LE TEXTE PSEUDO-AMBROSIEN
et c'est ainsi que Vitalis devient martyr. Mais le prêtre d'Apollon qui a conseillé Paulinus est saisi par le diable, e/, pendant sept jours, au lieu tnême où le martyr est mort, il crie : « tu me brûles, tu me crucifies, Vitalis y> ; et, le septième jour^ le diable le jette dans le fleuve, Vitalis est enterré, à côté de Ravenne ; et ses bienfaits durent jusqu'à ce jour, — Sa femme Valeria voulait avoir son corps, bien qu'un songe Veut avertie de n!en rien faire. Revenant à Milan, elle rencontre des idolâtres qui sacrifient à Sylvain : ils V entraînent (de saumario) et veulent la contraindre à partager leur repas. Elle répond quelle est chrétienne ; ils la rouent de coups, et c'est à demi-morte qu'elle est ramenée par ses hommes à Milan, où elle meurt. — Gervais et Protais succèdent à leurs parents âb intestai : ils vendent leur maison, leurs casellulse, en distribuent le pjnx aux pauvres et à leurs esclaves, aux^ quels ils donnent en outre la liberté. Ils vivent ensuite dix années dans les lectures, les jeihies et les prières ; après quoi, ils obtiennent ainsi la palme du martyre. C'est le moment où le comte Astasius traverse la ville, pour aller combattre les Marcomans ; les dévots des temples et leurs prêtres lui disent que, s'il veut revenir vainqueur auprès des Augustes, il doit d'abord contenter les dieux: le mépris de Gervais et Protais les irrite, et ils refusent de parler. Les deux chrétiens sont arrêtés en effet : Gervais refuse de sacrifi,er, et rappelle que c^est Dieu seul qui peut donner la victoire ; Protais raille le juge qui a besoin de son sacrifice afin d'être victorieux et, à V exemple de Jésus, il prie pour lui, qui ne sait ce quil fait, A la fin, tous deux sont décapités. — Alors, moi, Philippe, serviteur du Christ, j'ai furtivement et de nuit enlevé les corps avec l'aide de mon fils; je les ai ensevelis dans ma maison, sans autre témoin que Dieu, après les avoir déposés dans ce coffre de marbre, croyant que leurs prières m' obtiens dr aient la miséricorde de Notre Seigneur Jésus-Christ qui vit et règne avec le Père et l'Esprit Saint dans les siècles des siècles. Amen.
Nous avons le très rare bonheur de posséder deux textes authentiques qui nous renseignent sur le fait d'où la légende est sortie : Fun est le récit de Paulinus dans sa Vie de saint Ambroise, l'autre est une lettre de saint Ambroise lui-même racontant l'événement à sa sœur Marcelline.
Voici ces deux textes :
Lettre de saint Ambroise.
"■ Récit de Paulinus.
« Dominée sorori vitsB atque oculis praeferendae frater.
«Quia nihil sanctitatem tuam soleo eoram prœterire qiiae hic te geruntur absente, scias etiam sauctos martyres a nobis repertos. Nam cum ego basilicam dedicassem, multi tamquam uno ore interpeliare c£eperunt diceutes : sieut romanani basilicam dedices.
Respondi : Faciam si martyrum reliquias invenero. Statimquesubiit veluli cujusdam ardor prcesagii.
« Quid multa ? Dominas gratiam dedit : formidantibus etiam clericis jussi eruderari terram ej loci qui est aiite cancellos sanctorum Felicis atque Naboris. Inveui signa couvenientia :
adhibilis etiam quibus per nos manus imponenda foret, sic sancti martyres emiuere cœperant; ut, adhuc nobis sileutibus, arriperetur urna et sternereUir prona ad locum sancti sepulchri. Invenimus mirae magnitudinis viros duos, ut prisca aelas ferebat. Ossa omnia intégra, sanguinis plurimum. Ingens concursus populi per totum illud biduum. Quid multa?
Condivimus intégra ad ordinem :
transtulinius vespere iam incumbente ad basilicam Fausta} : ibi vigiliœ tota nocte, manus impositio. Sequenti die traustuiiuus ea in basilicam quam appellant ambrosianam. Dum trans-
« Per idem tempus sancti martyres Protasius et Gervasius se sacerdoti revelaverunt. Erant enim in basilica positi, in qua sunt hodie corpora Naboris et Felicis martyrum : sed sancti martyres Nabor el Félix ceieberrime frequenlabantur, Protasii vero et Gervasii martyrum ut uomina, ita etiam sepulchra iucognita erant, in tantum utsiipra ipsorum sepulcra ambularent omnes qui vellent ad cancellos pervenire quibus sanctorum Naboris et Felicis martyrum ab injuria sepulchra defeudebautur. Sed ubi sanctorum martyrum corpora sunt levata et in lecticis posita, umltorum ibi Satauae aegritudines perdocentur.
Caecus etiam Severus nomine, qui nunc usque in eadem basilica quae dicitur Ambrosiana, in quam martyrum cor[)ord sunt translata, religiose recepit. Obsessa etiam corpora a spiritibus i(i)mundis curata, summa cum gralia doiiuim repetebaut, Sed ii? beneficiis martyrum in quantum crescebat fides £cclesi?e catbolicse, in tantum Ariauorum perfidia minuebatur. »
fVita Ambrosii. § 14. — P. Z., 14.