardon à Dieu, s'agenouille et devient martyr. Vitalis l'enterre à l'intérieur de Ravenne et, dès lors, il ne veut plus voir Paulinus. — Paulinus, juge consulaire (judex consularis), le fait arrêter, puisqu'il a montré qu'il était chrétien. Mis sur le chevalet, Vitalis raille le juge ; on l'envoie à la Palme; les gens de /'officium doivent l'y enterrer ^ couché sur le dos, dans une fosse creusée jusqiC à Veau;