L HAGIOGRAPHIE ROMAINE DE L EPOQUE GOTHIQUE
Selon toutes les vraisemblances, les martyrs d'Afrique étaient plus populaires que les martyrs d'Italie. Dès le iv^ siècle, l'église romaine fêtait les anniversaires de saint Cyprien et des saintes Félicité et Perpétue ^ au XVIII des kalendes d'octobre et aux nones de mars. Les tracasseries et les persécutions que les Vandales firent subir aux catholiques au cours du V* siècle chassèrent en Italie beaucoup d'Africains, elles eurent un grand retentissement : et nous savons que l'auteur de Cécile connaissait l'histoire de saint Martinianus et de sainte Maxima ^
Polemius Silvius ne cite, dans son calendrier, que très peu de fêtes chrétiennes : il n'a garde pourtant d'oublier le saint espagnol Vincent ^ Le calendrier de Garthage atteste pour le même temps la popularité du même martyr *. On peut considérer comme un fait certain qu'il était célèbre à Rome dès avant 500 \
Une église fut consacrée à Rome, en l'honneur de saint Martin^ aux environs de l'an 500, par le pape Symmaque^ Aucun martyr gaulois n'y avait alors la même popularité que l'apôtre de Tours ; lorsque les évêques de la province d'Arles parlèrent à saint Léon du vénérable Trophime ', prétendu compagnon de saint Pierre, il ne semble pas qu'ils aient éveillé beaucoup d'écho. Il est permis de penser que saint Maurice, le martyr d'Agaune, dont un évêque fort connu ^ venait de chanter la gloire, avait auprès des Romains plus de crédit que saint Trophime : encore est-il qu'aucun texte du v° siècle ne permet de l'affirmer.
romains d'Agathe, Gassien, Apollinaire et Sossias [L. P., i. 262, 261. — Cf. de Rossi, Ins. Gh. Ur. Romœ, ii, 24ôJ.
* Chronographe de 354. (Oepositio martyrum). [Chroiiica yninora^ i, 71, 72].
2 G. M. R. I, 294, sq.
3 G. I. L. I, 335, on P. L., 13, 676.
* Ruinart (1859), 634.
5 II faut joindre à Vincent, peut-être, les quatre Espagnols martyrisés par Genséric, Arcadius, Paschasius, Probus, Eutycianus (et Paulillus) : la Chronique de Prosper les mentionne [anno 437. — Chron. Minora, i, 475-476], et l'on sait les attaches romaines de son auteur. — J'ajoute encore Eulalie : sa légende a été chaùtée par Prudence ; elle offre avec celle d'Agnès de singuliers points de contact ; le calendrier de Garthage témoigne qu'elle était vénérée en Afrique [Ruinart, 633].
* Martin était associé à Silvestre : et cela même témoigne de son prestige. "7 Cf. le texte infra, chapitre iv, sub fine.
8 La Chronique de Marcellin atteste la célébrité d'Eucher en Orient même Lanno 456. — Chronica Minora^ ii, 86].