SAINT ALEXANDRE, SAINT VITUS, SAINT EUPLUS
Quelle a été l'issue du mouvement hagiographique lérinien ?
La tradition lérinienne alliait à des théories anti-augustiniennes d'origine origéniste des tendances rigoristes en morale : parce qu'elle accordait un grand rôle à la libre volonté, elle ^li demandait un énergique effort. Elle se transforma peu à peu vers la fin du v" siècle ; et, au début du vi®, lorsqu'elle s'incarne dans Césaire, elle est convertie à Taugustinisme théorique, mais elle retient toutes ses préoccupations d'ascétisme pratique.
Il est intéressant de constater que l'évolution doctrinale de Lérins se reflète dans l'évolution de la littérature hagiog.^aphique. Le courant anti-augustinien disparaît : on ne voit plus qu'aucuns gestes offrent les caractères qu'on a notés dans *S^bastien. Et voici d'autres gestes, en revanche, qui présentent des traits tout contraires, comme Marcel \ ou qu'enveloppe, comme Vitus, une atmosphère de mysticisme et de poésie. La
1 G. M. R, I., 364, n. 3. « regnum Dei quod nobis paratum est a constitutione mundi » [Marcel, et Pancrace, Codex Parisinus 3779, Anal. Bol. X, 53].
\ii'2 QUELLE EST l'iSSTTE DU MOUVEMENT LERINIEN
légende romaine, la légende italienne sont cultivées souvent par d'authentiques Africains : à mesure que le v^ siècle s'achemine vers son terme, la persécution vandale les exile en Sardaigne * ou les contraint à fuir ; elle les rapproche de plus en plus de l'Italie ; le temps de Fauste de Riez est passé, voici l'époque de Fulgence de Ruspe.
Gestes Vénérer les combats triomphants des martyrs du Christ, drtdeBer- ^'^^^ éclairer les ténèbres de son âme ; vouloir partager leur gaine gloire nous engage à imiter leur passion. Au temps de Maximien César, lorsque le diable fait déchaîner une grande persécutiony Alexandre, prévenu par la grâce du Christ, reçoit la foi avec Veau de la régénération. Il refuse de sacrifier lorsque Maximien V en prie ; lorsqu'on apporte une table couverte des linges {sacrés), il lève les yeux au ciel, il demande au Dieu dont la bonté Va gratuitement appelé, de lui donner mainteriant la grâce de convertir son juge : la grâce prévenante de Dieu ne fa-t-elle pas lui-même arraché à V idolâtrie ? Finalement, il renverse la table {des sacrifices), et Maximien donne V ordre de V égorger comme un innocent agneau. Mais Martianus est incapable d'obéir : la tête d' Alexandre lui paraît être une montagne énorme. Du reste, le saint prend la fuite, quitte Milan, va près de Bergame dans un petit champ quon appelle Prœtoria : ce nest pas quil craigne le martyre, il obéit à V Esprit. Du reste, l athlète du Christ est livré aux ministri qui le traînent devant la statue qu^on appelle Plotatio. Il demande de l'eau, se lave les mains, élève son esprit vers le ciel en fléchissant les genoux à terre et prie et
i Cf. supra, p. 156. Victor de Vita s*est exilé, ainsi que Vigile de Thapse, qui a fui à Constaatioople ; Fulgeuce de Ruspe, exilé par Thrasauioad [496-523], ainsi que 60 évêques de Byzacèae, fuit eu Sardaigne : rappelé en 515, il est exilé de nouveau en 518. L'avènement de Hildéric, 523, lui permet de rentrer dans sa patrie. — Cf. Hasenstab : Studien zu Ennodius, 27-36.