‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 2)Chapitre 31 sur 132 · LE TEXTE A · texte numérisé non relu

LE TEXTE A

arrête brutalement Nazalre — ce que celui-ci lui reproche — au lieu où s élève t oratoire. Celse suit Nazaire à Rome ; on le met en prison, sous portes scellées ; mais Fange du Seigneur le nourrit et le réconforte. Et voici que Néron l'envoie cher-cher : il s'est blessé en se sauvant devant les bêtes sauvages que traquaient ses chasseurs dans les montagnes et qui ont fait irruption dans le pré où il se tenait. Et l'un des soldats qui conduit le saint en le frappant tombe à terre et se crève un œil ; et tous admirent la puissance du Dieu qui punit si rapidement les persécuteurs de ses amis. Nazaire méprise les menaces de Néron ; il prie Dieu d'envoger son ange, et tout d'un coup, un tremblement de terre renverse les idoles. Le lendemain, Néron va à Porto (ad portum maris) ; il annonce à Nazaire qu'on le jettera à la mer^ et qu'on le poursuivra sur le rivage si sa magie lui permet d'échapper aux flots. Nazaire et Celse recourent à leurs armes habituelles, se signent du signe de croix; une grande lumière resplendit lorsqu'on les jette à l'eau, V ange du Seigneur descend auprès d'eux., leur montre le Testament du Seigneur, et les réconforte ; et ils marchent sur la mer pacifiée, glorifiant Dieu. Le vaisseau qui les portait est^ au contraire, menacé par les flots, et Nazaire le sauve, lorsque les matelots l'implorent, en y remontant. Ils abordent ainsi dans la cité de Gênes, avec l'aide de Dieu ; ils prêchent le baptême du salut au nom de Notré-Seigneur Jésus-Christ, puis, traversant des bourgs et des cités, ils entrent à Milan, ou ils retrouvent et réconfortent Gervais et Protais, Mais Anulinus est prévenu ; il exile Nazaire, qui confie Celse à une chrétienne, et envoie un rapport à Néron, a Tuerie )>, répond V empereur. Mais Nazaire avait disparu ; il était revenu à Rome, avait revu son père que l apôtre Pierre avait converti, il avait recommencé de prêcher. Les prêtres du Capitole le traquent ; il retourne à Milan, reprend Celse, et prêche encore. Anulinus prévenu le fait de nouveau arrêter avec son compagnon ; comme ils refusent de sacrifier^ ils sont conduits hors de la ville, hors de la porte romaine^ à V endroit qui est dit Très Moros, et là on les décapite en secret, par crainte d'un mouvement populaire.

Cette nuit même, des hommes religieux recueillent les corps, les embaument et les enterrent dans le jardin, au lieu où ils ont souffert. Au même moment, les saints apparaissent à un certain Ceratius qui les avait accueillis dans sa maison :

60 LES SAINTS NAZAIRE, GELSE liT PONTlUS

ils guérissent sa fille paralytique et lui ordonnent de cacher profondément leurs corps, par crainte de Néron; et Ceratius bénit Dieu qui lui a donné de voir et d'avoir des saints martyrs et disciples de son apôtre le bienheureux Pierre. Il reçoit même le récit écrit des combats soutenus par Nazaire : un philosophe, qui lavait suivi, les avait contés depuis le commencement, et, averti par une vision, il lui apportait son histoire: Ceratius la cacha à la tète des martyrs. — Anulinus cherche en vain les reliques ; puis Dieu le fait mourir, afin de manifester le crime de ceux qui persécutent ses fidèles ; plus tard, pour le salut des croyants, il révèle les corps au bienheureux Ambroise, évêque de Milan et confesseur, sous le règne du religieux Théodose. Le corps de Nazaire est transporté à la basilique des Apôtres, qui est à la [porte) romaine ; beaucoup de miracles signalent la translation ; aujourd'hui encore la foule des malades court à l'endroit ou repose le trésor du corps sacré et revient guérie, tandis que règne Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen.

De cette même légende [A] * nous atteignons directement quatre autres formes : la première diiïère du texte que nous avons analysé par divers détails secondaires, les trois autres par une association intime de Gervais-Frotais à Nazaire-Celse.

La première, B, nous est accessible dans un texte court -, conservé dans un ms. de Bruxelles. Il ajoute à ce que nous sa-

1 Pour simplifier cette étude, je néglige le texte publié par les Bollandistes au 28 juillet, tome VI, p. 533, d'après un manuscrit d'Utrecht. C'est un simple résumé de la version de Mombrilius, fait à une époque récente, ainsi que l'indiquent ces mots : Nerone qui cepit circa annos Domini LVIl. Le résumé n'ajoute qué'deux traits : il dit formellement que le père de Nazaire était juif; il corrige son texte en spécifiant que Lin n'était pas encore pape lorsqu'il baptisa Nazaire. Quod antem dicitur eum a Lino papa baptizatum fore, intelligitur quod noyi tune papa erat, sed quod futurus erat...

2 Cat. Bruxelles, i, 50.

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